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Marjane Satrapi, autrice de Persepolis, est décédée à Paris à 56 ans
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Marjane Satrapi, autrice de Persepolis, est décédée à Paris à 56 ans

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Yayıncı
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Marjane Satrapi était « une immense artiste qui avait transformé une enfance iranienne en fable universelle » a salué Emmanuel Macron, jeudi 4 juin, peu de temps après l’annonce de sa mort à Paris, à l’âge de 56 ans. Le président de la République a mis en avant dans un communiqué l’œuvre la plus célèbre de l’artiste franco-iranienne, la saga autobiographique Persepolis (L’Association, 2007), « un immense succès populaire ». « Avec son œil d’enfant, son ironie, sa tendresse, ses démons intérieurs, l’auteure créa un monde bouleversant dans lequel s’identifièrent les lecteurs », a souligné le chef de l’Etat.

« Marjane Satrapi morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie », ont annoncé ses proches dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse. Producteur, acteur et scénariste, Mattias Ripa est mort le 8 avril 2025.

Arrivée en France en 1994, naturalisée en 2006, Marjane Satrapi avait connu la consécration avec sa bande dessinée Persepolis, dans laquelle elle racontait son enfance en Iran sous le joug des mollahs, la répression subie par le peuple iranien et son douloureux départ vers l’Europe. D’un trait simple, servi par des planches en noir et blanc, Marjane Satrapi avait dépeint la grande complexité de la société iranienne et le choc intime et politique provoqué par l’arrivée au pouvoir de l’ayatollah Khomeini en 1979.

Lire l’entretien avec Marjane Satrapi (en 2020) : Article réservé à nos abonnés Marjane Satrapi : « A 10 ans, je m’entraînais à devenir une prisonnière politique »

« Une artiste géniale, libre et créative »

De nombreuses personnalités ont salué sa mémoire. A l’image de Bernard Cazeneuve, qui s’est dit « profondément attristé » par sa disparition. L’ancien premier ministre de François Hollande a rendu hommage, sur le réseau social X, à « une artiste majeure ». « Franco-iranienne, elle incarnait, par son art comme par son courage, le lien entre deux grands pays dont l’histoire et la culture doivent tant à la force des femmes », a-t-il écrit.

Son pays natal, où elle a grandi dans une famille d’intellectuels et qu’elle a quitté en 1994, a irrigué toute l’œuvre de cette diplômée de l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. Paru en 2003, l’album Broderies mettait en scène un florilège d’anecdotes de femmes iraniennes. En 2005, un autre de ses albums situé en Iran, Poulet aux prunes, avait décroché le Prix du meilleur album à Angoulême.

« Quelle tristesse. On perd aujourd’hui une artiste géniale, libre et créative. Elle aimait profondément l’Iran et la liberté de son peuple l’aura animée toute sa vie », a déclaré, sur X également, le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire.

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a elle aussi affirmé que l’autrice « avait fait de son œuvre un acte de liberté ». « Avec Persepolis, elle avait donné un visage et une voix à la révolution iranienne, portant haut le combat pour la liberté et la dignité des femmes. La France perd une artiste immense. »

« Pour plusieurs générations de femmes, elle a été une icône. De la liberté du peuple iranien, et en particulier des femmes, face à la tyrannie des mollahs », a souligné la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, ajoutant : « Puisse son œuvre irrésistible et son souvenir, celui d’une femme follement libre, drôle et talentueuse, nous guider à l’avenir. »

Refus de la Légion d’honneur

« Avec Persepolis et toute son œuvre, elle a permis à des millions de personnes de découvrir les réalités vécues par le peuple iranien, par les femmes et la jeunesse confrontées à l’intégrisme religieux », a pour sa part estimé le patron du Parti communiste français, Fabien Roussel.

« Marjane était une artiste extraordinaire et une femme attachante qui incarnait la joie de la création et la tristesse de l’exil et des mémoires douloureuses. Nous la pleurons ce matin », a réagi Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, dans une déclaration à l’AFP.

Dans une story publiée sur Instagram, la dessinatrice Pénélope Bagieu s’est dite « sidérée » par cette nouvelle et a salué une personne « décisive » pour elle et beaucoup d’autres artistes femmes. « Je pense à nous toutes à qui elle a ouvert une porte, un possible », a-t-elle écrit.

« Tu as changé le monde avec des bandes dessinées et tu t’en foutais des bandes dessinées. J’ai perdu ma sœur jumelle », a réagi sur Instagram le dessinateur Joann Sfar.

« Son œuvre a ouvert une voie que beaucoup ont suivie, et moi le premier », a complété Riad Sattouf, auteur franco-syrien de L’Arabe du futur.

« L’écouter parler des femmes, de l’Iran, de la liberté d’expression, de la liberté tout court, donnait de l’énergie et de l’espoir. C’était une femme radicalement libre », a affirmé sur Instagram l’autrice et illustratrice Catherine Meurisse.

Marjane Satrapi avait refusé la Légion d’honneur en janvier 2025 en raison de ses « principes » et de son « attachement » à sa « patrie de naissance ». « Je ne peux ignorer ce que je perçois comme une attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l’Iran », expliquait-elle, alors que son pays d’origine connaissait une nouvelle vague de répression. Elle évoquait également une « marque de solidarité avec les Iraniens, surtout avec les femmes et avec la jeunesse iranienne, mais aussi avec [ses] compatriotes français retenus en otage en Iran ».

This article was originally published by Le Monde.

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