Baignade dans la Seine : le fleuve parisien plébiscité par les habitants et les sportifs
Entre vagues de canicule, héritage des Jeux de Paris 2024 et championnats d'Europe, la baignade dans la Seine s'impose durablement dans le quotidien des Parisiens.
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Devenue baignable pour le public à l'été 2025, la Seine séduit de plus en plus de Parisiens pour se rafraîchir face aux canicules et pratiquer la natation, portée par les investissements post-JO.
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La baignade dans la Seine était interdite pendant 102 ans avant l'ouverture des sites pour le grand public après les Jeux de Paris 2024.
"Je n'entends plus personne aujourd'hui remettre en question le principe de la baignade dans la Seine et son intérêt", assénait en début d'été Antoine Guillou, l'adjoint à la mairie de Paris, en charge de la Seine et des canaux, à la veille de la réouverture des trois sites dédiés dans le fleuve parisien. Et pour cause : les Parisiens sortaient alors d'une vague de canicule, particulièrement forte, avec dix journées consécutives au-dessus de 35°C, des nuits tropicales étouffantes et la recherche de points d'eau aux quatre coins de la capitale. "Le phénomène climatique a fait sauter beaucoup de barrières", confirme Laurent Neuville, ancien nageur qui a participé aux Jeux de Los Angeles 1984 et Séoul 1988, et désormais porte-étendard de la nage en eau libre pour tous.
Mais cette augmentation des températures, liée au dérèglement climatique, n'est pas l'unique raison pour laquelle les habitants de Paris se sont réapproprié leur Seine. Baignable pour le quidam depuis l'été 2025, après des JO réussis en 2024 où nageurs d'eau libre et triathlètes ont montré le chemin, le fleuve parisien est désormais une solution pour se rafraîchir l'été, nager loin des lignes d'eau surchargées et profiter d'un accès à la rivière en pleine ville.
Il sera aussi le théâtre, du 4 au 8 août, des championnats d'Europe de natation, puisque les épreuves d'eau libre et de plongeon de haut-vol s'y déroulent. "Amener cette compétition-là en cœur de ville est la preuve que tout le travail effectué en amont des Jeux de Paris sur la qualité de l'eau de la Seine est un avantage sur le long terme, et permet à tous d'en profiter", s'est d'ailleurs réjoui Maxime Sauvage, adjoint aux Sports auprès du maire de Paris. Et elle n'est sans doute pas étrangère à l'engouement suscité par l'eau libre ces dernières années. "Depuis l'an dernier, on sent vraiment une différence et on a pour la première fois un nombre de pratiquants supérieur à celui d'avant-Covid", explique encore Laurent Neuville qui a réussi à organiser la traversée de Paris à la nage, une course de 8,5 kilomètres qui a eu lieu en juillet dans la Seine, "une première depuis 80 ans", assure-t-il.
Une demande qui va crescendo
En vogue sous l'Ancien Régime mais interdite pendant 102 ans, la baignade dans la Seine rentre donc de nouveau dans les habitudes, 37 ans après la promesse non tenue de Jacques Chirac, alors maire de la capitale. "Aujourd'hui, la question n'est plus 'faut-il se baigner ?' mais 'pourquoi ne fait-on pas plus en faveur de la baignade dans la Seine?'", assure encore à franceinfo: sport Maxime Sauvage, qui rappelle l'une des promesses de campagne d'Emmanuel Grégoire, à savoir ouvrir la "plage de la Bastille", en rendant accessible à la baignade estivale le bassin de l'Arsenal.
L'adjoint aux sports cite en cascade une accélération de la formation de maîtres-nageurs, ainsi que la mise en place de cours spécifiques pour les plus jeunes pour "apprendre à nager en eau vive". "Nous défendons le 'droit à l'eau', et la baignade estivale dans la Seine ou sur le bassin de la Villette est autant d'atouts, en plus des bassins éphémères aux portes de Paris, pour absorber la demande", précise-t-il encore.
"Notre meilleure manière de proposer des espaces de baignade supplémentaires, ce n'est pas tant de construire de nouvelles piscines qui prennent du temps et de l'espace mais de développer ces sites de baignade estivale."
Maxime Sauvage
à franceinfo: sport
Pour parvenir à satisfaire ces demandes, la mairie de Paris a également dû travailler avec différents acteurs, notamment ceux qui exploitent la Seine à des fins économiques. Couper la circulation fluviale ou l'interrompre plusieurs heures n'est pas des plus aisés. "Sur le bras de Grenelle [l'un des trois sites de baignade dans Paris intra-muros], on a travaillé sur des compromis par rapport à la navigation, avance Antoine Guillou. C'est plus compliqué le week-end et il a fallu faire au mieux pour toutes les parties", ajoute l'adjoint à la Seine et aux canaux. Ce que confirme Laurent Neuville, qui assure qu'aujourd'hui, "le plus compliqué est d'obtenir un arrêt de la navigation plutôt que d'obtenir une eau baignable. Concernant la partie sanitaire, les protocoles sont très suivis par l'ARS et ne présentent plus d'incertitudes", garantit-il encore alors qu'il n'a obtenu l'autorisation pour l'Open Swim de Paris que quelques jours auparavant des autorités compétentes.
Une baignade très encadrée
En plus de ces accords multipartites, la baignade dans la Seine est donc soumise à de stricts contrôles concernant la qualité de l'eau. Des contrôles effectués au mois de juin, sur une vingtaine de jours environ, en amont de l'ouverture des sites, ont révélé que deux journées seulement n'auraient pas pu ouvrir à la baignade. "Pour l'instant, il y a une vraie appétence à se baigner mais on sait que si assez vite, les gens se rendaient compte que l'eau était impropre à la baignade, que les gens avaient des nausées, la tendance s'inverserait", analyse Maxime Sauvage, qui assure qu'"on est très contrôlés par l'ARS".
D'ailleurs les tests effectués en 2025 ont révélé que tous les jours où les bassins dans la Seine ont été ouverts au public, l'eau était bien baignable, et que les travaux gigantesques lancés en vue des Jeux de Paris ont porté leurs fruits. "Je n'ai pas d'appréhension de plonger à Paris parce que déjà, pour le plongeon, ce n'est pas comme l'eau libre, on reste peu de temps sous l'eau, tranche Madeleine Bayon, membre de l'équipe de France de haut-vol.
"Dans la Seine, contrairement au site Red Bull en Bosnie, 80% des athlètes ne vomissent pas après leurs sauts".
Madeleine Bayon
à franceinfo: sport
La plongeuse française, qui a effectué sa première compétition sur le Red Bull Cliff Diving World Series en 2023, est confiante concernant les tests effectués et se réjouit de revenir sur ce spot de compétition. "La Seine va redevenir un site sportif, l'occasion de montrer qu'elle n'est pas seulement un lieu de tourisme avec les bateaux-mouches ou de transport fluvial, mais qu'elle est aussi un endroit où on fait du sport, que ce soit en loisir ou en compétition", conclut l'adjoint aux Sports.
Bundan Sonra Ne Olabilir?
Yapay zekâ öngörüsü — kesinlik taşımaz
Tenue des championnats d'Europe de natation du 4 au 8 août
Çok muhtemel · Günler içinde
Açık Sorular
- Quels seront les impacts à long terme sur la circulation fluviale?
- Comment évoluera la qualité de l'eau lors de futurs épisodes de pollution?





