Les ouvriers qualifiés, une denrée rare recherchée par les chasseurs de têtes
Hızlı Bakış
- Les secteurs industriels peinent à recruter des ouvriers qualifiés comme des soudeurs ou chaudronniers.
- Face à cette pénurie, des cabinets de chasseurs de têtes comme Headhunting Factory à Paris sont sollicités pour dénicher ces profils rares, souvent en contactant des employés déjà en poste.
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Les secteurs de l'industrie, de la défense et du nucléaire font face à une pénurie d'ouvriers qualifiés, tels que soudeurs et chaudronniers, rendant le recrutement stratégique et difficile.
Les ouvriers qualifiés, denrée rare sur le marché du travail. Les secteurs de l'industrie, de la défense ou encore du nucléaire sont à la recherche de soudeurs, de chaudronniers... Mais y a-t-il assez de main-d’œuvre ? Depuis quelques années, ces filières peinent à recruter sur ces postes devenus stratégiques en raison du manque de formation ou d'attractivité.
Face à cette guerre des talents, certaines entreprises misent sur la formation interne, d’autres débauchent auprès de concurrents. Mais certaines sociétés ont quant à elles choisi de faire appel à des cabinets de chasseurs de têtes. Car il n'y a pas que les cadres dirigeants qui peuvent se faire chasser par les recruteurs, les ouvriers qualifiés aussi.
Au sein du cabinet spécialisé Headhunting Factory à Paris, Godefroy, chasseur de têtes, les yeux rivés sur son ordinateur, doit trouver des ouvriers pour les entreprises recruteuses. Un véritable travail de détective, car leurs noms ne se trouvent pas facilement sur internet.
"On a un poste à pourvoir pour un de nos clients..."
"On n'appelle que des gens qui ne sont pas en recherche d'un emploi, ils ne sont pas inscrits sur France Travail, ils n'ont pas mis une annonce", précise le professionnel. Avant de confier sa méthode : "C'est d'abord d'identifier toutes les entreprises dans un rayon de 20 à 30 kilomètres, où on peut trouver une compétence similaire à celle qu'on cherche, décrit le professionnel. On va rentrer dans les entreprises en se faisant passer pour une association d'anciens de l'école des métiers qui forment. Quand on est mis en relation, on va essayer d'avoir le nom des personnes qui travaillent là." Il doit ensuite obtenir les numéros de téléphone, mais là, sa technique restera secrète.
"Le nombre de candidats qu'on a approchés et interrogés, ça peut être 26 sur un poste de contremaître, mais sur un autre poste d'employé polyvalent machine à papier, on a du en interroger 138 pour arriver à trouver 3 ou 4 candidats intéressés."
Godefroy, chasseur de têtes
à franceinfo
Puis, vient la mise en contact, comme avec ce potentiel candidat pour un poste de graisseur en Isère. "Je vous appelle, commence Godefroy, parce qu'on a un poste à pourvoir pour un de nos clients et je voulais prendre un peu de votre temps pour échanger avec vous." Comme à chaque fois à l'autre bout du fil, l'ouvrier se dit au départ pas intéressé, mais Godefroy insiste et tente de creuser les éventuels inconvénients de son travail. "On essaie de trouver la faille par rapport à son job actuel et voir s'il y a une réponse qui peut être apportée par le job qu'on a", précise-t-il.
Parmi les insatisfactions qu'il tente de repérer, les personnes contactées évoquent souvent les questions liées à "la mobilité, l'absence de formation, la situation économique de l'entreprise", explique Godefroy. Par exemple, il interroge l'ouvrier sur son organisation de travail et ses nombreux déplacements "sur l'ensemble de la France, sur des missions qui peuvent durer une semaine", décrit celui-ci. Le chasseur de têtes rappelle que le poste qu'il évoque se trouve "à 7 ou 8 km de chez vous", un argument grandement apprécié car, très vite, l'ouvrier change d'avis et promet d'envoyer son CV.
"Une aiguille dans une botte de foin"
Au total, il faut plusieurs semaines au chasseur de têtes pour trouver quatre ou cinq candidats pour un poste comme celui de graisseur, mais c'est loin d'être le seul métier recherché par les près de 200 salariés du cabinet fondé par Olivier de Préville. "Cela va sur des postes aussi diversifiés que des maçons, des électriciens, des opérateurs de production, des soudeurs, détaille-t-il. "On pense chasseur de têtes pour les cadres dirigeants, poursuit-il. Or, en France, quand vous recherchez un ouvrier, vous n'avez pas d'autres solutions que de passer par l'intérim, soit de mettre des annonces". "On compare souvent notre métier de chasseur de têtes au métier de généalogiste, c'est une aiguille dans une botte de foin. On fait de l'investigation RH".
Presque toutes les filières veulent en recruter, de la défense à l'agroalimentaire, en passant par le nucléaire, mais ces postes sont depuis quelques années dits "pénuriques". "Ces postes pénuriques, on appelle ça dans notre jargon 'les épines dans le pied', explique le fondateur. Pour certaines entreprises, une fonction d'ouvrier peut mettre en péril l'entreprise. Vous avez un conducteur de lignes de production absent ou un technicien de maintenance absent sur la maintenance du matériel, eh bien le matériel est immobilisé. On a souvent parlé de postes clés en parlant de la pointe de l'entreprise, mais les postes clés sont en bas de l'entreprise."
"Le Covid a fait que beaucoup de postes à contraintes, que beaucoup de gens ont quitté ces postes-là et n'y sont pas revenus. Et donc vous avez beaucoup d'entreprises qui, après le Covid, ont eu une reprise du marché de commandes et ne retrouvaient plus des salariés", explique le fondateur, Olivier de Préville. Et les besoins sont tels qu'aujourd'hui les ouvriers qualifiés représentent 60% de l'activité de ce cabinet.
Açık Sorular
- Quelles sont les formations spécifiques qui manquent ?
- Quel est l'impact économique de cette pénurie ?
- Comment les entreprises s'adaptent-elles à long terme ?



