Président d'une association de chasse au trésor jugé pour diffamation à Strasbourg
L'essentiel
- Le président de l'association des chercheurs de la Chouette d'or, Gérard Simon, comparaît pour diffamation après avoir critiqué la résolution de la chasse au trésor.
- Il remet en cause le gagnant et l'organisation, qualifiant le jeu de "farce".
- La décision est attendue le 15 septembre.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Gérard Simon, président de l'A2CO, est poursuivi pour diffamation par Michel Becker, organisateur de la chasse au trésor "La Chouette d'or", après avoir publiquement remis en question la résolution du jeu et le gagnant.
« Mauvais perdant » ou de « bonne foi » ? Gérard Simon, le président de l’association des chercheurs de la Chouette d’or (A2CO), a comparu pour diffamation, mardi 23 juin à Strasbourg (Bas-Rhin), après avoir critiqué l’organisation de cette célèbre chasse au trésor, résolue en octobre 2024.
« La soi-disant fin de la Chouette d’or nous a beaucoup surpris », a déclaré M. Simon devant le tribunal correctionnel, avant une décision attendue le 15 septembre.
Le 3 octobre 2024, quand Michel Becker, responsable de la chasse au trésor, affirme que la cache a enfin été trouvée, dans le village mosellan de Dabo, certains « chouetteurs » n’y croient pas. Parmi eux, Gérard Simon, qui assure que l’endroit a été « creusé des milliers de fois depuis 1993 », date du début du jeu de piste créé par Régis Hauser, connu sous le pseudonyme de Max Valentin, mort en 2009.
« Les solutions m’ont paru sidérantes », raconte le retraité.
Gérard Simon exprime aussi des doutes au sujet du gagnant, une « personne anonyme, étrangère », alors que, selon lui, celui qui remporte une « chasse au trésor mythique comme celle-ci » devrait être « content de montrer sa bobine à tout le monde ».
Cet ancien professeur de mathématiques est jugé pour diffamation, pour avoir annoncé en ligne, sur le forum de son association, le dépôt d’une plainte pénale détaillant de nombreuses infractions, dont « escroquerie en bande organisée ».
Conséquences financières « énormes »
« Est-ce que ce n’est pas juste parce que vous êtes perdant ? », l’a interrogé, mardi, le président du tribunal, Michaël Da-Lozzo, évoquant sa probable « frustration », après trente ans de vaines recherches.
Et le septuagénaire, qui se voit aussi reprocher des propos qualifiant notamment le jeu de « farce » et de « fiasco », de répondre : « Alors, des mauvais perdants, il y en a vraiment beaucoup ! » Selon lui, « il y a de grosses interrogations » parmi les joueurs, qui sont nombreux à s’être rendus à Dabo.
Mais pour Lionel Vest, avocat de Michel Becker et des Editions de la Chouette d’or, ses propos ont eu de lourdes conséquences.
« La découverte de la Chouette d’or aurait dû être un moment magique. Cet événement a été entièrement gâché par un groupe de complotistes qui n’arrive pas à admettre la solution », a-t-il plaidé.
D’après lui, le dépôt de plainte a eu un effet « dévastateur », car il est survenu quelques jours avant la diffusion en salle d’un film révélant les solutions de l’énigme.
Une date choisie, selon l’avocat, « pour nuire au maximum », qui a conduit son client Michel Becker à annuler le lancement d’une deuxième chasse au trésor.
« Il n’a plus aucune crédibilité, parce que dans l’esprit du public c’est un escroc », a dit Me Vest, qui estime que les conséquences financières sont « énormes ».
Il réclame 817 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice subi par la société et 300 000 euros en réparation du préjudice subi par Michel Becker, qui souffre depuis de « troubles du sommeil » et de « crises d’angoisse ».
La défense demande la relaxe
En réponse, Jean-Baptiste de Gubernatis, conseil de Gérard Simon, estime que celui-ci a relayé le dépôt de la plainte « à titre informatif ».
Quant à ses propos critiques envers le jeu, ils relèvent de « l’opinion, du jugement de valeur », et non de la diffamation, a fait valoir l’avocat.
Il a plaidé la « bonne foi » de son client et demandé sa relaxe.
Questionné par son avocat sur l’existence de « griefs » contre Michel Becker, Gérard Simon a répondu qu’il n’en avait « pas du tout ».
« Il m’a même dédicacé ce livre-là », a-t-il affirmé en brandissant un ouvrage d’énigmes, Sur la trace de la Chouette d’or, visiblement usé.
Le président du tribunal correctionnel a par ailleurs demandé au prévenu : « Est-ce que vous n’êtes pas trop à fond sur ce jeu ? »
« Peut-être, mais j’essaie de prendre un peu de recul », a admis le « chouetteur ».
La décision le concernant sera rendue le 15 septembre.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Décision du tribunal sur la diffamation rendue le 15 septembre.
Très probable · En quelques mois
Questions ouvertes
- La plainte pénale déposée par Gérard Simon sera-t-elle examinée ?
- Le tribunal donnera-t-il raison à l'une des parties ?
- Quelles seront les conséquences pour le monde des chasses au trésor ?




