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Immigration en France : les entrées en baisse, le solde migratoire au plus haut depuis 1962
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Immigration en France : les entrées en baisse, le solde migratoire au plus haut depuis 1962

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Dans une nouvelle étude, publiée jeudi 4 juin, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) analyse l'évolution de l'immigration en France, à l'aune des résultats du recensement. Franceinfo vous en résume les principales conclusions en quatre graphiques.

Des entrées sur le territoire en baisse en 2024

En 2024, l'Insee a dénombré l'entrée sur le territoire français de 313 000 immigrés, c'est-à-dire de personnes nées étrangères à l'étranger. Ce chiffre est en baisse par rapport aux années récentes : -10% par rapport à 2023 et -16% par rapport à 2022. Ces entrées sur le territoire "retrouvent leur niveau de 2019, après quatre années marquées par la crise sanitaire et la guerre en Ukraine", relèvent les auteurs de l'étude à propos de l'évolution du nombre d'entrées sur le territoire.

L'Insee explique le pic de 2022 (375 000 entrées) par la sortie progressive de la crise sanitaire ainsi que par le déclenchement de la guerre en Ukraine. La France a ainsi enregistré l'arrivée de 46 200 Ukrainiens en 2022, contre 1 700 en 2021. Cet afflux de réfugiés venu d'Europe de l'Est a ensuite diminué. En 2024, l'Insee ne recensait plus que 5 800 entrées d'Ukrainiens en France. Un chiffre en baisse, mais qui reste tout de même plus élevé que pour les années précédant le déclenchement de la guerre (autour de 2 000 par an en moyenne).

L'Afrique, premier continent d'origine des immigrés en France

Les personnes immigrées, entrées en France en 2024, sont d'abord nées en Afrique pour près de la moitié d'entre elles (144 000). Suit ensuite l'Europe (83 000), l'Asie (57 000) et enfin l'Amérique et l'Océanie (30 000). L'Insee précise également la situation socioprofessionnelle des immigrés entrés en 2024 selon leur continent d'origine. La part des personnes de plus de 15 ans en emploi ou en étude est de 73% pour celles originaires d'Europe, de 53% pour celles nées en Asie et de 50% pour celles originaires d'Afrique.

L'analyse des niveaux de diplôme montre par ailleurs une forte proportion de diplômés de l'enseignement supérieur parmi les immigrés. En 2024, l'Insee dénombre 51% de diplômés de l'enseignement supérieur parmi les immigrés entrés sur le territoire national, contre 34% pour l'ensemble de la population du même âge résidant en France. "Ce constat relève à la fois d'un effet de structure (les entrants sont plus jeunes) mais aussi d'un effet de sélection : les personnes qui immigrent en France sont souvent issues des fractions les plus éduquées de leur pays", expliquent les auteurs de l'étude.

Un solde migratoire au plus haut sur 60 ans

Le croisement des chiffres des entrées avec ceux des sorties du territoire national indique que l'année 2022 a été marquée par un solde migratoire historiquement haut. Avec un nombre de sorties (26 000) au plus bas et un nombre d'entrées (375 000) au plus haut depuis au moins 2006, le solde pour les immigrés était de +348 000 pour l'année 2022. Interrogé par franceinfo, l'Insee n'a pas d'explication à la chute de 80% du nombre de sorties d'immigrés entre 2021 et 2022. Par ailleurs, les chiffres des sorties de 2023 et 2024 ne sont pas encore connus.

Après croisement avec le solde négatif (-78 000) entre les Français expatriés qui quittent le territoire national et ceux qui y reviennent, l'Insee conclut à un solde migratoire total de +271 000 personnes en 2022. Le plus haut niveau depuis 1962, le "dernier pic atteint suite à l'indépendance de l'Algérie", rappellent les auteurs de l'étude. L'Insee constate que ce solde migratoire est trois fois plus élevé entre 2017 et 2022 qu'entre 2006 et 2016, au point même de maintenant dépasser le solde naturel, c'est-à-dire la différence entre le nombre de naissances et de décès. "La croissance de la population s'explique de plus en plus par le solde migratoire", notent les auteurs.

La croissance de la part des immigrés dans la population

La population immigrée en France poursuit sa croissance, aussi bien en effectif qu'en pourcentage de la population totale. En 2025, l'Insee estime à 7,97 millions le nombre d'immigrés résidant en France, soit 11,6% de la population résidant sur le territoire national. Des chiffres en forte croissance depuis le début des années 2000 que l'Insee explique par "l'augmentation de la population immigrée et la baisse de la fécondité".

Les hausses de 2024 et 2025 doivent cependant être nuancées par un changement de méthodologie dans la manière dont l'Insee mène ses enquêtes. La mise en place de questionnaires numériques à partir de 2024 accessibles sur tout support, smartphones compris, a permis aux ménages qui n'ont accès à Internet que via leur téléphone de répondre plus facilement. "Ce basculement de pratique concerne plus particulièrement la population immigrée, dont le taux de réponse par Internet a augmenté bien plus rapidement que la moyenne", explique l'Insee dans une note méthodologique.

This article was originally published by France Info.

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