Procès de Rima Hassan renvoyé au 19 et 20 octobre
L'essentiel
- Le procès de l'eurodéputée Rima Hassan pour apologie du terrorisme, initialement prévu le 7 juillet, a été renvoyé aux 19 et 20 octobre par le tribunal correctionnel de Paris.
- La défense a invoqué un manque de temps pour étudier les pièces des parties civiles.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
L'eurodéputée Rima Hassan est poursuivie pour apologie du terrorisme suite au partage d'un tweet relayant une citation d'un auteur d'un attentat de 1972. Le procès a été renvoyé pour permettre à la défense d'étudier les pièces du dossier.
L'audience se tiendra finalement les 19 et 20 octobre. Mardi 7 juillet, la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris a renvoyé le procès de l'eurodéputée Rima Hassan pour apologie du terrorisme, à la demande de son avocat, Vincent Brengarth.
Le conseil de l'élue insoumise a considéré qu'il n'avait pas eu assez de temps pour étudier les pièces contradictoires du dossier, envoyées par les avocats des multiples associations qui se sont constituées parties civiles. "Encore ce matin, je reçois les conclusions de parties civiles, certaines conclusions font plus d'une trentaine de pages", a-t-il déploré à l'audience.
Au total, une dizaine d'associations figurent du côté des parties civiles, dont la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), l'Organisation juive européenne (O.J.E) ou encore Avocats Sans Frontières France (ASF France). Leurs avocats se sont relayés à la barre pour s'opposer à la demande de renvoi formulée par la défense de Rima Hassan.
"La défense est fin prête depuis avril. Au sortir de sa garde à vue, madame Hassan a tenu, avec son conseil, une conférence de presse de trois heures où, déjà, elle déroulait des arguments de procédure", a ainsi pointé Karine Rozenblum, qui représentait l'Organisation juive européenne et d'Avocats sans frontières.
Une garde à vue très médiatisée
L'eurodéputée franco palestinienne est poursuivie pour avoir partagé un tweet le 26 mars dernier, qu'elle a depuis supprimé, relayant une photo du Japonais Kozo Okamoto, un des auteurs de l’attentat de l’aéroport de Lod, à Tel-Aviv, en 1972, perpétré au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FLP). L'attaque a tué 26 personnes. Sa publication était accompagnée d'une citation du terroriste : "J'ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit mais un devoir".
Ce tweet a été signalé par le ministre de l'Intérieur, puis par l'Organisation juive européenne et la Licra. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "apologie du terrorisme" et, le 2 avril, l'élue insoumise avait été placée en garde à vue.
Son avocat avait fustigé une procédure "parfaitement illégale" en raison d'"un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet" pour "contourner" son immunité parlementaire. Par ailleurs, des fuites erronées dans la presse avaient fait état de la présence de drogue de synthèse dans le sac de l'eurodéputée. Mais l'enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants a démenti ces informations par la suite.
"Personne n'est à l'abri"
Ce mardi, près de 300 personnes, dont Jean-Luc Mélenchon, se sont rassemblées devant le tribunal judiciaire de Paris avant le début de l'audience, à l'appel de La France Insoumise. Les députés Louis Boyard, Clémence Guetté ou encore Sophia Chikirou étaient également présents, ainsi que le coordinateur du parti, Manuel Bompard.
Le sociologue Eric Fassin s'est également exprimé, "en soutien à des étudiants et des collègues également visés par des mesures d’intimidation ou de répression". "Si on peut poursuivre des élus, cela veut dire que personne n'est à l'abri, qu'il n'y a d’immunité pour personne", a-t-il ajouté, sous les applaudissements nourris de la foule.
Rima Hassan a elle aussi dit quelques mots avant de rejoindre la salle d'audience. "Aujourd'hui, la cause palestinienne est un miroir et c'est aussi un test pour nos démocraties", a-t-elle déclaré, déplorant "la répression" dont sont victimes de nombreux "citoyens", alors que "les poursuites, convocations, perquisitions pour apologie du terrorisme ont explosé".
Questions ouvertes
- Quelle sera la décision finale du tribunal ?
- Quelles seront les conséquences politiques de ce procès ?




