L'immigration, un moteur économique sous-estimé
L'essentiel
- Une nouvelle étude de l'économiste Giovanni Peri révèle que l'immigration est globalement bénéfique pour l'économie des pays de l'OCDE.
- Elle compense la baisse de la natalité et les immigrés sont souvent plus qualifiés que la population locale.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
L'élection présidentielle approche et l'immigration est un sujet politique sensible. Une nouvelle étude analyse ses impacts économiques.
Dans neuf mois débutera l’élection présidentielle. Avec l’extrême droite en tête des sondages du premier tour, l’immigration va être inévitablement au cœur des discussions politiques. Avant que ne s’enflamme à nouveau le débat, profitons de la distance avec le scrutin pour tenter de poser des faits.
Lors du forum organisé par la Banque centrale européenne à Sintra, au Portugal, les 30 juin et 1er juillet, l’économiste italien Giovanni Peri a présenté une passionnante nouvelle étude sur l’immigration dans les 38 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) depuis 1990 et ses conséquences économiques. En se basant essentiellement sur les recensements – beaucoup plus fiables que les statistiques des passages aux frontières –, il a créé une nouvelle base de données qui permet de tirer des leçons générales. Il apparaît que l’immigration est, dans l’ensemble, très positive pour l’économie.
Premier constat : l’immigration augmente fortement dans tous les pays de l’OCDE. La part de la population née à l’étranger a doublé depuis 1990, pour atteindre 12 % en moyenne aujourd’hui. Cette progression est particulièrement forte en Espagne (de 2 % à 19 % aujourd’hui), au Royaume-Uni (de 7 % à 18 %) et en Allemagne (de 9 % à 20 %). Elle l’est nettement moins en France, où l’immigration est plus ancienne (10 % en 1990, au-dessus de la moyenne de l’époque) mais a progressé moins vite (15 % aujourd’hui).
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Deuxième constat : l’immigration permet désormais de tout juste compenser la baisse de la population active provoquée par la chute de la natalité. Entre 2020 et 2024, la population en âge de travailler dans l’OCDE n’a progressé que de 0,2 % : l’impact positif de l’immigration (+ 3,8 %) a été presque entièrement neutralisé par le recul des natifs (− 3,6 %).
Troisième constat : les immigrés sont plus qualifiés que la population locale. M. Peri calcule que la moitié des nouveaux arrivants depuis 1990 avaient un diplôme du supérieur (université ou équivalent), ce qui est plus que la moyenne locale. En France par exemple, 43 % des 25-64 ans ont un diplôme universitaire.
Questions ouvertes
- Comment l'intégration sociale des immigrés affecte-t-elle l'économie ?
- Quelles sont les politiques d'immigration les plus efficaces ?





