Ukraine : des civils s'habituent à la guerre malgré les alertes et les bombardements
L'essentiel
- En Ukraine, les civils s'habituent à la guerre, normalisant les alertes et les bombardements russes.
- Malgré les appels à l'aide pour des systèmes de défense, la vie continue, teintée de fatalisme et de résilience face à l'intensification des attaques.
Résumé généré par IA
Pourquoi c'est important
Millions of Ukrainians live with the constant threat of Russian drone attacks and air raid notifications. Recent Russian military operations have intensified, particularly near the Kharkiv region.
Les bourdonnements des drones et les vibrations des notifications d'alerte font partie du quotidien de millions d'Ukrainiens. Une attaque russe contre l'Ukraine, dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 juin, a fait au moins 21 morts, dont 15 dans la ville de Dnipro, a annoncé Kiev, réitérant son appel urgent à une aide américaine pour des systèmes de défense antiaérienne. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait mis en garde ces derniers jours contre une opération militaire massive de la Russie, notamment dans la région de Kharkiv, près de la frontière avec la Russie.
Dans cette région, l'armée ukrainienne résiste mais reste sous pression, avec des tentatives d'infiltration quotidiennes de la part des Russes. La ligne de front, en tant que telle, ne bouge pas : personne ne recule, personne n'avance. L'objectif de Moscou est de créer un point de fixation et de faire peser sur Kharkiv, mégalopole de plus d'un million d'habitants proche de la frontière une insécurité permanente.
"On s'est habitués aux alertes"
Dans les rues de cette ville ou sur les téléphones, les alertes sonnent tout le temps. Dans la nuit de samedi à dimanche par exemple. Il y en a eu au moins six. Le message vous demande d'aller vous mettre à l'abri et sonne de nouveau quand l'alerte est levée. Le rituel est rodé : descendre au sous-sol, voire dans une station métro, attendre la fin de l'alerte et retourner se coucher... Cela dure depuis plus de quatre ans. Le fatalisme l'emporte donc forcément sur la vigilance.
Nous avons rencontré le lendemain, un jeune couple, Jihane et Ayaz. Leurs notifications à tous les deux restent éteintes. Quoi qu'il se passe, ils préfèrent dormir "parce que sinon, c'est impossible de travailler", explique Jihane. "Peu importe s'il y a eu une attaque pendant la nuit ou pas, le matin, tu dois te réveiller et aller bosser. C'est ça la réalité."
Une alerte résonne justement à ce moment-là. Mais cela ne change rien : "Tout le monde s'en fiche. Regardez, personne ne cherche un abri", indique la jeune femme. "On s'est habitués. Ce n'est pas normal de s'habituer, de négliger constamment les alertes. Mais que faire ? C'est notre quotidien", explique le jeune homme.
"L'ennemi mobilise un maximum de moyens"
La guerre semble donc intégrée, normalisée, même si cela joue souvent sur les nerfs. Et même s'il est devenu évident que la Russie allait encore intensifier ses attaques contre les civils. Comme à Kramatorsk, l'une des dernières villes de l’oblast de Donetsk contrôlées par l’Ukraine, verrou stratégique, mais fragile.
L'une de ses lignes de défense, avec fossés, blocs de béton et barbelés, a été sérieusement endommagée par les Russes. La route n'est donc plus sécurisée, l'armée ukrainienne a abandonné ses checkpoints et des drones ont réussi à passer sous les filets. "La situation ne s’améliore pas malheureusement… Elle se dégrade", glisse, par téléphone, le sergent-chef Krahmaliouk, de la 24e brigade, qui contrôle la zone. Il explique notamment qu'en face, les Russes ont déployé "Rubikon", l'unité d’élite spécialiste des drones. "L'ennemi mobilise un maximum de moyens, il a concentré beaucoup d’hommes, beaucoup de matériel. Il frappe aussi bien les zones civiles que les axes logistiques. Ça complique notre travail. De notre côté, on manque d’effectifs, en particulier de militaires qualifiés et expérimentés. Donc oui, les Russes avancent, mais très très très lentement", défend-il.
Ici, à la différence de Kharkiv, l’objectif des Russes est bien de prendre Kramatorsk, puis Sloviansk pour contrôler l’ensemble de la région de Donetsk.
Une "kill zone" qui s'étend
Pour les civils dans la zone, le risque est de voir s'étendre la "kill zone" : si le front de la guerre ne bouge pas, cette zone à portée des drones russes, elle, s'étend : les engins pénètrent de plus en plus loin dans le territoire ukrainien, atteignant des villes comme Sloviansk.
Dans cette ville de l'oblast de Donetsk, les stigmates de la guerre étaient moins visibles il y a encore un an : moins d'immeubles détruits, moins de fenêtres protégées par des panneaux de contreplaqué contre les explosions, moins de brouilleurs de drones sur les véhicules militaires et aucun filet de protection installé dans le centre-ville...
Dans ce décor un peu lugubre, Liubov, 62 ans, manucure impeccable et chevelure cuivrée flamboyante. Son quartier a été bombardé deux fois en mai. Elle a tout de même décidé de revenir dans la ville et d'y rester. "Les filets, c'est un soutien moral, mais ils ne fonctionnent que contre les petits drones, explique-t-elle. À une maison d'ici, une bombe d'une tonne et demie est tombée du ciel. Face à ça, c'est impossible de se cacher. Les autorités insistent pour que les familles avec enfants quittent la ville, parce que le front se rapproche. Donc, les gens partent".
Et Liubov de conclure : "Mais chaque ville tient grâce à un certain nombre d'Ukrainiens qui croient qu'en aucun cas l'armée ne laissera les Russes entrer. C'est pour ça que moi je reste !" La moitié des habitants ont déjà quitté la ville.
À surveiller
Perspective IA — des possibilités, pas des certitudes
Russia will continue to intensify attacks on civilian areas and logistical routes.
Très probable · En quelques semaines
Ukraine will continue to appeal for and potentially receive more US aid, particularly air defense systems.
Probable · En quelques semaines
Russia will attempt to advance towards Kramatorsk and Sloviansk.
Probable · En quelques mois
Questions ouvertes
- Will the US provide the requested air defense systems?
- What is the exact number of Russian forces and equipment deployed?
- How will the lack of qualified personnel affect Ukraine's defense capabilities?
- What is the long-term psychological impact on civilians adapting to war?




