Malakoff Humanis visé par une enquête pour corruption privée
L'essentiel
- Malakoff Humanis, un acteur majeur de la prévoyance, fait l'objet d'une enquête préliminaire pour corruption privée.
- L'organisme est soupçonné d'avoir rémunéré des intermédiaires pour des prestations fictives, impliquant des rétrocommissions sur des investissements.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Malakoff Humanis, un acteur majeur de la complémentaire santé et de la prévoyance, est visé par une enquête préliminaire du PNF pour corruption privée.
Soupçons de rétrocommissions pour prestations fictives. Malakoff Humanis, poids lourd de la complémentaire santé et de la prévoyance, est visé par une enquête préliminaire ouverte par le Parquet national financier (PNF).
Ces investigations sont regroupées sous le chef de «corruption active et passive privée commise en bande organisée», comme révélé par Mediapart et confirmé vendredi par une source judiciaire. Le PNF s’intéresse notamment à «la rémunération d’intermédiaires lors d’investissements sur les actifs cotés et non cotés, pour des prestations suspectées d’êtres fictives ayant donné lieu à des rétrocommissions».
Au cœur du dossier, il y a notamment une somme de sept millions d’euros qui correspondrait aux commissions perçues pour ce rôle d’intermédiaire par Thomas Vendôme Investment (TVI), qui se présente comme une «société indépendante spécialisée dans la levée de fonds et le conseil stratégique en entreprise». Le groupe Malakoff Humanis récuse «fermement l’existence de toute rétrocommission» et afin «de préserver les intérêts du groupe, Malakoff Humanis a décidé de porter plainte», selon un communiqué. Malakoff Humanis décrit encore dans son communiqué une «enquête judiciaire» ouverte «concernant une société tierce, Thomas Vendôme Investment (TVI), avec laquelle travaillent certaines sociétés de gestion sélectionnées par Malakoff Humanis pour gérer ses actifs financiers».
Le directeur général de Malakoff Humanis, Thomas Saunier, et Jean-Pierre Thomas, président de TVI, ont été «auditionnés comme suspects libres», précise de son côté la source judiciaire. Les sièges de Malakoff Humanis, assureur paritaire cogéré par le patronat et les syndicats, et de TVI, ainsi que «les domiciles de personnes physiques», ont été perquisitionnés le 16 juin, apprend-on encore de même source.
L’enquête préliminaire fait suite à des «signalements anonymes faisant état de pratiques internes ayant conduit à ces perquisitions», détaille la source judiciaire. Les investigations se poursuivent pour exploiter les éléments saisis aux sièges et aux domiciles. «Depuis 2016, année de l’arrivée de l’actuel directeur général de Malakoff Humanis, Thomas Saunier», Jean-Pierre Thomas s’est «imposé comme un acteur incontournable des relations du groupe mutualiste avec plusieurs fonds d’investissement et gestionnaires d’actifs», écrit Mediapart. TVI a été «embauchée comme intermédiaire par au moins cinq sociétés financières auxquelles Malakoff Humanis a confié la gestion de plusieurs milliards d’euros», avance encore Mediapart.
Avant TVI, Jean-Pierre Thomas a été associé-gérant de la Banque Lazard (1998-2013), selon le site de TVI. Précédemment, il a été député des Vosges, membre de la commission des finances et porte-parole sur le budget pour le groupe UDF. Son nom était aussi apparu dans un retentissant scandale politico-financier dans les années 1990. En 1995, le juge d’instruction Éric Halphen avait perquisitionné le siège du Parti républicain à Paris et entendu comme témoin le trésorier du PR, Jean-Pierre Thomas. Le patronyme de ce dernier figurait à plusieurs reprises dans l’agenda de Jean-Claude Méry, l’un des principaux protagonistes de l’affaire des fausses factures des HLM de Paris.
Éric Halphen avait en outre découvert 2,4 millions de francs (près de 554.000 euros) en coupures de 500 francs dans le coffre-fort de Jean-Pierre Thomas lors d’une perquisition. Dix ans plus tard, Jean-Pierre Thomas avait écopé de quinze mois avec sursis et 5000 euros d’amende dans cette affaire. Sollicitée, TVI n’avait pas répondu dans l’immédiat.
Questions ouvertes
- Quel est le montant total des rétrocommissions ?
- D'autres intermédiaires sont-ils impliqués ?
- Quelles sont les conséquences pour les assurés ?



