Surpopulation carcérale en France : la prison de Grenoble-Varces dans un état épouvantable
Hızlı Bakış
- La surpopulation carcérale en France atteint un nouveau record.
- La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, dénonce des conditions "épouvantables" à la maison d'arrêt de Grenoble-Varces, où les détenus vivent parmi les rats et dans des conditions d'hygiène déplorables.
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La surpopulation carcérale en France a atteint un nouveau record, dépassant les 88 000 détenus au 1er juin. La Contrôleure générale des lieux de privation de liberté lance un appel pour y remédier.
Alors que la surpopulation carcérale en France a atteint un nouveau record, avec 88 829 personnes incarcérées au 1er juin, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Dominique Simonnot, lance jeudi 2 juillet un nouvel appel pour résorber cette surpopulation en prison et garantir le respect des droits fondamentaux des détenus. Elle publie au Journal officiel trois recommandations en urgence, dont l'une concerne la maison d'arrêt de Grenoble-Varces (Isère), où la situation s'est encore dégradée.
Dans cet établissement, la surpopulation atteint désormais près de 200% dans le quartier des hommes. Conçue pour 232 détenus, la maison d'arrêt en accueille presque le double. "C'est un cas limite. Mais, malheureusement, c'est un cas qu'on voit de plus en plus (…) la prison est dans un état épouvantable", déclare Dominique Simonnot jeudi sur franceinfo.
"Il y a des rats partout"
Selon le témoignage d'un détenu recueilli par franceinfo, les conditions de détention y sont particulièrement dégradées. "Je ne vous parle même pas des rats qui envahissent les cellules. Ils sont immenses les rats", affirme un détenu d'une trentaine d'années, incarcéré pour trafic de stupéfiants, qui décrit "la pire prison de France".
"On se retrouve à trois dans une cellule, tout petite. Il n'y a que deux lits, donc forcément un qui dort par terre."
Un détenu de la maison d'arrêt de Grenoble-Varces
à franceinfo
Dominique Simonnot pointe elle aussi de graves manquements en matière d'hygiène : "ll y a des rats partout, il y a des déjections de rats dans la cuisine, près de la nourriture. Le niveau d'alerte noire est déclenché au niveau de l'hygiène". Un audit réalisé à l'automne dernier lui a attribué la note de zéro sur cent, signalant moisissures, déjections de rongeurs et équipements défectueux. Une rénovation complète de la cuisine est annoncée dans les prochaines semaines.
Le prisonnier au micro de franceinfo évoque également une réduction des temps de promenade et une promiscuité difficilement vivable. "J'étais tout seul en cellule. Maintenant, ça n'existe plus et ça peut très vite dégénérer. Ce qui nous plaisait, c'était de pouvoir sortir en promenade, prendre l'air... Ca fait des mois et des mois qu'on n'a qu'une seule promenade par jour. J'appelle d'autres collègues qui sont dans d'autres prisons, ils ont bel et bien leur deux promenades. On est des détenus, on mérite d'être en prison, on mérite de galérer. Mais mérite-t-on d'être traités comme des chiens ? On a une dignité quand même", témoigne-t-il
"Il y a des bagarres la nuit dans les cellules"
"Les surveillants sont très jeunes, inexpérimentés. Il y a des rixes en permanence, La direction a alerté les pouvoirs judiciaires sur le risque mortel au quartier des vulnérables [zone à l'écart qui abrite des personnalités dites sensibles]. La violence est telle qu'il y a des bagarres la nuit dans les cellules, il y a des détenus qui appellent à l'aide en vain, qui sont battus, frappés. Dans la cour de promenade, pareil, il n'y a pas de surveillance. C'est un état effroyable", témoigne Dominique Simonnot sur franceinfo.
Les conditions matérielles sont également dénoncées, notamment dans les douches collectives jugées insalubres. "La douche, c'est trois fois par semaine et c'est vraiment très très sale... Quand vous marchez pieds nus dans la douche, vous ne pouvez pas. Vous allez attraper des champignons et ce n'est pas beau à voir. Du coup, on vous fournit normalement des claquettes, mais on ne nous en fournit pas. On nous dit rupture de stock. Des détenus prennent des sacs-poubelle et se les mettent aux pieds...", témoigne le détenu à franceinfo.
Les syndicats de surveillants pénitentiaires dénoncent également un manque de personnel, avec des postes vacants et des agents régulièrement rappelés sur leurs jours de repos, aggravant les difficultés de prise en charge des détenus.
Açık Sorular
- Quand les rénovations annoncées seront-elles effectives ?
- Quelles mesures concrètes seront prises pour réduire la surpopulation ?
- Comment le manque de personnel sera-t-il résolu ?



