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GeriEN DIRECT - Audiovisuel public : «Cette commission d’enquête est une honte», cingle Agnès Pannier-Runacher
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Le Figaro Actualités05.05.2026General7 dk okumaFrance

EN DIRECT - Audiovisuel public : «Cette commission d’enquête est une honte», cingle Agnès Pannier-Runacher

Neden Önemli?

Un rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, mené par le député UDR Charles Alloncle, a été publié, proposant des réformes majeures et des économies d'un milliard d'euros. Ce rapport a immédiatement déclenché une vive polémique, certains y voyant une tentative de privatisation déguisée et d'autres un "électrochoc" nécessaire.

Yazı boyutu

Le président de la commission d’enquête, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, a accusé Charles Alloncle de vouloir «préparer les esprits» à une privatisation de France Télévisions et Radio France, souhaitée par ses alliés du Rassemblement national. Selon son avant-propos au rapport, l’objectif de Charles Alloncle était de jeter «le discrédit et d’une certaine manière l’opprobre» sur le secteur, dont il souligne au contraire les «atouts considérables», la radio France Inter dominant par exemple largement les audiences.

Dès l’adoption - de justesse - du rapport la semaine dernière, le président du RN, Jordan Bardella, a réaffirmé la promesse de «privatisation», dont la mise en application serait très complexe aux yeux d’experts, si son parti arrive au pouvoir. Charles Alloncle se défend de porter un tel projet. Il espère que, «dans un an, par exemple à l’occasion de la campagne présidentielle, on puisse se retourner», que «les entreprises se portent mieux» et que «donc la privatisation n’a pas lieu d’être», a-t-il assuré devant la presse.

Le député, qui n’a «vu aucune piste de proposition» du premier ministre ou de la présidente de France Télé, voit son rapport comme «un électrochoc nécessaire». «C’est le début du débat», selon le député RN Sébastien Chenu. À l’autre bord, Mathilde Panot, patronne des députés LFI, juge qu’il faut un audiovisuel public «à la fois indépendant, suffisamment doté, ce qui n’est pas le cas, mais aussi pluraliste».

Cible de nombreuses critiques pour ses méthodes qualifiées d’«inquisitoriales», mais applaudi dans les rangs des contempteurs de l’audiovisuel public, Charles Alloncle, 32 ans, espère traduire une partie de son rapport dans une proposition de loi. Il souhaiterait que le sujet des conflits d’intérêts soit ainsi au menu de la niche de l’UDR le 25 juin à l’Assemblée nationale.

Manque de neutralité et de contrôle, conflits d’intérêts, coûts trop importants... L’audiovisuel public est en «crise» et ne répond plus aux «attentes des Français», juge dans son rapport publié mardi le député UDR Charles Alloncle, immédiatement accusé de vouloir l’affaiblir, voire le privatiser. Au bout de près de six mois de travaux émaillés de nombreux incidents et polémiques, les 551 pages du rapport de la commission d’enquête sur la «neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public», ont été mises en ligne tôt mardi matin sur le site de l’Assemblée nationale.

«Disons-le clairement : ce rapport passe malheureusement à côté de l’essentiel. C’est une occasion manquée», a taclé sur X le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Les travaux avaient été lancés à la demande de l’UDR, le petit parti d’Éric Ciotti, allié du RN, dans la foulée des accusations de proximité avec la gauche envers les journalistes Thomas Legrand et Patrick Cohen.

«Nous sommes tous des enfants de l’audiovisuel public français», dit le rapport de Charles Alloncle, qui énumère une longue liste de programmes emblématiques, de «Thalassa» à «Fort Boyard». Mais, à ses yeux, le secteur, dont les piliers sont France Télévisions et Radio France, est aujourd’hui en «crise» financière et administrative. Et il aurait «(perdu) le contact avec les attentes des Français», écrit-il.

