Cannes 2026: The film festival ends with a focus on female directors
Hızlı Bakış
- The 79th Cannes Film Festival concludes with a focus on female directors, showcasing the final films competing for the Palme d'Or.
- After a slow start, the festival gained momentum in its second week, with several films receiving critical acclaim.
Yapay zekâ özeti
L’orgie de cinéma va bientôt prendre fin. Ce vendredi est une journée 100% réalisatrices. Se dévoilent les deux derniers films en lice à la palme d’or. Après avoir commencé de manière très poussive multipliant les déceptions, cette 79e édition a retrouvé des couleurs en seconde semaine. Fjord , Minotaure, Notre Salut, La Bola Negra ont réussi à surprendre et épater. De quoi confirmer l’adage que la palme d’or se révèle toujours en fin de compétition ?
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L’HISTOIRE DU JOUR
L’inquiétude de Christophe Honoré
Jeudi, le cinéaste Christophe Honoré a appelé la société et le monde du cinéma à la «vigilance». À un an d’une élection présidentielle qui pourrait porter au pouvoir un parti «réactionnaire», il a estimé que signer des tribunes ne suffirait pas — en référence directe à la pétition anti-Bolloré.
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Une tribune dénonçant «l’emprise grandissante de l’extrême droite» dans le cinéma sous l’influence de Vincent Bolloré a récolté plus de 2000 signataires, selon le collectif Zapper Bolloré. Pour Christophe Honoré, venu présenter son film Mariage au goût d’orange hors compétition officielle, «cette inquiétude (des signataires) ne traverse pas que le cinéma, elle traverse toute la société française». «Dans un an, on sait que peut nous tomber sur la figure un mouvement politique. Réactionnaire et nauséeux. Il va falloir qu’on se prenne tous en charge d’un point de vue citoyen» car «ça ne suffira pas de faire des pétitions».
Christophe Honoré s’est dit «solidaire» des signataires de la tribune anti-Bolloré, même s’il ne l’a pas paraphée, et espère «que les esprits vont un petit peu se calmer» car «il faut se rassembler». «Le cinéma français a besoin de Canal+ et a besoin d’un Canal+ libre», a-t-il tempéré. L’an dernier alors qu’il était président du jury de la Queer Palm, un prix alternatif à Cannes, il avait rapporté au magazine «Trois Couleurs» un épisode vieux d’une dizaine d’années, lors duquel Vincent Bolloré, qui siégeait au comité de validation des films, aurait déclaré qu’il ne voulait «pas de pédé, pas de syndicaliste».
Le fantôme de Freddie Mercury
«Freddie Mercury m’aidera pour le restant de mes jours», a déclaré mercredi à Cannes l’acteur-star Rami Malek, qui avait incarné le chanteur de Queen en 2018 et campe de nouveau un artiste dans The Man I Love, en lice pour la Palme d’or. «La question qui se pose souvent aux acteurs c’est +comment vous vous débarrassez d’un rôle une fois que c’est fini Mais là, je n’abandonnerai jamais Freddie», a déclaré l’acteur américano-égyptien de 45 ans qui avait crevé le grand écran dans le biopic du meneur de Queen Bohemian Rhapsody . Il réside dans mon âme et j’espère qu’il continuera à me conseiller toute ma vie», a ajouté Rami Malek, qui a puisé dans ce précédent rôle pour composer le personnage de Jimmy George dans The Man I Love, un artiste fictif, homosexuel et atteint du sida comme Freddie Mercury.
Les ressemblances s’arrêtent là: chanteur et acteur de la marge, Jimmy George évolue dans le New York underground de la fin des années 80, en pleine flambée de l’épidémie de sida. «Quand j’ai lu le script au départ, je me suis demandé si c’était trop similaire. Mais c’est un monde différent, une énergie différente et je me suis donc jeté à l’eau», dit Rami Malek. Sa performance d’artiste souffrant du sida a impressionné les critiques anglophones. Certains lui prédisent un prix d’interprétation, ce samedi.
ENTENDU À CANNES
Projeté mercredi en compétition, Notre salut d’Emmanuel Marre est le deuxième film cette année après Les Rayons et les ombres, sorti en mars, à raconter la guerre du point de vue de la collaboration. Pas de scènes de guerre ou de résistants héroïques dans ce long-métrage, qui fait le portrait d’un fonctionnaire du régime de Vichy installé à Limoges, petit rouage ordinaire d’une machine monstrueuse. Emmanuel Marre raconte en réalité l’histoire de son arrière-grand-père Henri Marre (joué par Swann Arlaud), auteur d’un livre mêlant pensée managériale et patriotisme intitulé «Notre salut», qu’il tenta de promouvoir pendant la période vichyste. Le film, qui assume une bande originale anachronique et un ton décalé dans certaines scènes, proche de la comédie satirique The Office, a reçu une des salves d’applaudissements les plus longues de cette 79e édition : onze minutes soutenues. C’est aussi un des films français, en lice à la palme d’or, le mieux reçu par les critiques internationaux.
