Affaire Lyhanna : des dysfonctionnements judiciaires pointés dans le traitement d'une plainte pour viols
نظرة سريعة
- Une mission d'inspection révèle des dysfonctionnements judiciaires et de gendarmerie dans l'affaire Lyhanna.
- Une fillette, Rosa, aurait subi une cinquantaine de viols par le suspect principal, Jérôme Barella.
- La plainte était en cours mais le suspect n'avait pas été entendu.
ملخص مُنشأ بالذكاء الاصطناعي
Le traitement de sa plainte est au cœur de la mission d'inspection chargée de faire la lumière sur les dysfonctionnements dans l'affaire Lyhanna. Rosa (prénom modifié), une fillette née en 2014, dit avoir subi "une cinquantaine de viols" commis par Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de Lyhanna, cette collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé le 4 juin dans le Gers.
Cette affaire a créé un émoi national car le quadragénaire avait été visé par plusieurs procédures judiciaires avant la disparition de Lyhanna. Certaines avaient été classées sans suite, mais celle qui concernait les violences sexuelles dénoncées par Rosa était toujours en cours. Cependant, Jérôme Barella n'avait encore jamais été entendu. Une mission d'inspection a été donc été déclenchée. Le pré-rapport, remis lundi 22 juin au Premier ministre, pointe une série de dysfonctionnements, à la fois du côté de la justice et des enquêteurs de la gendarmerie.
Des révélations à l'hôpital le 18 août 2025
Le document retrace aussi la chronologie des faits concernant Rosa. "Le 18 août 2025, en fin de journée, une mère de famille accompagnée de sa fille se présente aux urgences de l'hôpital Purpan à Toulouse, suite à des révélations de viols que l'enfant aurait effectuées auprès de son beau-père", est-il écrit dans ce pré-rapport. Le beau-père contacte la police, qui se rend à l'hôpital à 21 heures. "Le chef de patrouille identifie la sensibilité de l'affaire au vu des déclarations de l'enfant évoquant une cinquantaine de viols par le père d'une de ses amies", en l'occurrence Jérôme Barella.
À lire aussi
"J'ai tout de suite perçu la gravité. Pour moi c'est un dossier prioritaire qui doit être traité", souligne le commandant de la brigade, selon le rapport, dans lequel ses propos sont cités. "L'audition de la jeune victime, réalisée le 27 août, est enregistrée", notent les auteurs de la mission, réalisée conjointement par l'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et celle de la justice (IGJ). D'autant plus que les enquêteurs constatent rapidement que Jérôme Barella est connu "pour des faits similaires" dans le cadre d'une procédure traitée en mai 2024.
"Erreur d'orientation" et "absence de prise en compte"
Au terme des premières investigations, le directeur d'enquête, en Haute-Garonne, affirme que "le voyant rouge s'allume". Ainsi, la mission d'inspection ne met pas en évidence de "dysfonctionnement" au sein de la brigade de Plaisance-du-Touch "concernant cette jeune victime de viols". Mais cette brigade n'est pas compétente territorialement, car les faits ont été commis dans le Gers, au domicile de Jérôme Barella. Elle se dessaisit au profit du parquet d'Auch, toutefois "sans accompagnement du parquet de Toulouse", note la mission d'inspection.
Informée de ce changement de parquet, mais sans nouvelles de l'enquête, la mère de Rosa appelle le bureau d'ordre pénal d'Auch, "pour s'enquérir de la procédure de viol sur sa fille". "L'agent procède aux recherches de Cassiopée [le logiciel qui contient les informations nominatives relatives aux plaintes et aux dénonciations], sans résultat. Son interlocutrice, en pleurs et perdue aux dires de l'agent, lui répond que ce n'est pas normal". L'agent cherche alors la procédure, et la transmet "dans une pochette rouge dédiée aux urgences".




