Tour de France : Decathlon-CMA CGM, une équipe taillée pour Paul Seixas et Olav Kooij
L'essentiel
- L'équipe Decathlon-CMA CGM pour le Tour de France aligne Paul Seixas, 19 ans, comme leader principal, soutenu par des grimpeurs et des capitaines de route expérimentés.
- Olav Kooij, sprinteur, vise également des étapes, offrant un double objectif à l'équipe.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Le Tour de France 2024 voit l'équipe Decathlon-CMA CGM aligner deux leaders, le sprinteur Olav Kooij et le jeune Paul Seixas, malgré des contrariétés dans la sélection de l'équipe.
En décembre dernier, le plan de l'équipe Decathlon-CMA CGM pour le Tour de France semblait bien ficelé : y aligner deux leaders, le sprinteur fraîchement recruté, Olav Kooij, pour viser le maillot vert et des étapes, et lui adjoindre Paul Seixas en fonction des résultats du jeune Français au printemps.
Six mois plus tard, les deux étaient bien au départ de la Grande Boucle à Barcelone, samedi, mais le processus de sélection a été contrarié jusque dans les derniers jours, avec des blessures et maladies. Franceinfo: sport vous décortique l'équipe choisie pour soutenir le plus jeune coureur au départ du Tour depuis 1937.
Deux purs grimpeurs pour aider Paul Seixas
Propulsé leader pour son premier Tour de France à seulement 19 ans, Paul Seixas est prêt à endosser le costume, s'affirmant jour après jour dans ce rôle. Decathlon lui a choisi deux anges gardiens pour le terrain décisif : la montagne. Le Lyonnais sera flanqué de Nicolas Prodhomme et Matthew Riccitello, deux grimpeurs reconnus et chargés de l'accompagner le plus loin possible dans les cols.
Le premier a des références mais il a surtout un lien spécial avec son cadet, puisque Paul Seixas lui avait offert sa première victoire professionnelle, lors du Tour des Alpes 2025, quand le duo était arrivé ensemble à la 5e étape.
Le second est d'un pedigree encore supérieur. L'Américain de 24 ans a terminé 5e et meilleur jeune de la dernière Vuelta au sein de la formation Israël-PremierTech, qu'il a quittée à l'hiver pour la formation française. Pour faire partie de la sélection, tous deux ont accepté de se dévouer entièrement à leur jeune leader. "L'approche est totalement différente, on ne parle plus du tout d'ambition personnelle quand on a un leader de la trempe de Paul et c'est bien normal", rappelait, jeudi, Aurélien-Paret Peintre.
Malade et contraint à l'abandon dès la première étape du Tour Auvergne-Rhône Alpes, le natif de l'Arizona s'était rassuré sur le Tour de Suisse, terminé en 7e place. "Il a montré en Suisse qu'il était costaud. A son vrai niveau, il est quand même excellent", estime notre consultant Lilian Calmejane, qui voit tout de même une limite. "Une de mes inquiétudes, c'est que sont des coureurs qui galèrent à frotter. Ils ne sont jamais très bien placés dans un peloton. Et un Paul Seixas, même sur une étape de plaine, il ne pourra pas se permettre d'être en fin de paquet".
Trois capitaines de route
Chaque équipe du Tour de France a besoin de capitaines de route : des coureurs expérimentés, polyvalents et présents pour encadrer coûte que coûte leurs leaders. Ils seront trois chez Decathlon-CMA CGM : Tiesj Benoot, Daan Hoole et Aurélien Paret-Peintre.
Le premier, arrivé cet hiver, a été gêné par une hernie discale lombaire dès son arrivée. Il a finalement décroché sur le gong sa participation à son 10e Tour de France. A l'aise sur tous les terrains, le Belge vient apporter une expérience précieuse, alors que ses deux leaders découvrent le Tour. "Benoot, il a gagné le Tour avec Visma | Lease A Bike", rappelle Lilian Calmejane. Présent lors des deux sacres de Jonas Vingegaard en 2022 et 2023, le Flamand est le seul à avoir déjà fait partie d'une équipe victorieuse parmi les huit coureurs de l'équipe.
