Tour de France 2025 : la course au podium s'intensifie après les abandons de Vingegaard et Lipowitz
L'essentiel
- Après les abandons de Jonas Vingegaard et Florian Lipowitz, la bataille pour le podium du Tour de France 2025 se resserre.
- Remco Evenepoel, Isaac Del Toro et Paul Seixas sont désormais les principaux prétendants avant la dernière semaine alpine.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Après les abandons de Jonas Vingegaard et Florian Lipowitz, deux des trois prétendants initiaux au podium du Tour de France 2025, la bataille pour les places restantes s'est resserrée.
En deux étapes, le podium 2025 a perdu deux de ses trois éléments : Jonas Vingegaard dimanche 19 juillet, puis Florian Lipowitz mardi 21 juillet. Également en course pour le podium cette année derrière l'intouchable Tadej Pogacar, le Danois et l'Allemand laissent le champ libre à leurs adversaires pour monter sur la boîte, dimanche, à Paris.
Et dans cette bataille à suspense, ils ne sont désormais plus que trois à réellement pouvoir y prétendre : Remco Evenepoel (Red-Bull-Bora hansgrohe), Isaac Del Toro (Team UAE-Emirates) et Paul Seixas (Decathlon-CMA CGM). Mercredi matin, les trois hommes se tiennent en 2'39, et tous n'abordent pas cette dernière semaine dans les mêmes dispositions.
Evenepoel, en position idéale
Faire "la troisième semaine de (sa) vie" pour "conserver la deuxième place". Voilà l'objectif de Remco Evenepoel. Incapable de suivre le rythme l'an passé, le Belge revit cette année, grâce à des changements salvateurs à l'intersaison et en préparation. À la faveur de ses deux victoires consécutives, le 3e de l'édition 2024 est solidement ancré à la place de dauphin, 4'32 derrière Tadej Pogacar mais 2'19 devant son poursuivant Isaac Del Toro.
Peu adepte des changements de rythme, Remco Evenepoel va trouver dans les Alpes un terrain dangereux pour lui : les longs cols, qui lui avaient été fatals en 2023 et 2025 (sur le col du Tourmalet). Mais il semble prêt cette année, grâce à une fraîcheur supplémentaire obtenue par ses deux mois sans courir avant le Tour. "Je commence à me sentir bien, j'ai retrouvé le rythme et ma condition", a-t-il confirmé à Vélo Club.
Son grand défi sera sans doute de contenir les attaques dans les deux ascensions de l'Alpe d'Huez, où seront jetées les dernières forces pour tenter de lui ravir le podium. "Après le chrono, il y aura deux jours à économiser mes forces pour pouvoir tout donner dans les étapes de montagne à l'approche du week-end. Je ne vais pas m'emballer du jour au lendemain et espérer remporter le Tour", tempérait le triple champion du monde du contre-la-montre lundi, lors de la journée de repos.
"Tadej est sur sa planète, et il y a les autres derrière. Mes adversaires pour le podium sont les mêmes qu’au début : Del Toro, Seixas. La bataille pour le maillot blanc est serrée, ça va être une belle course dans la course."
Remco Evenepoel
en conférence de presse le 21 juillet
Point négatif : il a perdu sur chute son coéquipier Florian Lipowitz, 5e du général au matin, et qui avait annoncé qu'il serait "heureux de l'aider" dans la quête collective de la formation allemande d'un podium à Paris.
Isaac Del Toro, l'équipier pourra-t-il en profiter ?
Derrière le Belge, Isaac Del Toro tient la barre pour le moment. Actuel troisième et maillot blanc, le Mexicain réalise un grand Tour de France, où son rôle premier était d'amener Tadej Pogacar à un cinquième sacre. Mais avec la victoire presque actée, les Émiratis commencent les quêtes secondaires. Et le podium du Mexicain à Paris en fait partie, même si leur directeur sportif, Andrej Hauptman, répétait après l'étape du Lioran que l'objectif principal était de "ramener le maillot jaune à Paris".
