RDC: Ebola Bundibugyo, le dilemme du vaccin Ervebo
La République démocratique du Congo (RDC) a-t-elle le temps d’attendre le développement de nouveaux vaccins pour contrer l’épidémie de virus Ebola qui la frappe ? Le vaste pays d’Afrique centrale affronte depuis plusieurs semaines une épidémie causée par la très rare souche Bundibugyo. Une cinquantaine de personnes en sont déjà mortes, pour quelque 320 cas confirmés (le nombre de cas suspects est estimé de 116 à plus de 1 100 selon les sources).
Si des chercheurs du monde entier se mobilisent pour accélérer la production de vaccins visant spécifiquement cette souche Bundibugyo, un débat émerge parmi les experts : pourquoi ne pas avoir recours au seul vaccin actuellement disponible ?
Ervebo, produit par le laboratoire américain Merck, a été validé en 2019 par la Commission européenne et la Food and Drug Administration américaine, et a montré, depuis, un grand profil de tolérance, sans effets indésirables notables. Il a présenté une excellente efficacité contre la souche Zaïre, principale responsable des épidémies d’Ebola. Mais les preuves de son action contre Bundibugyo restent limitées. Certes, une étude menée en 2011 sur des primates a établi que les singes vaccinés avaient une meilleure survie contre Bundibugyo que les non-vaccinés, mais l’étude ayant été menée sur très peu d’animaux, elle n’a pas été considérée comme concluante. D’autres études menées sur des primates ont par ailleurs montré qu’Ervebo n’offrait qu’une protection réduite contre d’autres souches du virus.