De son côté, Daan Hoole a failli manquer le rendez-vous en raison d'une fracture au doigt puis d'une maladie, mais le grand Néerlandais (1,98 m) sera bien là. Il apportera sa puissance sur la plaine, lui qui excelle en contre-la-montre afin de protéger le jeune Français du vent grâce à son gabarit.
Quant à Aurélien Paret-Peintre, il est là pour l'aider en montagne, mais aussi jouer le rôle du grand frère. "D'un point de vue purement physique on n’a pas grand-chose à lui apprendre mais pour l'extra course, qui est assez prenant sur le Tour, les transferts, je vais essayer de l'accompagner et l'aiguiller. A force, on connaît aussi mieux les routes, et les pièges donc ça va être mon rôle en course, en plus du gros travail dans la montagne", explique-t-il. Preuve en est : dimanche, il fut celui qui a donné son vélo à Paul Seixas lors d'un ennui mécanique dans les rues de Barcelone.
"Sur les étapes de transition, il faudra être plus à l'avant avec Paul que par le passé. Mais quand on voit ce qu'il a fait depuis le début de l'année, on a quand même envie de mettre du coeur à l'ouvrage !
Aurélien Paret-Peintre, son coéquipier
à franceinfo: sport
L'équipe française a pris des profils de coureurs différents pour entourer son leader, mais aussi des hommes que le jeune espoir apprécie et avec qui il a déjà des repères. "Ça reste une des plus belles équipes au départ. Ils ont une équipe soudée qui est habituée à courir autour de Paul. Il les remercie souvent, c'est qu'il se sent bien avec eux", constate Lilian Calmejane.
Un sprinteur et son lanceur
Decathlon a également choisi de ne pas dédier entièrement son équipe à Paul Seixas pour emmener un autre leader, son sprinteur Olav Kooij, recruté cet hiver, afin de ne pas mettre toute la pression du résultat sur le Français. Gêné par un virus, il a repris de justesse, fin mai, pour être prêt, et s'est rassuré en battant Tim Merlier et Jasper Philipsen au sprint lors du Tour de Belgique, le 21 juin.
Il sera affublé de son lanceur, Cees Bol, mais aussi de Daan Hoole dans la plaine, pour le placer du mieux possible dans le convoi de bolides lancés à 70 km/h. "Ce n'était peut-être pas la préparation idéale, mais je pense avoir atteint un niveau suffisant. Toutes les équipes et tous les sprinteurs cherchent à être dans les meilleures conditions possibles pour l'emballage final. Ces gars-là sont essentiels pour augmenter mes chances de victoire", détaillait l'intéressé à L'Equipe.
"Le fait qu'il soit là et qu'il y ait une petite partie sprint dans l'équipe, donne un double objectif intéressant, c'est aussi un peu de pression en moins. Olav, c'est un bon mec. Il est aussi motivé par le projet du général et m'aidera quand ce sera possible. C'est complémentaire."
Paul Seixas,
à L'Equipe
Sa présence permettra "d'avoir de la légitimité sur le placement sur les étapes de plat", relève Aurélien Paret-Peintre, et en cas de victoire, de délester encore plus de pression à Paul Seixas dans l'objectif d'une victoire d'étape. "C'est un des sprinteurs les plus rapides sur le papier. Je suis persuadé que si tout se goupille bien, il va gagner une étape assez vite. Et ensuite, ça va dérouler en termes d'euphorie et d'ambiance pour l'équipe", conclut Lilian Calmejane.
Le sprinteur néerlandais aura une première chance à Foix, mardi, et surtout à Pau, mercredi. A moins que Paul Seixas ne lui grille la priorité dès lundi dans les Pyrénées ?
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Olav Kooij remportera une étape rapidement.
Probable · En quelques jours
Questions ouvertes
- Comment Paul Seixas gérera-t-il la pression de leader à seulement 19 ans ?
- Olav Kooij pourra-t-il remporter des étapes malgré la priorité donnée à Seixas ?
- Les grimpeurs sélectionnés pourront-ils réellement soutenir Seixas dans les cols ?




