Christophe Gleizes : la Cour suprême algérienne rejette le pourvoi du parquet, une grâce présidentielle possible
La balle est désormais dans le camp du président algérien. Les avocats de Christophe Gleizes, journaliste français emprisonné depuis un an en Algérie, ont annoncé, mercredi 3 juin, le rejet d’un pourvoi en cassation du parquet qui « clôture » la procédure judiciaire, ouvrant la voie à une possible grâce du président Abdelmadjid Tebboune.
Dans un arrêt rendu le 25 mai, la Cour suprême a « définitivement statué » : elle a « pris acte du désistement du pourvoi » de Christophe Gleizes et a « rejeté au fond » celui introduit par le parquet, ont déclaré les avocats Amirouche Bakouri et Emmanuel Daoud dans un communiqué. Ce pourvoi en cassation déposé par le procureur général constituait le dernier obstacle à une éventuelle grâce présidentielle.
« Le débat juridictionnel étant désormais clos, l’avenir de Christophe Gleizes relève à présent des prérogatives discrétionnaires du président » Abdelmadjid Tebboune, ont-ils ajouté, à propos de la grâce du journaliste réclamée par sa famille. L’avocat algérien et son collègue français ont dit exprimer « formellement le vœu » qu’une « mesure de grâce présidentielle soit accordée dans les plus brefs délais, afin d’apporter un dénouement rapide et humain à cette affaire ». Deux demandes de grâce présidentielle étaient restées sans réponse, en décembre 2025 et en février.
Condamné pour « apologie du terrorisme »
Collaborateur du groupe So Press (So Foot, Society, etc.), le reporter de 37 ans s’était rendu en Algérie en mai 2024 pour réaliser un reportage sur la Jeunesse sportive de Kabylie, le grand club de football de Tizi Ouzou. Arrêté, il avait été placé sous contrôle judiciaire pendant près d’un an puis condamné, le 29 juin 2025, à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national », une peine confirmée en appel en décembre dernier. La justice algérienne lui reprochait des entretiens avec des personnalités liées au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie, classé comme une organisation terroriste par Alger depuis 2021.
La décision de la Cour de cassation « ouvre la voie à une grâce présidentielle, seule issue pour le drame humain que vivent Christophe Gleizes et sa famille », a réagi auprès de l’Agence France-Presse Thibaut Bruttin, le directeur général de Reporters sans frontières, qui chapeaute le comité de soutien à M. Gleizes. « A quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde », qui démarre le 11 juin aux Etats-Unis, au Mexique et au Canada, « il est indispensable que Christophe retrouve les siens et la tribune presse des stades », a-t-il ajouté.





