Conflit Iran-Etats-Unis : un "facteur majeur" pour les élections de mi-mandat américaines
Hızlı Bakış
- Le conflit entre l'Iran et les États-Unis, impopulaire et perçu comme s'enlisant, est un défi majeur pour les Républicains aux élections de mi-mandat.
- Malgré le déni de Donald Trump, l'impact sur le coût de la vie, notamment les prix de l'essence, inquiète les électeurs et divise le parti.
Yapay zekâ özeti
Neden Önemli?
Le conflit entre les États-Unis et l'Iran, relancé fin février, est très impopulaire auprès des Américains et est perçu comme s'enlisant, avec des conséquences économiques directes sur le coût de la vie.
Le sujet a été balayé d'un revers de main. A la Maison Blanche, mardi 21 juillet, Donald Trump a évacué l'idée d'un impact néfaste du conflit avec l'Iran, à l'approche d'élections de mi-mandat décisives. "Cela n'aura aucune incidence sur moi. Je vais simplement faire ce qu'il faut", a-t-il assuré à la presse, avant d'ajouter : "Je ne vois pas les choses sous l'angle d'une élection qui approche." Fin mai, le président américain tranchait déjà en ce sens : "Je me fiche des élections."
A Washington (Etats-Unis), Sarah Chamberlain n'a pas le même regard sur le scrutin du 3 novembre. L'Américaine dirige l'organisation Republican Main Street Partnership, qui rassemble des élus républicains de circonscriptions souvent disputées. "Chaque élection de mi-mandat est toujours un défi pour le parti au pouvoir", concède la responsable. L'affrontement au Moyen-Orient, avec ses effets sur le coût de la vie des Américains, "rend la campagne plus difficile cette année".
Une guerre parmi les plus impopulaires
Le conflit "ne les aide pas", surtout depuis la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran, confirme Clifford Young, président du pôle Affaires publiques d'Ipsos aux Etats-Unis. A ce stade, 69% des Américains sondés "désapprouvent" la manière dont l'administration Trump gère la guerre avec l'Iran, d'après une enquête Ipsos-Washington Post menée du 8 au 13 juillet. Une même majorité – 68% – estime que cette guerre ne valait pas la peine d'être lancée.
"Cela nuit à Donald Trump, et cela compromet les chances des républicains en novembre."
Clifford Young, président du pôle Affaires publiques à l'institut Ipsos aux Etats-Unis
Ces affrontements sont même parmi les plus impopulaires de l'histoire récente des Etats-Unis. Au fil des années 2000, les Américains étaient moins nombreux à penser que la guerre en Irak n'aurait pas dû avoir lieu, relève le Washington Post. L'offensive en Iran, lancée fin février aux côtés d'Israël, rejoint ainsi les périodes les plus contestées du conflit en Afghanistan. Des frappes qui divisent, et ce depuis les débuts des opérations "Fureur épique" et "Lion rugissant" contre Téhéran. Début mars, 52% des Américains dénonçaient déjà la gestion de la situation par Donald Trump, selon un sondage YouGov-The Economist.
Une base trumpiste "extrêmement solide"
"La population dans son ensemble est opposée à la guerre, et elle pense que le conflit s'enlise", appuie Ludivine Gilli, directrice de l'Observatoire de l'Amérique du Nord à la Fondation Jean Jaurès. D'après l'enquête YouGov-The Economist de juillet, près de la moitié des Américains anticipent un affrontement d'au moins un an, contre environ un tiers en mars. Un pessimisme ambiant sur la résolution du conflit, mais avec quels effets dans les urnes ?
"Il y a des ambiguïtés parmi les électeurs républicains. Le soutien à la guerre reste au même niveau parmi les électeurs "Make America Great Again" (Maga). Cette base reste fidèle à Donald Trump."
Ludivine Gilli, directrice de l'Observatoire de l'Amérique du Nord à la Fondation Jean Jaurès
Les études d'opinion sont sans appel. En avril, 79% des partisans du mouvement Maga estimaient qu'entrer en guerre était une bonne idée, selon YouGov et The Economist. Ils sont quasiment autant, 77%, à le penser aujourd'hui. "Les partisans Maga restent totalement en soutien à Donald Trump, et ils sont très motivés pour aller voter" en novembre, observe Ludivine Gilli. Donald Trump, poursuit la spécialiste, garde une base électorale "extrêmement solide", même à l'heure où le protocole d'accord avec Téhéran vole en éclats.
La guerre a néanmoins révélé des fractures. Dès les premiers jours du conflit, des visages du trumpisme ont vivement condamné l'intervention américaine, à commencer par l'animateur Tucker Carlson ou Marjorie Taylor Greene, ancienne alliée du chef d'Etat. "Nous avons voté pour l'Amérique d'abord et pour ZÉRO guerre", a-t-elle scandé sur X le jour des premières frappes sur Téhéran, qualifiant au passage l'administration de "putain de menteurs malades". Des paroles "minoritaires, mais significatives" dans la "bulle informationnelle" du trumpisme, remarque Ludivine Gilli. "Ce sont des personnes qui, quand elles parlent, sont entendues par la sphère Maga."
