Grand Oral du Bac : 8 conseils pour réussir l'épreuve
Hızlı Bakış
- À l'approche du Grand Oral du Bac, des experts partagent leurs conseils pour réussir cette épreuve cruciale.
- Ils insistent sur l'importance de l'entraînement, de la posture, de la gestion du stress et de la clarté de l'expression pour briller devant le jury.
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Il s'agit du dernier rendez-vous du bac, et peut-être le plus stressant.Le grand oral, épreuve incontournable pour les élèves de terminale générale (coefficient 10) et technologique (coefficient 14), se déroulera cette année entre le lundi 22 juin et le mercredi 1er juillet. Instaurée en 2021, cette épreuve nécessite, au cours de l'année, "de définir deux questions adossées sur les deux enseignements de spécialité, et de préparer une réponse argumentée à ces deux questions", rappelle le ministère de l'Education nationale.
Le jour J, le jury choisit une des deux questions. Puis, le candidat dispose de vingt minutes pour organiser ses idées, de dix minutes pour présenter sa réponse et de dix minutes pour échanger avec les jurés. L'évaluation repose sur la capacité à parler en public, à mobiliser ses connaissances, à argumenter ou encore à réagir à des questions.
A trois semaines des premiers passages au grand oral, franceinfo a interrogé Cyril Delhay, professeur d'art oratoire à Sciences Po, qui a participé à l'élaboration de l'épreuve, et Jason Legros, professeur d'éco-gestion, à l'initiative d'ateliers d'éloquence au lycée David d'Angers (Maine-et-Loire). Ils dévoilent leurs conseils pour permettre aux candidats de briller devant le jury.
1 S'entraîner un maximum
Durant l'année, les oraux blancs ont déjà bien aidé à roder son discours. Néanmoins, lors de cette période de dernières révisions, Jason Legros recommande de répéter "au moins cinq fois" chaque sujet, de façon à s'exprimer le plus naturellement possible le jour J. "Mais il ne faut pas apprendre par cœur un texte et le réciter", rappelle le professeur.
Les spécialistes conseillent également de se filmer durant ces répétitions. "On s'enregistre, on écoute et on affine", explique Cyril Delhay.
"Parler en public, c'est aussi une technique du corps. Et il faut l'entraîner : l'ancrage des jambes, le regard posé sur ses interlocuteurs..."
Cyril Delhay, professeur d'art oratoire
à franceinfo
Les candidats peuvent également répéter devant leurs camarades ou face à leurs parents. "Ils pourront jouer le rôle de jury et, en posant des questions, poser le doigt sur ce que vous n'avez pas assez compris", souligne l'enseignant de Sciences Po.
2 Soigner sa tenue et sa posture
La veille du grand oral, les candidats peuvent aussi s'entraîner à parler dans les conditions réelles de l'examen, avec la tenue qui sera portée lors de l'épreuve. Si l'habillement n'est pas pris en compte dans l'évaluation, "c'est tout de même la première impression que l'on se fait d'un candidat – est-il sérieux ou pas ?", glisse Jason Legros.
"On est le premier message de son oral, donc les vêtements sont importants. Il faut se sentir confortable, mais ne pas y aller en peignoir de bain non plus..."
Cyril Delhay, professeur d'art oratoire
à franceinfo
La posture ne doit pas non plus être négligée. "On reste debout si on est en capacité de le faire, on ne bouge pas ses pieds, ses jambes et son bassin. Les mains et les bras, eux, peuvent bouger dans une gestuelle maitrisée", conseille également Jason Legros.
3 Respirer un grand coup
Pratiquer la cohérence cardiaque peut aider à prévenir l'anxiété avant d'entrer dans la salle. "On inspire pendant cinq secondes, on expire pendant cinq secondes, et ce pendant trois minutes. Cela permet de ramener le rythme cardiaque à son standard", explique Cyril Delhay, selon qui il reste nécessaire de ne pas improviser cet exercice le jour de l'épreuve. "Idéalement, on peut faire ça une à deux fois par jour avant le début des examens."
