Paris : 9 employés de salon de coiffure régularisés après 78 jours de grève
L'essentiel
- Neuf employés d'un salon de coiffure parisien, originaires d'Afrique subsaharienne, ont obtenu leur régularisation après 78 jours de grève.
- Ils dénonçaient des conditions de travail abusives, des impayés et l'exposition à des produits toxiques.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Neuf employés d'un salon de coiffure parisien, originaires d'Afrique subsaharienne, ont mené une grève de 78 jours pour dénoncer des conditions de travail abusives. Ils accusaient leur patron d'exploitation, incluant de longues journées, des retenues sur salaire, des impayés et l'exposition à des produits toxiques.
Après 78 jours de grève, neufs employés d’un salon de coiffure du 10e arrondissement de Paris, tous originaires d'Afrique subsaharienne, vont finalement être régularisés, a annoncé la CGT, mardi 19 mai.
Ils dénonçaient l'exploitation par leur patron : des journées à plus de 12 heures de travail sans pause, des retenues sur salaires et des impayés, mais aussi l'exposition à des produits toxiques. Deux d'entre eux reviennent sur leur grève pour franceinfo.
"C'est le bébé de la lutte !" lance Cathy, tout sourire. Elle tient dans ses bras sa fille, un bavoir CGT autour du cou et née vendredi, quelques jours avant l'annonce de la régularisation de la mère de famille. L'obtention du titre de séjour est un immense soulagement.
"Je me suis sentie apaisée, raconte Cathy. Vu qu'on nous a régularisés, on ne va plus revivre ce calvaire. Parce que là où tu vas partir travailler, ils vont te déclarer, tu sais que tu as tes droits. On ne va plus nous traiter comme avant, comme des esclaves. Parce que tu ne peux pas travailler de 14 heures à 22 heures, sans avoir de congés payés."
"J'étais enceinte et j'ai dû travailler jusqu'à la date de l'accouchement, sans congé maternité, rien."
Cathy, salariée d'un salon de coiffure parisien
à franceinfo
Sans compter les 250 euros retenus, sans raisons valables, chaque mois, sur les 1 300 euros de salaire, voire les impayés. Le calvaire de Cathy et de son conjoint Mamadou aura duré cinq ans, jusqu'au début de la grève le 3 mars.
"C'est la première fois que je rentre dans ce genre de mouvement, confie Mamadou. On avait quelque chose qui nous faisait mal, mais finalement après, le salon était devenu comme une maison. Chaque matin, on se retrouvait là-bas, tout le monde venait, on causait, on mettait la musique. On passait là-bas la nuit aussi."
Se syndiquer pour aider, à leur tour, les travailleurs sans papiers
"Tout le temps, les gens passaient pour nous donner de l'argent, pour nous soutenir, raconte Cathy. Franchement, c'était dur au début, mais après, on n'a pas regretté du tout la fatigue."
Aujourd'hui, en congé parental, le couple va se syndiquer à la CGT pour aider les travailleurs sans papiers qui connaissent la même situation.
De son côté, l'employeur nie les accusations et ne souhaite pas s'exprimer. Les neuf employés vont désormais porter plainte, leur titre de séjour est valable le long de la procédure. Si l'employeur est condamné, les employés pourraient prétendre à une carte de résident français valable dix ans.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Les neuf employés porteront plainte contre leur ancien employeur.
Très probable · En quelques jours
L'employeur pourrait être condamné et les employés obtenir une carte de résident de dix ans.
Possible · En quelques mois
Questions ouvertes
- Quelle sera la décision de justice concernant la plainte des employés ?
- Quelles sanctions seront appliquées à l'employeur s'il est reconnu coupable ?
- Quelles mesures seront prises pour éviter que de telles situations ne se reproduisent ?