« Aujourd’hui on peut sortir de la question de la culpabilité de la collaboration pour s’attaquer à cette mémoire fantôme, cette coupure émotionnelle [entre les faits et l’intimité]. Cela m’intéresse plus de savoir comment on peut se perdre dans la collaboration que de savoir comment on fait sauter des ponts ».
Emmanuel Marre
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LES TEMPS FORT AUJOURD’HUI
Le règne des réalisatrices
La cinéaste allemande Valeska Grisebach lâche dans l’arène de la palme d’or L’Aventure rêvée . L’histoire d’une archéologue habitant la région frontalière entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie et qui va glisser dans un monde trouble et dangereux en croisant la route de l’organisation criminelle qui contrôle sa petite ville aux confins d’une Europe délaissée.
Une dernière Française en compétition
La réalisatrice Léa Mysius va-t-elle connaître à Cannes le même coup d’accélérateur que celui qui a propulsé Justine Triet (Anatomie d’une chute ) et Coralie Fargeat (The Substance ) au sommet ? La Bordelaise de 37 ans adapte le roman à succès oppressant de Laurent Mauvignier Histoires de la nuit avec Bastien Bouillon, Monica Bellucci et Hafsia Herzi. Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés. Réponses à partir de 19 heures.
Une autre odyssée
Un Certain Regard met aussi à l’honneur pour sa clôture une réalisatrice en programmant Ulysse de Lætitia Masson, qui retrouve son actrice fétiche Élodie Bouchez pour raconter cette histoire de maternité bousculée, de différences et de handicap. Alice, chercheuse en sociologie découvre qu’elle est enceinte. Vladimir, son mari, exulte. Ce sera un garçon ! Ils l’appelleront Ulysse. Sauf qu’à un an, Ulysse ne rentre pas dans les courbes. Trop petit, trop maigre. Les pédiatres s’interrogent et le verdict tombe : syndrome génétique. Ulysse ne sera pas comme les autres. Mais comment sera-t-il ? Mystère. Commence alors la très particulière odyssée d’Ulysse : marcher, parler, apprendre, comprendre, s’épanouir. Alice se lance dans l’aventure, déterminée à ce qu’Ulysse trouve sa place dans le monde.
Agnès Jaoui se confronte à MeToo
La réalisatrice et actrice française plonge,, avec L’objet du délit, dans les coulisses d’une ambitieuse production de l’opéra Les Noces de Figaro. Les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour, et comme toujours chez Agnès Jaoui, le rire n’est jamais loin du drame. Au générique se côtoient Agnès Jaoui, Daniel Auteuil et Eye Haïdara, maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture. Le film, présenté à 22 heures hors compétition, sort en salle, ce 27 mai.
HIER SUR LA CROISETTE
L’uppercut de La Bola negra
Aurait-on enfin un candidat renversant et consensuel à la palme d’or ? Le duo de réalisateurs, tout juste quadras, Javier Calvo et Javier Ambrossi avait subjugué le festival Séries Mania avec leur portrait âpre, onirique, édifiant, d’une Espagne délétère et déclassée La Mesias . Ils ont fait coup double à Cannes avec La Bola Negra , adaptation du roman inachevé La Boule noire de Federico García Lorca. Soit le destin de trois homosexuels à trois périodes différentes en Espagne. 1932, 1937, 2017 et un même fil invisible de désir, de douleur et d’héritage. Le héros de la série jeunes adultes Elite Miguel Bernardeau, Glenn Close et Penélope Cruz traversent ainsi les époques.
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«On ne les connaissait pas - notre inculture est sans limites. De Javier Ambrossi et Javier Calvo, on n’attendait rien. Ils nous offrent tout. Il faut les voir brasser les époques, changer de style, prendre des chemins détournés et toujours retomber sur leurs pieds. On dirait que le 7e art vient d’être inventé pour eux. Il fallait sauver le soldat Cinéma. Les Javier s’y sont employés. On ne les remerciera jamais assez», salue notre critique Éric Neuhoff. De quoi donner raison aux festivaliers bien renseignés. ils assuraient que le délégué général Thierry Frémaux a sur les mains un film qui va impressionner.
Les critiques internationaux ne tarissent non plus pas d’éloges sur cette fresque, qualifiée de «shot d’adrénaline». Le critique du New York Times Kyle Buchanan résume ce sentiment de délivrance collective : «Dans une sélection où même les films les mieux reçus semblent un peu trop familiers, La Bola Negra se distingue d’autant plus par son audace et son ambition. Si ce film avait été projeté plus tôt, les gens ne qualifieraient pas ce Cannes 2026 de si mou».




