Procès d'un homme accusé d'avoir fait de son ex-compagne une esclave sexuelle pendant 7 ans
L'essentiel
- Un homme de 51 ans comparaît pour viols aggravés, actes de torture et proxénétisme après avoir soumis son ex-compagne à 7 ans d'abus extrêmes, incluant des pratiques sexuelles dégradantes et la prostitution forcée.
- La victime, Laëtitia, témoigne pour briser le silence et aider d'autres femmes.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Un homme de 51 ans est jugé pour des sévices graves sur son ex-compagne, Laëtitia, qu'il aurait réduite en esclavage pendant sept ans. L'affaire rappelle celle de Gisèle Pélicot. Le procès se tient à Digne-les-Bains.
L'affaire rappelle, par certains aspects, celle des viols subis par Gisèle Pélicot. Un homme de 51 ans est jugé durant une semaine, à partir de lundi 18 mai, devant la Cour d'Assises des Alpes-de-Haute-Provence, à Digne-les-Bains, pour des sévices sur son ex-compagne, à Manosque. Guillaume B. est soupçonné d'avoir livré sa compagne à des dizaines d'hommes et fait d'elle son esclave pendant sept ans.
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Laëtitia, une femme "brisée", redoute de se retrouver face à son ex-conjoint. Mais elle compte se montrer "forte", pour raconter ces sept années de coups, de menaces, de pratiques sexuelles extrêmes. "Son but était de m'humilier", témoignait-elle en janvier dernier, sur franceinfo.
"Les animaux, on les traite mieux que ça"
Devant les jurés, cette femme de 42 ans entend ainsi décrire l'emprise, les violences, les pratiques sexuelles extrêmes, qu'il lui imposait. "Il me traitait comme une chose, comme un objet, je ne dirais même pas comme un animal parce que les animaux, on les traite mieux que ça", racontait-elle à notre micro.
"Il me disait que j'étais une chienne, une poubelle... Pendant des semaines, il m'a fait boire mon urine tous les matins. Il m'interdisait de dormir ou très peu. Il a tout fait pour que je perde pied", nous a-t-elle aussi confié. "Les premières fois où je lui ai dit, 'Si je ne fais pas ce que tu veux, qu'est-ce qui va se passer ?' Il m'a dit clairement : 'Je vais te tuer'", racontait Laëtitia. Elle décrit également "des coups de poing, des coups de planche à découper, jusqu'au sang". Une emprise qui "a pris sur toutes les parts de ma vie. Du matin au soir. Même aller aux toilettes, j'étais obligée de demander".
L'homme l'a aussi prostituée, livrée à des "centaines d'hommes" selon elle, malgré son opposition. "En fait, le consentement ne se posait même pas : je n'avais pas le droit de dire ce que je ressentais", explique la jeune femme, qui en garde aujourd'hui de lourdes séquelles. "Clairement, je suis incontinente, handicapée. J'ai un appareil, si non je devrais porter des couches. C'est très dur de dire ça, à 42 ans", confie-t-elle dans un sanglot.
"Si ça peut aider ne serait-ce qu'une femme..."
Désormais, Laëtitia "veut sortir du silence et être entendue dans un procès avec du public". "Je veux me prouver aussi à moi-même qu'il ne faut pas que j'aie honte. Et aussi, je me dis que si ça peut aider ne serait-ce qu'une femme à se dire : "il ne faut pas perdre espoir'", veut croire la mère de famille. Les filles de Laëtitia seront avec elle au procès, elles aussi vont témoigner.
"Je ne vais pas demander le huis clos. Il m'a beaucoup tenue avec la honte, pendant sept ans. J'ai besoin, pour mes enfants, pour moi, d'aller au bout de mon combat."
Laëtitia
à franceinfo
L'accusé, seul dans le box
Au cours de la procédure, l'accusé a toujours nié. Il affirme que Laëtitia "aimait" être humiliée, qu'elle était d'accord pour se prostituer. L'ancien directeur d'agence bancaire sera seul dans le box pour être jugé. Les autres ne sont pas poursuivis. "Ils ne sont pas là parce que ça aurait été très compliqué, probablement impossible, de les identifier, de les retrouver", précise l'avocat de Laëtitia, Philippe-Henry Honegger.
Également, cela "aurait été compliqué judiciairement de faire la part des choses entre ceux qui auraient pu ou qui auraient dû savoir ce qu'il se passait et d'autres, qui peut-être, n'avaient pas forcément de raison de comprendre", poursuit l'avocat. "Et puis surtout, parce que pour Laëtitia, l'unique origine de ce qu'elle a vécu, c'est celui qui est dans le box. Les autres, ça reste finalement assez secondaire".
L'accusé encourt la prison à perpétuité pour viols aggravés, actes de torture et de barbarie et proxénétisme aggravé.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
L'accusé sera reconnu coupable des faits reprochés.
Très probable · En quelques semaines
Laëtitia obtiendra une compensation financière pour les préjudices subis.
Probable · En quelques mois
Le procès attirera une attention médiatique importante et suscitera un débat public sur les violences extrêmes.
Très probable · En quelques semaines
Questions ouvertes
- Combien d'hommes ont participé aux sévices sexuels ?
- Quelle sera la peine prononcée contre l'accusé ?
- Les autres personnes impliquées seront-elles poursuivies ?
- Comment Laëtitia parviendra-t-elle à se reconstruire après ces épreuves ?



