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Le Pakistan crée une unité de police dédiée aux cryptomonnaies pour lutter contre le blanchiment
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Journal du Coinil y a 7 heuresCrime2 min de lecture

Le Pakistan crée une unité de police dédiée aux cryptomonnaies pour lutter contre le blanchiment

L'essentiel

  • Le Pakistan, troisième en adoption crypto mondiale, a créé une unité d'enquête dédiée aux cryptomonnaies au sein de sa police fédérale (FIA) pour cibler le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.
  • Cette initiative s'inscrit dans une stratégie nationale pro-crypto, bien que contestée par une fatwa religieuse sur le statut de « richesse » des actifs numériques.

Résumé généré par IA

Pourquoi c'est important

Le Pakistan, après avoir adopté une approche pro-crypto, met en place une unité d'enquête pour lutter contre les usages illicites des cryptomonnaies, tout en poursuivant la régulation via la PVARA. Cette stratégie est cependant compliquée par une fatwa religieuse remettant en question le statut des cryptomonnaies en droit islamique.

Taille de police

Le bâton après la carotte. Dix-huit mois après avoir amorcé son grand virage pro-crypto, Islamabad s’équipe pour la traque aux capitaux sales. La Federal Investigation Agency (FIA), la police fédérale du Pakistan, vient de mettre sur pied une unité d’enquête entièrement dédiée aux cryptomonnaies, avec le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme dans le viseur. Le volet répressif d’une stratégie nationale qui, jusqu’ici, avait surtout multiplié les gestes d’ouverture envers les actifs numériques.

Une unité crypto au cœur du nouveau centre de commandement de la FIA

C’est le directeur de la branche antiterroriste de la FIA, Muhammad Athar Waheed, qui a dévoilé l’initiative au quotidien Dawn. La nouvelle unité est hébergée au sein du National Command and Control Centre (NC3), un centre de commandement tout juste opérationnel qui regroupe sur une même plateforme l’arsenal anti-criminalité financière de l’agence : cellule anti-blanchiment, bureau d’enquête sur les monnaies virtuelles, point de coordination avec Interpol, renseignement en sources ouvertes, cyber-patrouilles et investigations sur le dark web.

La répartition des rôles est limpide : l’unité de la FIA enquêtera sur l’usage criminel des cryptomonnaies, tandis que la régulation des actifs numériques reste la chasse gardée de la Pakistan Virtual Assets Regulatory Authority (PVARA), le gendarme du marché créé en 2025. Athar Waheed a d’ailleurs invité deux autres agences, la National Cyber Crime Investigation Agency et l’Anti-Narcotics Force, à monter des unités similaires pour contrer l’utilisation des cryptos dans la cybercriminalité et le trafic de stupéfiants. De nouvelles règles sont également en préparation afin de boucler les enquêtes dans des délais fixes.

Un virage pro-crypto mené au pas de charge

Troisième de l’indice mondial d’adoption 2025 de Chainalysis, le Pakistan compte parmi les nations où les cryptomonnaies se sont le plus largement diffusées dans la population. Le gouvernement a choisi d’accompagner le mouvement plutôt que de le combattre : levée d’une interdiction bancaire vieille de huit ans, création de la PVARA, projet de réserve stratégique en Bitcoin et 2 000 mégawatts d’électricité réservés au mining et aux centres de données dédiés à l’intelligence artificielle.

Le cadre s’est précisé en mars avec le Virtual Assets Act 2026 : la PVARA devient régulateur permanent, habilité à délivrer des licences aux exchanges et aux dépositaires, tandis que les opérateurs non agréés risquent désormais jusqu’à 50 millions de roupies d’amende (environ 179 000 dollars) et cinq ans de prison. Depuis avril, la banque centrale autorise même les banques commerciales à ouvrir des comptes aux plateformes licenciées. Côté diplomatie, Islamabad a signé en janvier un protocole d’accord avec une filiale de World Liberty Financial, l’entreprise crypto de la famille Trump, pour explorer l’usage de son stablecoin USD1 dans les paiements transfrontaliers.

La fatwa qui grippe la machine

Cette dynamique a toutefois pris un coup de froid en juin. Le séminaire Jamia Darul Uloom Karachi, l’une des institutions religieuses les plus influentes du pays, a décrété que les cryptomonnaies ne constituent pas une « richesse » (maal) au regard du droit islamique, et ne peuvent donc pas servir de moyen de paiement valide. Une fatwa signée du très respecté mufti Taqi Usmani, qui jette une ombre sur l’ensemble des plans gouvernementaux dans un pays où l’avis des érudits religieux pèse lourd.

Le président de la PVARA, Bilal bin Saqib, n’a pas tardé à réagir. Il a demandé au séminaire de distinguer les jetons purement spéculatifs des instruments adossés à des actifs réels, comme les stablecoins intégralement collatéralisés ou les sukuk (des obligations conformes à la finance islamique) enregistrés sur blockchain. Il affirme avoir eu depuis une « discussion constructive » avec le mufti Taqi Usmani, et affiche son ambition auprès de Reuters :

« Le Pakistan peut mener le monde dans la finance numérique conforme à la charia. »

En attendant un éventuel aggiornamento théologique, la machine administrative ne ralentit pas : la PVARA instruit les premières demandes d’agrément des exchanges, les banques ouvrent leurs portes aux acteurs licenciés, et la FIA dispose désormais du bras armé qui manquait à son dispositif anti-blanchiment.

À surveiller

Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes

  • La PVARA continuera d'instruire les demandes d'agrément des exchanges.

    Très probable · En quelques mois

  • Le gouvernement cherchera un "aggiornamento théologique" pour concilier la fatwa et ses plans crypto.

    Probable · En quelques mois

Questions ouvertes

  • Comment le gouvernement va-t-il résoudre le conflit avec la fatwa ?
  • Quels seront les délais pour les enquêtes de la FIA ?
  • Combien d'échanges obtiendront des licences de la PVARA ?

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This article was originally published by Journal du Coin.

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