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Trump's ceasefire claims challenged as Israel-Hezbollah conflict escalates
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France Info03.06.2026Monde6 dk okumaFrance

Trump's ceasefire claims challenged as Israel-Hezbollah conflict escalates

L'essentiel

  • Despite Donald Trump's claims of a ceasefire, Israel and Hezbollah have intensified their conflict.
  • New attacks and deadly Israeli strikes in southern Lebanon highlight the ongoing escalation, with analysts questioning the feasibility of a purely military solution.

Résumé généré par IA

Pourquoi c'est important

Despite claims of a ceasefire by Donald Trump, the conflict between Hezbollah and Israel has intensified. New attacks and Israeli strikes in southern Lebanon, coupled with Netanyahu's threats, indicate a continued escalation, defying international calls for de-escalation.

Taille de police

L'apaisement promis par Donald Trump n'a pas eu lieu. Le président américain avait affirmé, lundi 1er juin, avoir obtenu du Hezbollah et d'Israël qu'ils "cessent de tirer" sur le camp adverse. Le mouvement chiite libanais a pourtant revendiqué de nouvelles attaques contre l'Etat hébreu dans la nuit de lundi à mardi, alors que l'armée israélienne a mené de nouvelles frappes meurtrières dans le sud du Liban. Et la menace de Benyamin Nétanyahou, le Premier ministre israélien, de frapper un bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, plane toujours, malgré les appels à la désescalade de la communauté internationale.

Les affrontements entre le mouvement chiite et l'armée israélienne n'ont jamais vraiment cessé depuis l'entrée en vigueur théorique, le 17 avril, d'un cessez-le-feu au Liban. Ils ont même encore gagné en ampleur fin mai, lorsque l'exécutif israélien a ordonné à ses troupes d'intensifier leurs opérations, déclarant "zone de combat" tout le territoire au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. "Le Hezbollah avait lui aussi augmenté ses attaques ces dernières semaines en visant des soldats dans le sud du Liban, mais aussi les communautés du nord d'Israël", pointe Orna Mizrahi, chercheuse à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'université de Tel-Aviv et ancienne lieutenant-colonel de l'armée israélienne. Selon elle, le recours accru du mouvement chiite aux drones kamikazes explique le "changement de stratégie" de l'Etat hébreu.

L'exécutif israélien face aux critiques

En plus des roquettes et des missiles antichar, le Hezbollah utilise de plus en plus d'engins "téléguidés par fibre optique, et non par GPS, ce qui empêche le brouillage, éclaire David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique et rédacteur en chef de la revue Orients stratégiques. Cette question tactique prend une dimension stratégique pour l'armée israélienne, car ces drones kamikazes ont fait plusieurs morts parmi les soldats israéliens, encore ces derniers jours."

Ces appareils sont aussi utilisés dans les frappes contre le nord du territoire israélien, au point de "mettre les écoles et les entreprises à l'arrêt", constate Orna Mizrahi. Fin mai, le quotidien israélien Haaretz évoquait ainsi la colère de familles "contraintes de vivre une fois de plus sous le feu ennemi" dans la petite commune frontalière de Shomera, alors qu'un drone explosif avait touché un arrêt de bus scolaire – sans faire de victimes –, et que deux autres avaient été abattus par des tirs de fusil. Le risque constant d'attaques du Hezbollah "a provoqué des critiques très importantes contre le Premier ministre israélien, y compris de la part de centristes comme Yaïr Lapid, qui considèrent qu'il ne va pas assez loin pour circonscrire la menace", relève David Rigoulet-Roze.

"Le gouvernement fait face à la pression de la population, en particulier les communautés à la frontière avec le Liban, qui ne peuvent plus vivre dans ces conditions."

Orna Mizrahi, chercheuse à l'Institut d'études de sécurité nationale de l'université de Tel-Aviv

à franceinfo

Mi-avril, près de 70% des Israéliens se disaient favorables à la poursuite des opérations militaires contre le Hezbollah, malgré le cessez-le-feu, selon un sondage relayé par Haaretz. Un soutien massif qui "encourage très certainement le gouvernement à tout faire pour leur donner satisfaction", avance Aurélie Daher, enseignante-chercheuse à l'université Paris-Dauphine et spécialiste du Hezbollah. D'autant plus que Benyamin Nétanyahou se trouve dans une position fragile. A l'origine prévues en octobre, "les élections législatives ont été avancées à l'été", alors que "le gouvernement connaît des difficultés qui l'ont amené à envisager une dissolution du Parlement", souligne Aurélie Daher.

"Chaque avancée affaiblit le Hezbollah"

Pour sécuriser le nord du pays et rassurer son électorat, Benyamin Nétanyahou a donc ordonné à ses troupes d'avancer au-delà de la zone tampon qu'Israël voulait créer dans le sud du Liban. La prise de la forteresse médiévale de Beaufort, dimanche, est, à en croire le Premier ministre israélien, un "tournant décisif" de cette nouvelle phase de l'offensive. "C'est un point stratégique qui surplombe toute la zone située entre les fleuves Litani et Zahrani, et permet de suivre les activités du Hezbollah", observe David Rigoulet-Roze. Depuis ce point de vue, l'armée israélienne dispose "d'un avantage indéniable pour ses opérations", même si elle "n'y restera pas longtemps", juge Orna Mizrahi.

