Nadav Lapid, réalisateur israélien, dénonce l'appel au boycott "cruel" qui l'a contraint à annuler sa venue à un festival de cinéma à Marseille
Hızlı Bakış
Le réalisateur israélien Nadav Lapid dénonce l'appel au boycott qui l'a contraint à annuler sa venue à un festival de cinéma à Marseille, qualifiant cette démarche de "cruelle" et "violente".
Yapay zekâ özeti
Neden Önemli?
Le réalisateur israélien Nadav Lapid a dénoncé l'appel au boycott qui l'a contraint à annuler sa venue à un festival de cinéma à Marseille.
Critique féroce de Benyamin Nétanyahou, le réalisateur israélien exilé en France Nadav Lapid a dénoncé, lundi 8 juin, auprès de l'AFP l'appel au boycott "cruel" qui l'a contraint à renoncer à se rendre à un festival de cinéma à Marseille.
"Il y a dans cette démarche quelque chose qui est très, très moche, pervers, très cruel et violent", a déclaré le réalisateur, dont le dernier film Oui (2025) brosse le portrait d'une société israélienne défigurée par la soif de vengeance après le 7-Octobre et indifférente aux morts palestiniens à Gaza.
Lauréat de l'Ours d'or en 2019, le réalisateur a annulé sa venue au Festival international du cinéma de Marseille (FID), où il devait présenter son film Le Policier (2011), après avoir été visé par des appels au boycott.
"Parfaitement illégitime de tenir un cinéaste pour responsable"
Contactée par l'AFP, la directrice du FID, Tsveta Dobreva, a expliqué que l'appel avait été lancé en interne contre le festival par des cinéastes sélectionnés, qui refusaient dans un premier temps de voir le cinéaste israélien siéger au jury. Avant de s'en prendre à la projection du film. "C'est à ce moment-là où Nadav Lapid s'est retiré lui-même", a-t-elle expliqué.
Avec l'appel au boycott, "une dizaine de films" se sont retirés sur les 120 programmés dans le cadre de ce festival qui promeut fictions et documentaires du cinéma indépendant, indique Tsveta Dobreva.
Dans un communiqué, le FID a déploré le boycott, jugeant "parfaitement illégitime de tenir un cinéaste pour responsable ou comptable de la politique raciste, colonialiste et génocidaire menée par le gouvernement de son pays".
"Je me suis dit que peut-être je n'avais pas une place en France"
"Les voix singulières qui, comme celle de Nadav Lapid, s'efforcent de penser la violence propre à l'État et à la société d'Israël doivent être au contraire accueillies et écoutées, quitte à ensuite contester ou déconstruire les récits", selon le texte.
Auprès de l'AFP, Nadav Lapid déplore "la résignation" du festival et l'appel au boycott qui l'a renvoyé à sa "vulnérabilité" d'exilé en France, où il est installé depuis cinq ans pour protester contre la politique du gouvernement israélien.
"Quand j'ai vu les pressions par rapport à ma participation au festival, je me suis dit que peut-être je n'avais pas une place en France. Si ma présence est inacceptable et si on peut juste m'effacer ou me balayer d'un événement du cinéma, je ne sais pas ce que je vais foutre ici en fait", dit-il.
Un financement public israélien pointé du doigt
Les tenants du boycott reprochent notamment au cinéaste d'avoir bénéficié de fonds publics israéliens pour financer très partiellement le film Oui, présenté à Cannes en 2025 à la Quinzaine des cinéastes.
"La subvention israélienne dont a bénéficié le film vient d'un fonds public et non pas gouvernemental, et c'est typiquement le genre d'organisme indépendant qui est attaqué par le gouvernement Nétanyahou", déclare à l'AFP Judith Lou Lévy, productrice de Oui au sein des Films du bal, ajoutant que ces fonds publics ne représentaient que 12% du budget du film.
"En aucun cas, il n'y a eu de contrepartie et le film est très clair sur ce sujet", ajoute la productrice, selon qui l'appel au boycott "aggrave le manque d'un espace de discussion essentiel qui aurait permis de lever des malentendus sur la production de ce film, d'initiative française, et sur son contenu, extrêmement critique de la politique israélienne."
Louis Garrel, Justine Triet, Jacques Audiard apportent leur soutien
Auprès de l'AFP, Nadav Lapid assure "refuser de s'apitoyer sur son sort" mais se dit "soulagé" que des professionnels du cinéma aient pris l'initiative de lancer une tribune pour le soutenir, et à laquelle le FID affirme souscrire "pleinement". Intitulé Le cinéma n'est pas une ambassade, le texte, qui a été publié lundi dans Le Monde, s'inquiète qu'un artiste qui "a publiquement dénoncé, à de nombreuses reprises, l'anéantissement de Gaza" puisse être assimilé à "une quelconque forme d'ambassade culturelle israélienne". Figurent parmi les quelque 350 signataires les réalisateurs Arthur Harari, Louis Garrel, Apichatpong Weerasethakul ou Claire Denis, ainsi que la Société des réalisatrices et réalisateurs de films (SRF) et l'écrivain palestinien Elias Sanbar.
Un collectif de cinéastes, dont le réalisateur oscarisé Michel Hazanavicius et les Palmes d'or Justine Triet et Jacques Audiard, ont qualifié mardi de "faillite intellectuelle" l'appel au boycott qui a contraint le réalisateur israélien exilé en France Nadav Lapid à annuler sa venue à un festival à Marseille. "Que le plus grand artiste dissident israélien, œuvrant inlassablement à dénoncer les dérives fascistes et colonialistes de son gouvernement, ses faillites morales criminelles, dans des films primés dans le monde entier, soit amené à se retirer d'un festival français doit nous alerter et nous mobiliser au-delà de cette aberration", écrit dans Le Monde ce collectif, qui compte également l'actrice américaine Natalie Portman.
"Le boycott culturel de Nadav Lapid est une faillite intellectuelle. Les cinéastes russes, israéliens, iraniens ne sauraient être menacés de disparition pour expier des crimes commis par des gouvernements dont ils sont souvent les plus fervents pourfendeurs", ajoute ce texte. "Quels que soient les crimes commis par son Etat, personne ne saurait être réduit à un passeport", estime le collectif dans son texte paru mardi. "Qu'est-ce qui fait soutien d'un Etat criminel, qu'il soit russe, iranien, ou israélien, quand il est question de cinéma ? A quel niveau de financement public décide-t-on qu'une oeuvre ou son auteur, fût-il le plus critique, se fait le porte-parole d'un gouvernement criminel ?", s'interroge-t-il.
Dans un message posté sur Instagram, 12 cinéastes qui avaient appelé au boycott de Nadav Lapid justifient leur démarche par leur volonté "d'agir contre une réalité coloniale et génocidaire approuvée" et dénoncent "l'insistance" des festivals à "produire une symétrie (...) entre productions palestiniennes et israéliennes".
Bundan Sonra Ne Olabilir?
Yapay zekâ öngörüsü — kesinlik taşımaz
L'appel au boycott de Nadav Lapid aura des conséquences négatives sur sa carrière.
Muhtemel · Kısa vadede
Açık Sorular
- Quelles sont les conséquences de l'appel au boycott sur la carrière de Nadav Lapid ?
- Quelle est la position du gouvernement israélien sur l'appel au boycott ?




