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Olivier Faure refuse de démissionner malgré sa mise en minorité sur la motion de censure
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Olivier Faure refuse de démissionner malgré sa mise en minorité sur la motion de censure

L'essentiel

  • Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a refusé de démissionner suite à sa mise en minorité lors du vote de la motion de censure.
  • Il défend son choix de voter la censure et appelle à l'unité de la gauche pour 2027.

Résumé généré par IA

Pourquoi c'est important

Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, est critiqué pour avoir voté la motion de censure alors que la majorité de son groupe ne l'a pas soutenu. Il est interrogé sur sa légitimité à diriger le parti et sur sa stratégie pour l'unité de la gauche.

Taille de police

Lundi 6 juillet, alors qu'une nouvelle motion de censure du gouvernement a été rejetée à 132 voix, bien loin des 289 nécessaires pour faire basculer l'équipe de Sébastien Lecornu, les socialistes ont affiché leurs divisions. Parmi les 20 députés PS sur 68 à avoir voté pour : Olivier Faure, premier secrétaire du parti. Invité des "4V" sur France 2 ce mardi 7 juillet, le patron du Parti socialiste refuse d'évoquer sa démission, invitant à ne pas confondre "minorité et légitimité".

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Gilles Bornstein : Eu égard à ce que vous savez du dossier, trouveriez-vous anormal que Marine Le Pen puisse se présenter à l'élection présidentielle ?

Olivier Faure : Il y a eu dix ans d'enquête. La justice a statué en première instance, elle a condamné lourdement Marine Le Pen pour des faits de détournement de fonds publics. Je me souviens du slogan de l'extrême droite : "Tête haute, mains propres." Eh bien, il est temps de montrer qu'effectivement, quand la justice passe, l'extrême droite obtempère. Et malheureusement, la réalité, c'est que, que ce soit Marine Le Pen ou l'extrême droite bling-bling avec Jordan Bardella, ça ne change pas grand-chose. C'est l'extrême droite, point. Et donc, elle nous trouvera face à elle en 2027.

Mais si elle était condamnée mais pouvait faire campagne, vous accepteriez de débattre avec quelqu'un qui est condamné pour détournement de fonds publics ?

Je crois à la justice de mon pays. Si aujourd'hui, la justice devait permettre à Marine Le Pen d'être candidate, évidemment qu'il faudrait débattre avec elle. Il n'y a aucune raison. Moi, je suis un légaliste, contrairement à l'extrême droite qui, à chaque fois, cherche à relativiser les jugements de cour. Vous imaginez que pour des détournements de fonds publics, si demain vous étiez vous-même condamné, on vous laisserait vous présenter à une élection ou même présenter une émission de télévision ? Il y a une logique à cela. Quand on est coupable, eh bien on doit payer.

Vous avez voté la censure hier, mais pas votre groupe. Vingt socialistes seulement sur soixante-huit vous ont suivis. Quand on est à ce point minoritaire dans sa propre famille, est-ce qu'on est encore légitime pour la diriger ?

Vous vous souvenez de Jacques Chirac, à Johannesburg ? Est-ce que vous vous souvenez de cette phrase magnifique ?

"La maison brûle et on regarde ailleurs."

Eh bien, la France brûle et je refuse de regarder ailleurs. Nous avons aujourd'hui des feux de forêt partout qui sont en train de dévorer notre territoire, et il faudrait donner quitus au gouvernement pour ce qu'il n'a pas fait ? Moi, je crois au contraire qu'il est temps de sonner l'alerte, de dire les choses, de faire en sorte que, sur un sujet qui devrait toutes et tous nous tirer vers le haut... Nous sommes socio-écologistes, nous avons décidé d'être partisans de la socio-écologie. Eh bien, évidemment, dans ces moments-là, il faut que le bloc socio-écologiste se retrouve et que nous puissions avancer ensemble et donner le tocsin. Parce qu'il n'est pas possible de laisser aujourd'hui les politiques publiques continuer comme elles continuent.

Expliquez ça à vos camarades qui ne vont pas voter la censure.

Vous leur expliquerez vous aussi.

Mais c'est vous le premier secrétaire, ce n'est pas moi.

Ce que je vous dis, c'est que quand on a un fonds vert qui a diminué par trois, que vous avez MaPrimeRénov', qui a changé à seize reprises ses critères d'attribution, comment voulez-vous que les choses avancent ?

Vous êtes très convaincant, mais vous n'avez pas convaincu votre groupe. Donc, je repose ma question : vous avez été mis très largement en minorité dans le groupe de votre parti. Beaucoup exigent votre démission, est-ce que vous allez quitter votre poste ?