Attention toutefois : les résultats bruts et l'impression visuelle diffèrent quant à la course du Mexicain. Souvent à l'arrière du groupe des favoris, il ne se laisse pas décramponner, et finit même parfois très fort, comme au Markstein. Dimanche, au plateau de Solaison, alors que son leader Pogacar s'est mué en équipier de (grand) luxe pour l'amener au sommet, on a vu le Mexicain d'abord en difficulté, alertant d'un "ne me lâche pas" le maillot jaune à la radio de son équipe.
Mais il a une nouvelle fois tenu bon, terminant troisième alors qu'il avait été pris dans la chute de Jonas Vingegaard plus tôt. "Je me sentais plutôt bien après la chute, mais vers la fin, j'ai commencé à ressentir des douleurs au dos et à la jambe gauche. Je suis ravi de m'être investi pour l'équipe et d'avoir respecté le plan de course", avait salué "Torito".
"C'est fou que quelqu'un comme Tadej veuille vraiment m'aider, c'est formidable."
Isaac del Toro, coureur UAE-Emirates
Reste que le Mexicain n'inspire pas à une immense confiance à l'aube du terrible menu qui s'annonce. Il a montré des limites physiques réelles jusqu'ici, et il n'a aucun repère sur une troisième semaine de Tour, qu'il découvre. Lors du Tour d'Italie 2025, alors leader au classement général, il avait lâché le maillot rose à Simon Yates à la veille de l'arrivée. Mais être tracté par le maillot jaune et une équipe aussi dominatrice peut donner des ailes.
Paul Seixas face au révélateur final
Pour l'instant, il écarte avec aisance le feuillage de ces contrées inconnues pour lui. Paul Seixas, qui n'avait jamais couru plus de huit jours de suite, en a fait 16 sur ce Tour, et cela se passe idéalement, hormis un petit accroc dimanche. "J'ai fait la montée à mon rythme. J'aurais pu en mettre un peu plus à certains moments, j'ai trop hésité. J'ai fini fort. J'ai réussi à rester solide pour l'instant, j'ai bien récupéré", expliquait le Français de 19 ans, toujours 4e du général mercredi matin après avoir conclu son premier contre-la-montre individuel sur le Tour à cette place, mardi.
Avec 20 secondes de retard sur Isaac Del Toro, la lutte pour le maillot blanc et (pour l'instant) la troisième place s'annonce serrée. Le Tricolore aura, contre lui, l'inconnue d'une troisième semaine de tous les dangers, mais aura pour lui de connaître parfaitement le tracé, lui qui vient de la région lyonnaise, et d'avoir toujours autour de lui une équipe au complet, avec ses lieutenants Nicolas Prodhomme (20e) et Tiesj Benoot (21e) en excellente forme. "J'étais confiant depuis le début, la route est encore longue mais tous les voyants sont bien au vert", s'était félicité le premier au Markstein. "Il nous impressionne tous les jours" avait renchéri le deuxième.
Mais la lessive du Tour est impitoyable et tout peut s'arrêter en un jour : une défaillance ou une chute et les espoirs sont anéantis, les derniers jours l'ont rappelé. Alors le clan Seixas n'a pas prévu de céder à l'euphorie. "On va avancer avec prudence pour Paul. On ne va pas se projeter sur un maillot blanc ou un podium mais prendre étape par étape. L'étape de samedi est monstrueuse, tout peut se passer. On va avancer tous ensemble", tempérait son directeur sportif Julien Jurdie mardi soir.
Paul Seixas devra tout de même regarder derrière, avec Juan Ayuso à 2'11, mais il pourra aussi regarder devant. Le premier podium d'un Français sur le Tour depuis Romain Bardet en 2017 (3e) est chaque jour un peu plus à la portée du plus jeune coureur à avoir pris le départ du Tour depuis 1937. C'est dire le possible exploit que peut accomplir Paul Seixas dimanche.
Questions ouvertes
- Remco Evenepoel tiendra-t-il dans les longs cols alpins ?
- Isaac Del Toro surmontera-t-il ses limites physiques en troisième semaine ?
- Paul Seixas, novice en troisième semaine, maintiendra-t-il sa forme ?




