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Norvège : fournisseur de gaz et de pétrole de l'Europe face aux crises énergétiques
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France Info·21.05.2026·🇫🇷France·Energy

Norvège : fournisseur de gaz et de pétrole de l'Europe face aux crises énergétiques

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L’Europe subit de plein fouet les crises énergétiques générées par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient : pénurie à la pompe, inflation énergétique, hausse des prix... Sa dépendance aux hydrocarbures rend le continent européen particulièrement vulnérable. Dans ce contexte d’incertitude, les regards se tournent vers la Norvège, désormais principal fournisseur de gaz et de pétrole en Europe.

Grâce à ses importantes réserves en mer du Nord, découvertes à la fin des années 1970, ce pays de pêcheurs, de forestiers et d’industrie liée aux mines est devenu en moins de cinquante ans le 4e pays exportateur mondial de gaz, et le 11e de pétrole. Ses abondantes ressources naturelles en font l’une des contrées les plus riches au monde.

Des procédés industriels toujours plus propres, selon les professionnels du secteur

Au nord de la Norvège, au large de Hammerfest, un important gisement gazier a été découvert en mer de Barents en 1981. Le gisement Snøhvit (Blanche-Neige en norvégien), entré en production en 2007, alimente la plus grande usine européenne de liquéfaction de gaz, située sur l'île de Melkøya toute proche. Depuis, du pétrole a également été découvert. Pour l'exploiter, la plateforme offshore Goliat est entrée en production il y a dix ans et le bateau plateforme Johan Castberg en 2025.

L’industrie des hydrocarbures a ressuscité Hammerfest. Autrefois connue pour la pêche et son industrie de transformation de poisson, la ville est aujourd’hui un nouvel eldorado où les projets d’investissements se multiplient. Mais comment concilier cette production d’extraction d’énergie fossile avec les objectifs climatiques ? En Norvège, les professionnels du secteur promettent des procédés industriels toujours plus propres.

A Melkøya, on réinjecte le CO2 contenu dans le gaz naturel directement dans le sol. Mais pour le liquéfier, des turbines à gaz très polluantes sont utilisées. Pour les remplacer, Equinor, l’exploitant du site, a lancé un vaste projet d’électrification. Des lignes à haute tension, des nouveaux transformateurs et des tunnels sous la montagne et sous la mer sont en construction pour raccorder Melkøya au réseau électrique du continent d’ici 2030. Selon le directeur de production Rasmus Wille, son usine de liquéfaction de gaz sera bientôt la moins polluante du monde : "Une fois que nous aurons électrifié l’usine, nous pourrons produire du GNL ici avec presque aucune émission de CO2. Le projet est réalisé à 55%, nous avons investi près de 2 milliards d’euros, et nous allons réinvestir la même somme pour le terminer."

Réouverture de trois champs gaziers, fermés dans les années 1990

Ce projet est pourtant contesté en justice par les défenseurs de la nature. Kjell Derås est le représentant de Naturvernforbundet Finnmark, l’une des principales organisations environnementales en Norvège. Pour lui, le problème tient d’abord à l’ampleur du chantier : "L’électricité passera par ce transformateur et sera acheminée jusqu’à Melkøya. Ils ont l’autorisation de doubler la production électrique dans le comté de Finnmark. Ils vont construire de grandes centrales éoliennes afin de fournir cette électricité. Ce sera la plus grande intervention sur la nature jamais réalisée dans la région, ils vont construire beaucoup de routes en pleine nature. Un grand parc éolien peut nécessiter environ 100 kilomètres de route et ici, il faut utiliser des centaines de tonnes de dynamite pour les construire."

Selon ce défenseur de la nature, plutôt que d’investir dans l’électrification de l’industrie gazière, il faudrait au contraire accélérer la sortie des énergies fossiles : "L’idée même d’utiliser la nature et de l’énergie propre pour produire encore plus d’énergie polluante, qui sera congelée et envoyée en Europe, est tout simplement absurde. Ce sont des galimatias", ajoute-t-il.

Mais pour répondre à la crise énergétique et en attendant la découverte de nouveaux gisements, la Norvège vient de rouvrir trois champs gaziers, fermés dans les années 1990. Le chemin vers la sobriété énergétique est encore long...

Extrait de "Energie : la Norvège peut-elle sauver l'Europe ?", diffusé dans "Nous les Européens" le 21 mai 2026.

This article was originally published by France Info.

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