Lyon : la Sécurité sociale condamnée à rembourser des soins de transition
Dans quatre décisions rendues le 29 avril, le tribunal judiciaire de Lyon a condamné la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) du Rhône et la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) à prendre en charge les frais médicaux de transition de genre de quatre plaignants.
Les caisses d’assurance maladie avaient refusé les modalités de remboursement d’opérations de mammectomies, qui consiste à retirer les glandes mammaires, estimant que les conditions de prise en charge au titre de l’affection longue durée n’étaient pas remplies, notamment pour l’un des requérants, mineur au moment des faits, et que «la prise en charge des actes en rapport avec le transsexualisme est une procédure exceptionnelle» qui répond à des critères non remplis dans les cas présents selon elle.
Des « atteintes à la vie privée »
Les juges lyonnais ont estimé qu’il s’agissait «d’une atteinte à la vie privée des requérants et une discrimination en raison de l’identité de genre» en se fondant sur les articles 8 et 14 de la convention européenne des droits de l’homme et sur la réglementation européenne relative à la protection des données personnelles.
Les caisses d’assurance maladie ont été condamnées à verser à chacun des demandeurs des sommes allant de 2000 à 3000 euros au titre du préjudice moral et à la prise en charge des frais de santé en lien avec la transidentité. Le tribunal judiciaire a toutefois débouté les requérants sur leur demande «tendant à ordonner à la CPAM du Rhône de prendre en charge tous les soins en lien avec leur parcours de transition, y compris les interventions chirurgicales».
La CPAM et la CNAM ont également été condamnées à verser des dommages et intérêts de 500 euros chacune dans les quatre affaires aux associations SOS Homophobie, le Centre LGBTI de Lyon, Chrysalide, le Collectif Fiertés en Lutte, Fransgenre, le Planning familial du Rhône et la Fédération LGBTI+.