"L'armée israélienne réussit à pénétrer dans de plus en plus (…) de localités" du sud du Liban, mais "elle ne s'y positionne pas, confirme Aurélie Daher. Elle entre, détruit, saccage, pille, brûle, tue, et repart". Les forces israéliennes tentent ainsi de "créer un espace vide, inhabité", en empêchant le retour des habitants contraints d'évacuer par les frappes répétées et l'avancée des troupes au sol, argue la chercheuse.

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Avec cette offensive, les Israéliens "veulent laminer les capacités militaires du Hezbollah, en éliminant le plus possible de ses activistes et en détruisant le plus possible de ses sites", décrypte David Rigoulet-Roze. "Chaque attaque, chaque avancée, affaiblit le Hezbollah, pas seulement sur le plan militaire, mais aussi parce que la poursuite du conflit suscite des critiques" contre le mouvement libanais, juge Orna Mizrahi.

Aurélie Daher n'en est pas si sûre : "La montée en brutalité et en gratuité des attaques israéliennes joue en faveur du Hezbollah", dont la légitimité est au contraire d'autant plus renforcée que l'armée libanaise "a reçu l'ordre du gouvernement de ne pas engager le combat" avec l'Etat hébreu, affirme-t-elle.

Des négociations dans l'ombre du conflit en Iran

Après plusieurs semaines de conflit larvé, l'objectif initial de Benyamin Nétanyahou d'"écraser" le mouvement chiite libanais semble en tout cas loin d'être atteint. "Le Hezbollah ne peut pas être éliminé. (…) C'est une partie de la société libanaise", pas seulement un groupe armé évoluant à la marge de la société, estime Aurélie Daher. "Personne [en Israël] ne croit que le Hezbollah peut-être totalement désarmé, à moins de conquérir la totalité du Liban, et personne ne veut cela", ajoute Orna Mizrahi.

"La question du désarmement du Hezbollah ne peut être réglée uniquement par la voie militaire. Il ne pourra être réalisé que par le gouvernement libanais, lorsque que sa souveraineté ne sera plus sapée par le Hezbollah."

David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique

à franceinfo

C'est dans ce contexte que s'est ouvert un nouveau cycle de négociations entre des représentants libanais et israéliens, mardi aux Etats-Unis. "Le gouvernement libanais est pris en étau : il voudrait parvenir à un cessez-le-feu avec, à terme, une possible normalisation des relations avec Israël, mais le Hezbollah mène sa propre guerre, en lien avec l'Iran", analyse David Rigoulet-Roze. Du point de vue de Tel-Aviv, l'incapacité de l'exécutif libanais à désarmer le mouvement chiite "justifie l'offensive militaire", poursuit-il.

Un "scenario très optimiste" verrait ces pourparlers se solder par un engagement des Israéliens "à stopper les avancées au sol et à ne pas bombarder [le bastion du Hezbollah] à Beyrouth, à condition qu'un véritable cessez-le-feu soit respecté au Liban", selon Orna Mizrahi. "Cela renforcerait l'image du gouvernement libanais aux yeux de sa population et, si cela ne mettrait probablement pas un terme au conflit, cela permettrait de réduire les opérations militaires et de limiter le bilan humain", suppose la chercheuse israélienne, qui admet "ne pas être certaine que grand-chose ressorte de ces négociations".

L'avenir de l'offensive qui dévaste le sud du Liban est en effet lié à d'autres discussions de paix, celles entre les Etats-Unis et l'Iran. Lundi, l'agence de presse iranienne Tasnim a rapporté que Téhéran avait suspendu le dialogue indirect avec Washington, en raison des "crimes [qu'Israël] continue à commettre" au Liban. A suivi un appel houleux entre Benyamin Nétanyahou et Donald Trump, qui aurait reproché au Premier ministre israélien d'être "complètement cinglé", rapporte le site américain Axios.

Face au mécontentement de l'opinion publique américaine, l'administration Trump "ne peut plus faire traîner" la conclusion d'un accord avec l'Iran, qui pourrait inclure "une obligation pour Israël" de réduire ses opérations au Liban, explique Aurélie Daher. D'où l'intensification de l'offensive israélienne : pour Benyamin Nétanyahou, "le temps presse", résume l'expert.

Les tentatives de pression du président américain sur le Premier ministre israélien, comme sur le mouvement libanais, semblent ainsi avoir échoué. Mardi, Tel-Aviv a appelé la population à évacuer la ville de Nabatiyeh, dans le sud du Liban. "Le Hezbollah ayant violé l'accord de cessez-le-feu, l'armée israélienne est contrainte d'intervenir", a justifié Israël.

À surveiller

Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes

  • Continued military operations by Israel against Hezbollah.

    Très probable · En quelques semaines

  • Further escalation of cross-border attacks between Israel and Lebanon.

    Probable · En quelques jours

  • Indirect negotiations between the US and Iran may influence regional dynamics.

    Possible · En quelques mois

Questions ouvertes

  • Will the ongoing negotiations lead to a lasting ceasefire?
  • What is the extent of Iran's involvement in the conflict?
  • How will the US-Iran dialogue impact the Israel-Hezbollah conflict?
  • Can Israel achieve its military objectives against Hezbollah?

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This article was originally published by France Info.

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