Je ne suis pas sûr que beaucoup l'exigent, mais en tout cas, ne confondez pas deux choses : minorité et légitimité. Moi, ce que je crois, c'est que parfois, il faut être en avance, il faut faire des choix difficiles, prendre des risques. Ce que j'ai fait depuis huit ans, à chaque étape, et y compris avec quelques succès. Si je n'avais pas été là, est-ce que le Parti socialiste serait encore là aujourd'hui ? Est-ce qu'il y aurait encore des congrès ?

Vous êtes le sauveur du PS ?

Il ne s'agit pas de dire que je suis le sauveur. Je dis simplement que si je n'avais pas fait les choix que j'ai faits, et notamment le choix de l'unité de la gauche, le choix du rassemblement de la gauche sociale et écologique, eh bien aujourd'hui, je ne serais pas là pour vous en parler, et aucun socialiste ne serait là pour en parler.

L'unité de la gauche, c'est toujours votre slogan, c'est-à-dire que, s'il le faut demain, même si vous n'êtes pas d'accord, vous pourriez gouverner avec les insoumis ?

Ce n'est pas le choix que j'ai fait. Moi, je cherche à rassembler la gauche démocratique et écologique, de Ruffin à Glucksmann, et à faire en sorte que toute cette gauche-là puisse se retrouver, et permettre un deuxième tour face à Marine Le Pen ou à Jordan Bardella. Voilà ce que je souhaite le plus normalement, et voilà ce pour quoi je me bats depuis tant d'années. Je suis de ceux qui ont cherché, à chaque étape, à rassembler un bloc qui, s'il part divisé, sait qu'il n'a aucune chance. Nous l'avons déjà vécu ; ce n'est pas comme si j'inventais quelque chose. Nous avons déjà vécu les choses depuis 2002. Cela fait vingt-quatre ans que nous connaissons cette situation. Et donc, les mêmes causes produisant les mêmes effets : si vous avez un candidat communiste, un candidat écologiste, un candidat Ruffin (ex-insoumis), un candidat ou une candidate Autain (ex-insoumise aussi), et que vous avez Marine Tondelier, un socialiste, et pourquoi pas un candidat Place Publique... Dans ces cas-là, est-ce que vous pensez sérieusement que l'un ou l'une d'entre eux peut être au second tour ? La réponse, nous la connaissons : ce sera aucun. Et donc, moi, je me bats pour qu'effectivement cette possibilité demeure. Et c'est la raison pour laquelle, le 9 juillet, je propose, au vote des militants, une procédure qui permettra de retrouver l'unité, qui permettra d'aller à un candidat commun et de faire en sorte que nous nous ouvrions au plus grand nombre, et non pas que nous nous refermions progressivement, que nous nous rétrécissions sur nous-mêmes comme si nous en avions la force seule. Ça n'est pas le cas, et donc il faut être lucide.

C'est effectivement le choix que vous proposez aux militants qui doivent tout voter. Si vous êtes mis en minorité : là, ça ne sera pas le groupe parlementaire, ça sera tous les militants socialistes. Si vous êtes mis en minorité après-demain, est-ce que vous démissionnez ?

Mais quand on pose une question référendaire, quand le chef de l'État pose une question référendaire, il démissionne ou il ne démissionne pas ? Le général de Gaulle l'avait fait, d'autres ne l'ont pas fait après lui. Moi, ce que je crois, c'est que quand on veut faire vivre une démocratie, y compris une démocratie partisane, il faut accepter les votes, quels qu'ils soient. Et donc j'ai fait le choix de dire qu'il y avait deux options possibles pour permettre justement que les militants choisissent.

Donc, si les militants choisissent une autre solution que la vôtre, est-ce que vous partirez ?

Mais je me bats pour gagner jeudi et faire en sorte que les militants socialistes acceptent l'idée de l'élargissement et non pas du rétrécissement permanent.

Et si ce n'est pas le cas ?

Nous verrons bien à ce moment-là.

À surveiller

Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes

  • Les militants socialistes voteront pour l'élargissement du parti plutôt que pour son rétrécissement.

    Probable · En quelques jours

  • Marine Le Pen sera candidate à l'élection présidentielle de 2027.

    Très probable · En quelques années

Questions ouvertes

  • Olivier Faure démissionnera-t-il si les militants le désavouent ?
  • Comment le PS parviendra-t-il à l'unité de la gauche ?
  • Marine Le Pen sera-t-elle candidate en 2027 ?

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This article was originally published by France Info.

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