Booba condamné pour cyberharcèlement et injures discriminatoires contre une journaliste
Hızlı Bakış
- Le rappeur Booba a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 30.000 euros d'amende pour cyberharcèlement et injures discriminatoires envers la journaliste Linh-Lan Dao.
- Le tribunal a reconnu sa responsabilité de "chef de meute" dans le déclenchement d'une vague de harcèlement.
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Le rappeur Booba a été condamné pour cyberharcèlement et injures publiques à caractère discriminatoire envers la journaliste Linh-Lan Dao. La journaliste avait publié un article fact-checking une rumeur relayée par le rappeur, qui avait ensuite réagi en publiant des messages visant la journaliste et déclenchant une vague d'acharnement.
Le rappeur Booba a été condamné ce mardi 2 juin à trois mois de prison avec sursis et 30.000 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Paris pour cyberharcèlement et injures publiques à caractère discriminatoire à l’encontre de la journaliste de franceinfo.fr Linh-Lan Dao par le tribunal correctionnel de Paris. À l’audience - un renvoi après que l’artiste ne s’était pas présenté le 9 décembre 2025 -, qui s’était déroulée le 1er avril dernier également en l’absence de l’artiste de 49 ans, le ministère public avait requis huit mois d’emprisonnement assortis d’un sursis simple, 30.000 euros d’amende et la participation à un stage de lutte contre la haine en ligne.
«Je suis satisfaite. Ce qui est très important, c’est que le tribunal a reconnu que Booba avait une responsabilité de chef de meute et qu’en publiant ses messages malveillants et répétés contre ma cliente, il allait nécessairement déclencher la vague de cyberharcèlement dont elle a été victime. C’est une avancée significative que le tribunal ait retenu la responsabilité de Booba comme chef de meute», a réagi auprès du Figaro Maître Ilana Soskin.
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Élie Yaffa, son nom à la ville, a également été condamné à 20.000 euros d’amende pour injures envers Tristan Mendès France, essayiste et spécialiste des cultures numériques. Dans cette seconde affaire, la procureur de la République avait requis quatre mois d’emprisonnement assortis du sursis simple et 20.000 euros d’amende.
«Une cible dans le dos»
L’affaire remonte à janvier 2024. Le 26, Linh-Lan Dao, aujourd’hui âgée de 38 ans, publie un article dans la rubrique de fact-checking «Vrai ou Faux» du site franceinfo.fr au sujet d’une rumeur relayée sur son compte X par Booba au sujet d’un lien entre vaccin à ARN messager et maladie de Creutzfeldt-Jakob. Le rappeur avait, en réaction, publié plusieurs messages - trois étaient jugés le 1er avril - sur X, où il est suivi par plus de six millions de personnes, visant la rédactrice et déclenchant par ricochets une vague d’acharnement.
Après le dépôt de plainte, une enquête avait été ouverte par l’OCLCH, l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité. Le 13 juin 2025, Linh-Lan Dao est entendue par les enquêteurs et affirme que Booba «lui a mis une cible dans le dos». Elle ajoute avoir reçu des messages racistes, transphobes. Des séquelles psychologiques sont alors constatées par les expertises et une incapacité de travailler de sept jours est décrétée. En garde à vue, Booba reconnaît que le compte X depuis lequel ont été envoyés les messages est le sien mais réfute être un chef de «paroisse» ou le quelconque «gourou d’une secte». Le rappeur maintient ne plus se souvenir des messages ni du contexte, y voyant plus du «charriage» qu’autre chose et plaide même un hommage à la culture asiatique.
«Je suis là pour vous parler de dignité. J’estime avoir été jeté en pâture par Monsieur Yaffa à ses abonnés, tout cela parce que j’ai fait mon travail, avait déclaré Linh-Lan Dao le 1er avril devant le juge et en l’absence du rappeur. Ça m’a démolie. “On dit un nem ou une nem ?”, “Elle est bonne la Chinoise”. Voilà les messages que j’ai reçus. Je ne l’ai pas attaqué. J’ai juste écrit un article le concernant.»