Le parlementaire pointe des exemples illustrant, selon lui, des «biais militants», «une hostilité ciblée et assumée» à l’égard du RN chez certaines figures de la télé ou de la radio publiques, ou «l’humour érigé en expression militante». Parmi les «dysfonctionnements», «le plus grave est sans équivoque le désengagement des autorités de tutelle et de contrôle, lequel a permis les dérives de ce service public». Il vise par là l’État et la Cour des comptes.

À travers 69 recommandations, il préconise plus d’un milliard d’euros d’économies sur les quatre milliards que reçoit l’audiovisuel public de l’État pour faire fonctionner France Télévisions, Radio France et France Médias Monde (France 24, RFI). Cela passerait notamment par la suppression de la chaîne jeunesse France 4, la fusion de France 2 et France 5, où sont diffusés magazines et documentaires, ou encore celle de franceinfo et France 24, ainsi que celle des réseaux télé et radio France 3 Régions et ICI.

«Tout ça pour en arriver là ? (...) A un texte qui prétend renforcer l’audiovisuel public en proposant son affaiblissement historique», a réagi sur X la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci.

La prise de parole de France Télévisions, ce mardi, n’est pas du goût de tous les acteurs. Sur X - ex-Twitter -, le député insoumis Aurélien Saintoul s’est prononcé contre les déclarations du groupe, sur les réseaux sociaux, qui s’est élevé, plus tôt dans la journée, contre les conclusions du rapporteur, Charles Alloncle.

Pour l’élu, lui aussi membre de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, il n’est pas normal «qu’une entreprise publique se mette à commenter les travaux parlementaires. Sa PDG, les syndicats ont raison de s’exprimer mais le groupe public n’a pas à le faire, à moins de défendre ses agents», estime Aurélien Saintoul, pourtant lui-même fermement opposé au ciottiste Charles Alloncle.

Sur X, un peu plus tôt, France Télévisions a publié une série de messages critiquant le rapport dévoilé ce jour. Celui-ci «propose une vision élitiste de la télévision publique et formule des orientations qui affaibliraient profondément l’offre pour le public et le secteur des industries créatives», juge le groupe.

Agnès Pannier-Runacher, députée EPR du Pas-de-Calais et ancienne ministre de la Transition écologique, dénonce vivement le déroulé de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public dans une vidéo publiée sur Instagram le 4 mai. «Ce qui s’est passé dans cette commission d’enquête est très grave», affirme-t-elle, rappelant qu’une telle instance doit «poser un diagnostic, interroger des gens et formuler des recommandations pour que le service public soit meilleur».

Elle accuse directement le rapporteur Charles Alloncle d’avoir poursuivi un autre objectif : «Ce qu’il reproche aux médias publics, c’est de ne pas suffisamment relayer les positions de l’extrême droite, et ça c’est grave.» Selon elle, le député a «fait des amalgames, relayé de fausses nouvelles, monté en épingle de fausses polémiques».

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L’ancienne ministre établit un parallèle international : «C’est exactement ce qui s’est passé en Hongrie avec Viktor Orbán et aux États-Unis avec Donald Trump.» Elle conclut en appelant à la vigilance : «Cette commission d’enquête est une honte et nous devons continuer de défendre la pluralité des médias.»

Philippe Risoli monte au créneau après les propositions du rapporteur Charles Alloncle visant à réduire les jeux télévisés sur le service public. Invité sur Sud Radio ce mardi 5 mai, l’ancien animateur du Juste Prix salue «le mérite de mettre un coup de pied dans la fourmilière», mais estime que le député «se trompe de combat avec cette histoire de jeux».

Il défend fermement le genre : «Le jeu télévisé nuirait-il à la santé comme l’alcool ? Ce n’est pas une sous-catégorie, c’est un véritable programme», rappelant l’ancienneté et le succès de formats comme Le Juste Prix. Et de relativiser leur place à l’antenne : «Il y aurait huit ou neuf jeux par jour sur France Télévisions ? [...] J’en compte quatre.»

