Les "pauses fraîcheur" dans le football : utile ou aubaine tactique ?
Hızlı Bakış
- Introduites officiellement par la FIFA pour l'hydratation des joueurs par forte chaleur, les "pauses fraîcheur" sont aussi une aubaine commerciale pour les diffuseurs.
- Cependant, la mesure divise les acteurs du jeu, certains la jugeant inutile ou perturbant la tactique.
Yapay zekâ özeti
Neden Önemli?
Les "pauses fraîcheur" sont des interruptions de match introduites par la FIFA pour permettre aux joueurs de s'hydrater en cas de fortes chaleurs. Elles coïncident avec des pages de publicité diffusées par les chaînes de télévision.
Elles sont devenues un moment aussi incontournable que commenté. A la moitié de chaque mi-temps, l'arbitre interrompt le match pour la fameuse "pause fraîcheur" – le "cooling break" comme on l'appelle sur le continent américain – et renvoie les 22 joueurs vers les bancs de touche, où les membres du staff accourent pour leur donner des gourdes. Pendant ce temps-là, les chaînes de télévision diffusent une page de publicité. Ce sera encore le cas mercredi 24 juin pendant Suisse-Canada (21 heures) et Bosnie-Qatar (21 heures). Il n'y a que pendant France-Irak (3-0) que la deuxième "pause fraîcheur" a été annulée. En cause : l'interruption du jeu pendant deux heures en raison de l'orage sur le stade de Philadelphie. Pour ne pas encore étirer cette interminable rencontre, les organisateurs ont préféré s'en passer.
Officiellement introduites par la Fifa pour permettre aux joueurs de s'hydrater en cas de fortes chaleurs, les "pauses fraîcheur" ont aussi été pensées à des fins commerciales afin que les diffuseurs rentabilisent leurs lourds investissements avec des spots publicitaires très lucratifs. Mais la mesure n'est que modérément appréciée par les acteurs du jeu, qui ont répété à plusieurs reprises leurs réserves lors des conférences de presse. Le capitaine de l'équipe des Pays-Bas, Virgil van Dijk, s'est dit sceptique face à la généralisation de la mesure, qu'il fasse 20°C ou 40°C dans un stade. "S'il fait vraiment chaud, c'est utile. Mais, à mon avis, il faudrait analyser chaque match individuellement", a ainsi commenté le Néerlandais après la première rencontre de sa sélection. Il estime aussi que "pour les téléspectateurs neutres, ce n'est pas génial non plus" d'être coupés en plein match par plusieurs minutes de publicité.
Mauricio Pochettino et Lionel Scaloni, les sélectionneurs des Etats-Unis et de l'Argentine, ont aussi émis des réserves sur l'introduction de ces pauses, plus communes dans les sports qui se jouent en quarts-temps, comme le basket ou le football américain, très populaires au Etats-Unis. Comme Virgil van Dijk, le premier s'est interrogé sur l'intérêt d'arrêter une rencontre quand "il fait 21, 22 ou 23°C". "Tout ce qu'on a préparé avant la rencontre est susceptible de changer en fonction de ce qui se passe pendant les 22 ou 23 premières minutes", a de son côté regretté l'entraîneur des champions du monde en titre argentins, opposé à une mesure qu'il ne juge "pas normale" et qui favorise selon lui les petites nations. "Les conditions, la chaleur et les interruptions constantes du jeu, cela peut aider l'équipe théoriquement la plus faible parce qu'elle a le temps de récupérer."
Les pauses, qui durent plus de trois minutes, permettent en effet aux équipes de récupérer et de casser le rythme d'un match. Plusieurs sélections ont d'ailleurs profité des pauses pour retrouver de l'allant, comme la France face au Sénégal (3-1) lors du premier match de poule des Bleus. Elle "nous a fait du bien parce qu'on n'était pas très bons", a ainsi reconnu le défenseur William Saliba, tandis que Kylian Mbappé voit dans cette mesure un nouvel outil tactique. "Si demain on est dominés à la 25e, je serai bien content qu'il y ait une pause. Si demain on domine à la 25e, je serai frustré qu'il y ait une pause", a confié le capitaine de l'équipe de France en conférence de presse, avant d'admettre que les nouvelles règles introduites sont souvent impopulaires au début.
"Quand il y a de nouvelles règles, tout le monde râle à chaque fois. Ça met du temps à entrer dans la tête des gens. Il faut voir sur la durée si ça perturbe vraiment le niveau du jeu ou si c'est une question d'adaptation et si les gens commencent à s'y faire."
Kylian Mbappé
en conférence de presse
Pour Rudi Garcia, il n'y a pas de débat. Le sélectionneur de la Belgique voit dans ces pauses une "aubaine tactique" et parle de "coaching break" plutôt que de "cooling break". "Je ne vais pas dire merci à la publicité aux Etats-Unis, mais les trois minutes octroyées en première et deuxième mi-temps sont des moments où on pourra reparler avec les joueurs, recadrer tactiquement, donner des conseils", a détaillé le Français à la tête des Diables rouges. Il voit même plus loin et imagine à l'avenir des temps morts comme au basket-ball, "où le coach pourra demander à parler à son équipe".
"Le football tel que nous le connaissons va cesser d'exister"
Pas sûr que cela plaise au public, qui a hué cette nouveauté dans plusieurs stades du Mondial nord-américain. Pas sûr non plus que cela soit du goût des observateurs et d'une partie des acteurs du jeu. "Ils disent que ça va contribuer au spectacle, mais nous nous dirigeons vers un changement, car si nous ajoutons des règles comme celles-ci, le football tel que nous le connaissons va cesser d'exister et deviendra un autre sport", s'est inquiété Mauricio Pochettino. Pour Marcelo Bielsa, l'un des grands théoriciens du football depuis les années 1990, ces "pauses fraîcheur" modifient déjà l'essence même du football.
"Jouer quatre périodes au lieu de deux altère la conception même du football (...) Avant que ne soit prise cette décision, le football avait une caractéristique, maintenant il en a une autre", a estimé le sélectionneur de l'Uruguay. Il évoque, sans les nommer, les immenses bénéfices financiers générés par les pages publicitaires à la télévision durant ce laps de temps. "On n'a pas pensé aux conséquences que cela peut avoir sur ce sport, mais plutôt à un autre type de répercussions."
Bundan Sonra Ne Olabilir?
Yapay zekâ öngörüsü — kesinlik taşımaz
Les pauses fraîcheur pourraient évoluer vers des "coaching breaks" plus longs, similaires aux temps morts au basket.
Olası · Orta vadede
Le football pourrait se transformer en un sport différent avec l'ajout de règles similaires.
Spekülatif · Uzun vadede
Açık Sorular
- Quel sera l'impact à long terme sur l'essence du football ?
- Les joueurs s'adapteront-ils à ces nouvelles règles ?
- Les diffuseurs continueront-ils à rentabiliser ces pauses ?