Hors de cette sphère, le soutien républicain à la guerre s'effrite légèrement. Aujourd'hui, 51% des républicains "non-Maga" dénoncent le déclenchement de cette dernière, selon l'étude YouGov et The Economist. "Le conflit a quelque peu affaibli l'adhésion à Donald Trump, parmi les républicains plus modérément enclins à le soutenir", résume Clifford Young. "Il s'agit des plus modérés, des libertariens ou des partisans de l'Amérique d'abord."
Le prix de l'essence, un "facteur majeur"
Reste à savoir si ces critiques républicaines liées à la guerre auront un effet, le soir du 3 novembre. "L'impact de la guerre sur l'économie sera plus important que les tendances isolationnistes de certains électeurs de Donald Trump. Le sujet numéro 1, ce sera le coût de la vie", tranche Todd Belt, professeur de gestion politique à l'université George Washington, aux Etats-Unis. Sur ce point, la reprise des frappes s'annonce "extrêmement risquée", prévient l'universitaire. En cause, une nouvelle poussée des prix des carburants, qui risque d'empirer à mesure que le conflit persiste.
Comme l'illustre le site d'information politique Axios, le prix du gallon d'essence, outre-Atlantique, est passé de près de 3 dollars en février à un pic de 4,5 dollars en mai, d'après l'Association américaine des automobilistes (AAA). Le coût du gallon a sensiblement baissé entre les négociations et le protocole d'accord, avant de s'élever à nouveau avec le retour des bombardements. "Nous voyons aussi une poussée des prix des courses", signale Todd Belt.
Au-delà des dépenses quotidiennes, la facture s'annonce très lourde pour les Américains, avec un coût total qui s'élève déjà à 1 100 dollars par ménage aux Etats-Unis, selon l'économiste Mark Zandi, cité par NPR. Autant d'indicateurs qui pourraient, début novembre, faire basculer l'élection.
"Il existe une forte corrélation entre les prix des carburants et le taux d'approbation du président. Le prix de l'essence influe sur le pouvoir d'achat, ce qui joue sur l'opinion des électeurs à l'égard du président – mais aussi sur leur vote."
Todd Belt, professeur de gestion politique à l'université George Washington
Sarah Chamberlain sait que le prix à la pompe sera "un facteur majeur" lors des midterms. A travers le pays, les élus qu'elle soutient le perçoivent déjà. "Des électeurs demandent quand les prix des carburants vont baisser. Ils ne comprennent pas pourquoi ils sont à ce niveau", dépeint-elle. Les Américains, qu'ils soient démocrates, indépendants ou républicains, s'accordent sur un point : la guerre amplifie le coût de la vie. Près de 90% d'entre eux – et 76% des républicains – en sont convaincus, selon une étude du cercle de réflexion Chicago Council on Global Affairs.
"L'impact économique de la guerre est désormais ma principale préoccupation pour ces élections."
Sarah Chamberlain, présidente de l'organisation Republican Main Street Partnership
Le trumpisme, depuis plusieurs mois, commence à perdre du terrain parmi trois groupes ayant porté le président américain au pouvoir : des électeurs blancs sans diplôme universitaire, de jeunes hommes et des électeurs hispaniques, souligne James Lindsay, du centre de recherche Council on Foreign Relations (CFR). Le coût de la vie augmentant, "on remarque un soutien en déclin chez des personnes qui ont moins de ressources", constate Clifford Young.
Une campagne sur le pouvoir d'achat
Les démocrates, dans l'opposition, pourraient bénéficier de la séquence. A ce stade, "ils ont davantage de chance du fait du contexte", estime Ludivine Gilli. Ne pas être aux affaires offre un répit, à l'image des républicains lors de l'élection présidentielle de 2024. Néanmoins, "la perception des partis républicain et démocrate reste très mauvaise", rappelle la spécialiste. Les déçus de Donald Trump n'iront pas forcément vers le camp démocrate en novembre, voire bouderont les urnes. Il reste, pour Ludivine Gilli, une stratégie "indispensable" à mettre en œuvre pour la gauche américaine : focaliser la campagne "sur le pouvoir d'achat".
Côté républicain, les élus soutenus par Sarah Chamberlain tentent de justifier la poursuite des frappes, assurant aux électeurs que Téhéran "ne peut pas disposer de l'arme nucléaire". "Nos membres expliquent qu'ils ont bien conscience que les prix de l'essence sont hauts et qu'ils partagent leurs souffrances. Ils parlent ensuite de ce qu'ils ont fait pour améliorer leurs vies", soutient l'Américaine. Logement, défiscalisation des heures supplémentaires... La républicaine insiste sur ces mesures mais elle reconnaît que la guerre pose une série d'obstacles. "Si les prix à la pompe continuent d'augmenter, ce sera un vrai problème."
Açık Sorular
- Les critiques républicaines modérées affecteront-elles le vote ?
- Les Démocrates capitaliseront-ils sur le pouvoir d'achat ?
- Les prix des carburants continueront-ils d'augmenter ?