«J’ai l’impression d’être une piñata. Et quand il dit que je pouvais ne pas voir les messages... X est mon outil de travail», avait-elle déploré, précisant avoir connu a posteriori «des troubles du sommeil» et «de l’anxiété». «J’ai eu peur qu’un membre de la Piraterie (les fans de Booba, NDLR) retrouve mon domicile», a-t-elle ajouté. «Il ne fait aucun doute que Monsieur Yaffa est l’instigateur de cette vague de cyberharcèlement» qui a duré «quelques semaines» et a «eu un impact sur ma carrière» avait conclu Linh-Lan Dao, qui a depuis changé de service au sein de France Info.
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«Racisme anti-asiatique»
«Ce procès est à la croisée de beaucoup de chemins. Celui d’une journaliste. Celui du Covid et des théories complotistes. Celui d’une femme attaquée, de ses origines. Et celui de l’information», avait proclamé l’avocate de la plaignante Maître Ilana Soskin. «Le racisme anti-asiatique est moins souvent jugé, il est plus spécifique. Ses ressorts sont souvent l’humour, comme les blagues culinaires. Il va falloir que les critères de votre juridiction s’y adaptent. Les propos tenus par Booba sont loin d’être anodins.» Un argumentaire repris à l’audience par l’avocat de l’Association des jeunes chinois de France (AJCF), constituée partie civile.
Selon Ilana Soskin, le rappeur ne pouvait pas ne pas être au courant de la vague de haine déclenchée par ses propres messages sur X : entre chacune de ses trois publications, des «milliers» de messages haineux ont abondé. «Booba a participé à cette meute», avait affirmé Me Ilana Soskin, pour qui «chez Booba, cyberharceler est une trajectoire» et non un accident de parcours. «C’est son modus operandi. C’est un chef de meute.» L’ex-membre du groupe Lunatic est actuellement mis en examen dans deux autres dossiers de harcèlement moral en ligne. Le premier depuis octobre 2023 contre l’ex-«reine des influenceurs» Magali Berdah. Le 28 février dernier, le ministère public a requis un renvoi en correctionnelle contre le rappeur, réclamant qu’il soit jugé pour un harcèlement en ligne ayant duré de mai 2022 à juin 2025 et ayant altéré la santé de Magali Berdah. Le second depuis octobre, contre Demdem, ex-compagne de son rival, Gims - lui-même mis en examen dans une affaire de blanchiment en bande organisée.
«Quand on lit l’audition d’Élie Yaffa, on se rend compte que pour lui c’est enfantin, c’est léger», avait enfin fustigé la procureur, tout en pointant du doigt le «sentiment d’impunité» de l’artiste aux trois millions d’exemplaires vendus qui était déjà, à l’époque des faits, sous contrôle judiciaire pour cyberharcèlement dans l’affaire Magali Berdah. «Il doit se sentir responsable.»
À la barre, Marie Roumiantseva avait exhorté les juges à ne se concentrer que sur les publications postées par son client et à traiter ce dernier «comme n’importe quel justiciable». Avant de rappeler le combat de Booba contre les pratiques commerciales trompeuses. Une croisade au cours de laquelle l’artiste s’est attaqué à Magali Berdah et qui, selon Me Roumiantseva, lui vaut aujourd’hui sa réputation de «harceleur». La défense s’était ensuite évertuée à séparer les propos tenus par Booba dans ses publications et ceux tenus par d’autres utilisateurs à l’encontre de la journaliste.
«Nez avant la honte»
S’agissant de Tristan Mendès France, qui a pris à l’époque la défense de Linh-Lan Dao sur X, Booba devait répondre de messages postés sur le réseau social en janvier 2024 dans lesquels il avait écrit à l’endroit de l’essayiste : «Il est nez avant la honte», accompagné d’une photographie de la victime accolée à une autre du tueur en série Francis Heaulme, ou encore d’avoir écrit «nezfaste».
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- What are the specific details of Booba's other ongoing legal cases?
- What is the current status of Booba's "crusade" against deceptive commercial practices?
- Will Booba appeal the sentence?
- What is the long-term impact on Linh-Lan Dao's career and well-being?


