L'eurodéputée Rima Hassan saisit la Défenseuse des droits pour dénoncers les "manquements" de la police
Deux semaines après sa garde à vue, l'élue LFI accuse les enquêteurs d'investigations "totalement disproportionnées" et de questions sur sa pratique religieuse
L'essentiel
- L'eurodéputée Rima Hassan (LFI) a saisi jeudi 16 avril la Défenseuse des droits pour dénoncers les "manquements" des policiers lors de sa garde à vue du 2 avril.
- Elle critique un placement en geôle sans "nécessité", des questions sur sa pratique religieuse, et une surveillance incluant la géolocalisation de son téléphone sur trois mois.
- Mediapart a publié une enquête sur cette "surveillance extrêmement poussée", provoquant des remous à l'Assemblée nationale.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Rima Hassan, eurodéputée Franco-palestinienne membre de La France insoumise, a été placée en garde à vue le 2 avril 2025 pour apologie du terrorisme suite à une publication sur les réseaux sociaux. Des fuites médiatiques ont fait état d'une découverte de drogue dans ses affaires, mais l'enquête a été classée sans suite.
Quinze jours après sa garde à vue, Rima Hassan contre-attaque. L'eurodéputée a saisi, jeudi 16 avril, la Défenseuse des droits pour dénoncers une série de "manquements" des policiers et des investigations qu'elle juge "totalement disproportionnées". La responsable politique franco-palestinienne, membre de La France insoumise (LFI), avait été convoquée et placée en garde à vue le 2 avril à la suite d'une publication sur X, effacée ensuite. À son issue, le parquet avait indiqué qu'elle serait jugée pour apologie du terrorisme. Des fuites dans la presse avaient fait état de la présence de drogue dans ses affaires. L'enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants l'a démenti plus tard, et la procédure a été classée sans suite. "Au vu de la gravité des manquements susceptibles d'avoir été commis, il est indispensable qu'une enquête intervienne rapidement", a déclaré son avocat, Me Vincent Brengarth. Placement en geôle sans "nécessité", questions sur sa pratique religieuse et les valeurs de la République : la défense de l'eurodéputée dénoncent une série de "manquements" des policiers du deuxième district de police judiciaire. Elle dénoncent aussi une étude de la géolocalisation de son téléphone sur trois mois, l'exploitation de son emploi du temps ou encore des recherches auprès d'Air France : des investigations "totalement disproportionnées", selon elle. Des méthodes sur lesquelles Mediapart se penche également dans une enquête publiée jeudi en début d'après-midi, faisant état d'une "surveillance extrêmement poussée". "Ces informations (sont) très graves et portent atteinte à l'État de droit", a commenté l'équipe de la parlementaire européenne. Les révélations de Mediapart sont d'ailleurs venues perturber la séance de l'Assemblée nationale. Alors que les député·es examinaient une proposition de loi visant à "renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d'attentat", les insoumis ont profité de leurs prises de parole sur les amendements pour interpeller le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Après avoir longuement refusé de répondre aux député·es, ce dernier a fini par réagir, invoquant notamment "la séparation des pouvoirs". "Dans cet article de Mediapart, je ne relève aucun acte qui ne relève d'une autre autorité que le pouvoir judiciaire, qui est un pouvoir indépendant et qui doit pouvoir mener ses investigations comme il l'entend", a affirmé Laurent Nunez, sans toutefois parvenir à calmer les député·es insoumis. Les socialistes et les écologistes ont aussi interpellé le ministre de l'Intérieur à ce sujet. Par ailleurs, la défense de Rima Hassan demande également à la Défenseuse des droits Claire Hédon de se pencher sur l'affaire de la découverte d'une prétendue drogue de synthèse, la 3-MMC, dans ses affaires.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
La Défenseuse des droits devrait ouvrir une enquête sur les pratiques de la police judiciaire
Très probable · En quelques semaines
Poursuite des interrogations à l'Assemblée nationale sur les méthodes d'investigation
Très probable · En quelques jours
Possible classement de la procédure pour apologie du terrorisme
Possible · En quelques mois
Questions ouvertes
- Quelles étaient exactement les accusations portées contre la publication X de Rima Hassan ?
- Pourquoi la géolocalisation a-t-elle été autorisée sur trois mois ?
- Qui a autorisé ces méthodes d'investigation ?