Jason Legros, lui, propose un exercice de respiration ventrale. "On met la main sur le ventre, et on le gonfle le plus possible, puis on le dégonfle le plus possible", illustre-t-il. Selon l'enseignant, il faut surtout "dédramatiser le rôle du jury". "Si un candidat est en panique, les enseignants présents sont aussi là pour le rassurer. Ce ne sont pas des grands méchants loups qui veulent le mordre !"
4 Etre efficace lors de la préparation
Cette fois, ça y est, un sujet a été attribué au candidat et la présentation devant les jurés est imminente. "Ne vous précipitez pas sur le stylo : prenez deux minutes pour souffler un bon coup", insiste Cyril Delhay. "Sur une feuille, on écrit peu de choses, seulement le plan de l'argumentation, des mots-clés et des exemples qu'on souhaite évoquer. Eventuellement des chiffres si on a peur de les oublier", suggère Jason Legros.
5 Faire des pauses
Face au jury, il faut accepter de prendre son temps. "Laisser un blanc de deux ou trois secondes avant d'enchaîner sur la prochaine information, c'est permettre aux jurés de rester attentifs plus longtemps. Car en plus d'écouter le candidat, ils doivent prendre des notes et réfléchir aux questions pour la suite", relève Jason Legros.
"Les silences sont la mise en page du texte à l'oral : ils remplacent les alinéas et la ponctuation de l'écrit."
Cyril Delhay, professeur d'art oratoire
à franceinfo
Selon lui, on peut même s'amuser des "blancs". "Un silence avant une idée, cela permet de la mettre en valeur. Un silence après une idée, cela peut raisonner plus fortement dans la tête de l'auditeur", estime le professeur.
Et Cyril Delhay d'ajouter que l'omission de certaines informations, tant que l'exposé ne perd pas en cohérence, va venir "susciter des questions" lors de la phase dédiée... Des questions auxquelles les candidats sauront (normalement) répondre. Enfin, pas de panique en cas de trou de mémoire : on prend le temps de réfléchir dix secondes, de regarder ses notes. Si l'idée ne revient pas, on passe à la suivante.
6 Parler clairement et simplement
Maintenant, passons à ce qui va être dit. "Clarté, concision, phrases courtes, liste Cyril Delhay. On privilégie les phrases sous la forme sujet-verbe-complément, avec une seule idée à la fois. Cela limite les risques d'une pensée imprécise, qui tâtonne." Il faut aussi soigner aussi ses transitions. "Ce n'est pas juste mettre une conjonction de coordination entre deux idées. Il faut penser cohérence et progression du récit."
Autre écueil à éviter autant que possible : les "euh" et autres "voilà" en fin de phrase. Lors de la phase de questions, on s'abstient également de répondre : "Comme je vous l'ai déjà dit..." "On ne leur demandera jamais de répéter mot pour mot, mais de réexpliquer un point qui n'était pas clair, ou bien d'aller plus loin, d'approfondir le propos", rapporte Jason Legros.
7 Respecter certaines règles rhétoriques
De façon plus poussée, le candidat peut suivre des "grandes étapes de la rhétorique", encourage Jason Legros. Les voici dans l'ordre, adaptées au grand oral :
1. L'exorde : capter l'attention des jurés dès la première phrase avec une "punchline".
2. La narration : donner le contexte et bien poser les enjeux autour de la question.
3. L'argumentation et la réfutation : argumenter la réponse et exprimer également ce qui permet de nuancer le propos.
4. La péroraison : conclure le discours par une nouvelle question ou faire un lien avec le projet d'orientation du candidat.
8 Penser à remercier les jurés
Jusqu'au bout, il faut garder le sourire, qui permet de "montrer son enthousiasme", rappelle Jason Legros. Surtout, le candidat doit penser à remercier le jury à la fin de l'oral. Pas besoin d'en faire trop : un "Je vous remercie d'avoir pris le temps de m'écouter" est amplement suffisant.