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Philippe Risoli insiste aussi sur leur popularité avec des émissions comme 100% logique qui sont, selon lui, des «programmes pertinents». «Il existe une véritable industrie du jeu», appuie l’ancien animateur. S’il reconnaît des dérives économiques, avec «60% de marges sur certains jeux, inadmissible avec l’argent du contribuable», il reste sceptique sur l’impact du rapport : «Il y a de très bonnes choses [...] mais je vous le dis tout de suite : il ne va rien se passer.»

Le député UDR Charles Alloncle estime que l’audiovisuel public est en «crise» financière, administrative, et aussi en raison d’une «perte de contact avec les attentes des Français», dans son rapport issu des travaux de la commission d’enquête sur le secteur, publié mardi.

«Il semblerait, en synthèse, que notre audiovisuel public soit inadapté aux enjeux de notre époque», écrit-il en préconisant une «refonte totale ou partielle du fonctionnement des grandes entités du secteur, à commencer par France Télévisions et Radio France».

Dans ce rapport de quelque 400 pages, le député ciottiste dénonce, en outre, «un certain nombre de dysfonctionnements, dont le plus grave est sans équivoque le désengagement des autorités de tutelle et de contrôle, lequel a permis les dérives de ce service public». Il vise par là l’État et la Cour des comptes notamment. Charles Alloncle formule près de 80 recommandations, qui soumettraient en particulier France Télévisions à une cure d’austérité.

Le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, estime que le rapporteur UDR Charles Alloncle a eu une démarche «malhonnête» et cherche à «préparer les esprits» à une privatisation, souhaitée par ses alliés du Rassemblement national.

Il est «malhonnête de dire que l’objectif de la commission d’enquête était de "sauver l’audiovisuel public"», fustige M. Patrier-Leitus dans son avant-propos au rapport Alloncle publié mardi. Selon lui, «on ne cherche pas à sauver un secteur ou une entreprise quand on propose de diminuer son budget de 25% et d’un milliard d’euros».

À lire aussi Jérémie Patrier-Leitus : « Seule une fusion de France Télévisions et Radio France permettra un audiovisuel public fort et souverain »

«Le rapport n’en dira rien et ne l’assumera pas, mais l’objectif n’était pas de mettre en lumière utilement et de manière sincère, indépendante et impartiale des manquements et des dysfonctionnements» au sein de l’audiovisuel public, mais de jeter «le discrédit et d’une certaine manière l’opprobre» sur ce secteur, juge le parlementaire au bout de six mois de travaux sous tension.

La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci, a dénoncé mardi sur X le rapport du député UDR Charles Alloncle sur l’audiovisuel public, «à charge» et visant un «affaiblissement historique», selon elle.

Dans ce rapport de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public publié mardi, Charles Alloncle suggère de réduire drastiquement le périmètre de France Télévisions, pour participer à un effort de plus d’un milliard d’euros d’économies dans le secteur.

À lire aussi «L’invective a pris le pas sur les faits» : la patronne de France Télévisions charge le rapport sur l’audiovisuel public de Charles Alloncle

Six mois de travaux, «tout ça pour en arriver là ? Pour en arriver à un rapport à charge, construit sur des insinuations, des approximations et des contre-vérités ?», interroge dans une réaction publiée sur X la patronne de France Télé, qui a été auditionnée deux fois par la commission. «Pour en arriver à un texte qui prétend renforcer l’audiovisuel public tout en proposant, en réalité, son affaiblissement historique ?», ajoute-t-elle.

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  • Le sujet des conflits d'intérêts sera abordé lors de la niche parlementaire de l'UDR le 25 juin à l'Assemblée nationale.

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  • Quelle sera la suite concrète donnée aux recommandations du rapport Alloncle ?
  • Les propositions de réforme seront-elles mises en œuvre par le gouvernement ou le parlement ?
  • Quel sera l'impact réel des recommandations sur le financement et le fonctionnement de l'audiovisuel public ?
  • Comment les différents acteurs (gouvernement, parlement, direction des médias publics, syndicats) vont-ils réagir et interagir dans les semaines à venir ?

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