La critique du football : un sport business inféodé au profit et à l'exploitation
L'essentiel
- La Coupe du monde ravive les critiques du football, dénoncé comme un "sport business" exploitant humains et environnement, et instrumentalisé par des régimes autoritaires.
- Cette critique, autrefois marginale, a évolué avec les succès français, transformant le football en phénomène culturel et sportif, mais suscitant des analyses "artiste" déplorant sa marchandisation et sa dénaturation.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
La critique du football, autrefois marginale, s'est intensifiée avec les succès des équipes françaises, transformant le sport en phénomène culturel et suscitant des analyses dénonçant sa marchandisation.
Chaque Coupe du monde revigore la critique du football, qui fustige un « sport business » inféodé au profit économique et à l’exploitation humaine et environnementale.
Ces critiques déplorent l’instrumentalisation du sport par des dictateurs : les tournois organisés en Russie (2018), au Qatar (2022) et aujourd’hui aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, ont mis en lumière les accointances entre la Fédération internationale de football association (FIFA) et des régimes autoritaires.
Cette critique a évolué dans le temps, au gré des aléas footballistiques des clubs français et de la sélection nationale. Jusqu’aux années 1980, la France était une nation de football médiocre, sans palmarès. Loisir ouvrier, le football était ignoré par les intellectuels. Etre un intellectuel de gauche et aimer le football n’allait pas de soi. Albert Camus fut longtemps une rare exception à la règle.
Avec les premiers succès des Bleus (Coupe d’Europe des nations en 1984, puis Coupe du monde en 1998), le football s’est popularisé et le regard a changé. Les classes cultivées se sont prises d’intérêt pour ce sport et ont admiré des joueurs français recrutés par les plus grands clubs européens. Michel Platini, Zinédine Zidane et Kylian Mbappé personnifient les trois âges de la popularisation de ce sport en France.
« L’épopée » des Verts [l’AS Saint-Etienne] dans les années 1970 et la victoire des Bleus, champions du monde en 1998, ont sorti le football de la rubrique sportive. Ce sport est devenu un phénomène autant culturel que sportif. La condescendance à l’égard du football a fait place à la critique d’un « sport spectacle » devenu « inauthentique » par rapport à un passé embelli au nom de la « sincérité ». On aurait détruit « l’esprit » du football populaire, ancré dans les communautés : ce lieu commun s’est imposé dans les analyses footballistiques.
Appelons cela « critique artiste » – une expression empruntée à Luc Boltanski et à Eve Chiapello, dans Le Nouvel Esprit du capitalisme, en 1999 – du football. Selon cette critique, le capitalisme aurait tué le football depuis une trentaine d’années : instrumentalisation politique et marchandisation tous azimuts (prix des matchs exorbitants, répression policière des supporteurs), dénaturation du beau jeu, par l’assistance vidéo à l’arbitrage, ou exacerbation du racisme, notamment l’islamophobie avec l’interdiction du port du hidjab dans les compétitions féminines.
Questions ouvertes
- Quel sera l'impact à long terme des critiques sur le modèle économique du football ?
- Comment la FIFA compte-t-elle répondre aux accusations d'instrumentalisation politique ?




