L'Ukraine franchit une étape vers l'adhésion à l'UE, mais le chemin est long
L'essentiel
L'UE ouvre officiellement les négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie, malgré les obstacles persistants dus à la guerre et aux réformes nécessaires.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
L'Union européenne ouvre officiellement les négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie après des années de blocage et la levée d'un veto hongrois.
Après des années de blocage, l'Ukraine va franchir lundi un pas important sur la voie de son adhésion à l'Union européenne, mais le chemin reste long et ardu pour ce pays en guerre avant de rejoindre les 27.
Les ministres des Affaires étrangères de l'UE, réunis à Luxembourg, vont officiellement ouvrir dans l'après-midi une première série de négociations avec l'Ukraine et la Moldavie, après la levée d'un veto hongrois qui bloquait tout le processus depuis 2024.
Les ministres vont ouvrir un premier groupe de chapitres de négociations, un «cluster» en langage bruxellois, avant les cinq autres d'ici l'été, espère l'exécutif européen.
«Je m'attends à ce qu'on les ouvre d'ici fin juillet», s'est félicitée lundi la commissaire européenne à l'Élargissement de l'UE Marta Kos.
Ensemble, ces «clusters» couvrent la totalité des sujets devant être bouclés pour qu'un pays puisse s'intégrer sans heurts à l'Union européenne. Mais avant cela, les obstacles sur la route des Ukrainiens ne manquent pas.
Kiev doit encore accomplir un énorme travail pour reprendre l'«acquis communautaire». Autrement dit, les très nombreuses règles et normes en vigueur dans l'UE, de l'environnement à l'agriculture en passant par le marché intérieur.
Il n’y a au total pas moins de 35 chapitres de négociation à boucler impérativement avant une décision, unanime, des Vingt-Sept, et une ratification par chaque État membre, via le parlement ou un référendum.
Et, «il ne s'agit pas simplement d'un rattrapage économique et social», mais aussi d'un changement profond des règles «pour se conformer à ce qu'est l’idéal européen, un idéal de démocratie, de liberté tel qu'il n'en existe plus ailleurs dans le monde», a expliqué à Luxembourg le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.
Et la guerre n'arrange rien.
Le Parlement ukrainien, dont la composition est la même depuis sept ans, a de plus en plus de mal à adopter les réformes indispensables, en raison de divisions politiques, souligne un responsable européen à Bruxelles.
Or, «en matière de lutte anti-corruption les choses ne vont pas assez vite», fait valoir un responsable européen.
Et à chaque étape de la négociation, la politique peut reprendre le dessus.
Les discussions s'annoncent par exemple très serrées sur l'agriculture, particulièrement avec des pays comme la France, qui redoutent l'arrivée dans l'UE de cette puissance agricole de 40 millions d'habitants.
L'Ukraine, qui a longtemps réclamé une adhésion dès l'an prochain, insiste désormais sur une adhésion «pleine et entière», comme l'a rappelé son président Volodymyr Zelensky.
Car, les idées ont fusé récemment pour faire patienter les Ukrainiens avant l'issue de négociations que d'aucuns prédisent déjà semées d'embûches.
Questions ouvertes
- Quand l'Ukraine sera-t-elle prête pour l'adhésion ?
- Quels seront les impacts sur l'agriculture européenne ?




