Quobly lève 115 millions d'euros pour accélérer l'industrialisation de ses ordinateurs quantiques
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La start-up française Quobly a finalisé une levée de fonds de 115 millions d'euros, la plus importante Série A du secteur, pour industrialiser ses ordinateurs quantiques sur silicium et commercialiser son premier produit d'ici fin 2026.
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Partie un peu plus tard que d’autres acteurs français dans la course à l’ordinateur quantique, la start-up Quobly accélère la cadence. Elle vient de finaliser une levée de fonds de 115 millions d’euros, «la plus importante Série A du secteur » se félicite sa cofondatrice et directrice générale, Maud Vinet.
En 2022, cette physicienne a sauté le pas de l’aventure entrepreneuriale pour faire fructifier quinze ans de recherches et de collaboration entre le CNRS et le CEA-Leti. « En 2016, nous avons trouvé comment transformer un transistor, unité de base du calcul classique, en un bit quantique, unité de base du calcul quantique. Maintenant, il faut le faire à l’échelle industrielle », expliquait au Figaro ce docteur en physique quantique, qui a travaillé un temps chez IBM puis Global Foundries.
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STMicroelectronics et Bpifrance au capital
C’est une accélération de ce passage à l’échelle que va permettre cette levée de fonds, qui fait entrer de nouveaux actionnaires aux côtés de son investisseur historique Innovacom, qui remet au pot : Bpifrance, le spécialiste suisse de la cybersécurité SealSQ, et le géant du semi-conducteur STMicroelectronics, partenaire stratégique de Quobly depuis 2024. Car la singularité technologique (et donc industrielle) de Quobly est de s’appuyer sur le silicium, le matériau au cœur de l’industrie des semi-conducteurs pour parvenir à construire un ordinateur quantique. « La rupture technologique principale repose sur la transformation d’une puce en un processeur quantique », résume Maud Vinet.
Déjà une partie des équipes de Quobly travaillent chez ST Micro, au codéveloppement de la technologie pour passer à l’échelle industrielle. ST STMicroelectronics lui a ouvert une ligne de production pilote. Les deux entreprises sont implantées à Grenoble, de même que Soitec et beaucoup d’entreprises deeptech. Le pari de Quobly est que ces connexions à l’industrie des semi-conducteurs lui permettront d’aller plus vite que ses concurrents dans l’exécution et de capitaliser à terme sur les investissements déjà réalisés par la filière des semi-conducteurs. « Il s’agit de construire un ordinateur quantique performant et accessible en coût, c’est aussi cela l’enjeu aujourd’hui », insiste Maud Vinet.
Ce financement doit donc permettre «d'accélérer l'industrialisation de ses ordinateurs quantiques sur silicium et de commercialiser son premier produit d’ici fin 2026», indique l'entreprise dans un communiqué. «Avec la levée, on va tripler nos effectifs dans les deux ans qui viennent», a ajouté Maud Vinet. La société emploie actuellement une centaine d’employés principalement sur son site à Grenoble. Elle dispose aussi d’une filiale à Singapour et au Canada, et d’un bureau à Taïwan.
Retenue par la Direction générale de l’armement dans le cadre du programme Proqcima, Quobly a pu engranger de premiers revenus (dix millions d’euros). Inspiré du programme Ultra lancé par les Britanniques pendant la Seconde Guerre mondiale, Proqcima vise à doter la France de deux prototypes d’ordinateurs quantiques de conception française à horizon 2032. D’ici là, la feuille de route de Quobly prévoit une mise à disposition des capacités de calcul de son processeur quantique sur le cloud fin 2026 avant de déployer des machines physiques à partir de 2027 au sein d’infrastructures de calcul haute performance.




