Narges Mohammadi libérée et se repose dans un lieu sûr, selon son avocate
Narges Mohammadi, Nobel de la paix 2023, "se repose dans un lieu sûr désormais et reprend des forces avant, sans doute, de reprendre son combat pour la liberté en Iran", assure jeudi 4 juin son avocate franco-iranienne Chirinne Ardakani, sur franceinfo.
Narges Mohammadi a été libérée "à la faveur d'une mobilisation internationale, puisque son état de santé s'était très largement dégradé en détention", ajoute l'avocate qui a pu s'entretenir au téléphone avec sa cliente.
Pendant que le conflit s'enlise, la répression s'accentue en Iran, où la société civile reste sous pression.
"Un sentiment d'abandon"
"Les Iraniens ne sont pas franchement découragés. Simplement, ils ont vécu l'horreur. Ils n'ont pas eu un moment de répit", poursuit Chirinne Ardakani. Selon elle, un temps de reconstruction est néanmoins nécessaire : "Il va falloir un petit peu de temps, sans doute pour se faire du bien, pour reprendre la normalité, un souffle au milieu de l'anormalité" pour "pouvoir se refaire jusqu'à ce qu'un nouveau soulèvement puisse de nouveau voir le jour".
Dans ce contexte, Chirinne Ardakani dit éprouver un "sentiment d'abandon" face à la réaction internationale et notamment vis-à-vis de la France. "Je n'ai pas vu ici de voix s'élever, ou en tout cas de voix suffisamment forte. L'État français a accompagné l'ensemble de ces violations des droits humains", affirme-t-elle.
L'avocate dénonce l’incapacité des occidentaux à faire cesser le conflit et sanctionner le régime iranien : "On ne peut pas tout à fait dire qu'il y ait eu les moindre sanctions politiques efficaces, ni même judiciaire, aussi bien à l'égard des bourreaux du peuple iranien qu'à l'égard des belligérants, c'est à dire de l'État américain et israélien qui ont pu bombarder des civils iraniens". L'avocate rappelle "qu'il y a eu plus de 3 000 civils non combattants qui ont été tués durant cette guerre".
"La communauté internationale n'a pas été en mesure de faire cesser le conflit", poursuit-elle, estimant que la situation actuelle a paradoxalement consolidé le pouvoir en place, avec "un régime iranien qui a été sauvé d'une certaine façon par Donald Trump" et un pouvoir "renforcé par cette guerre".





