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Baby-sitter condamné pour agression sexuelle présumé coupable de viols sur 18 enfants
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20 Minutes·6 sa önce·🇫🇷France·Crime

Baby-sitter condamné pour agression sexuelle présumé coupable de viols sur 18 enfants

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20 Minutes
Yayıncı
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En janvier dernier, au travers du témoignage de Sylvie*, mère d’un petit garçon âgé de 5 mois en 2023, 20 Minutes révélait qu’un homme, condamné pour agression sexuelle sur un enfant à Nice, offrait ses services de baby-sitter dans le Nord via une plateforme en ligne. Depuis, cet homme de 36 ans a été mis en examen, notamment pour des viols et agressions sexuelles sur au moins 18 des 53 enfants qu’il a gardés à sa sortie de détention, entre 2023 et 2025. Pour les familles, l’annonce des faits a marqué le début d’une terrible descente aux enfers, ainsi qu’une plongée au cœur d’une machine judiciaire dont elles ignorent tout.

« J’ai eu recours aux services de Camille O. trois fois, en janvier 2023, pour garder mon fils le soir pendant que j’étais au travail », se souvient Fannie*, dont le fils était âgé de 2 ans en 2023. Mère célibataire de deux enfants, serveuse dans un restaurant lillois, elle n’avait pas d’autre choix à l’époque. Camille O., 36 ans, condamné à cinq ans de prison par le tribunal de Nice, était pourtant inscrit au fichier des délinquants sexuels et n’avait pas le droit de travailler au contact des mineurs. La justice enquêtait par ailleurs sur d’autres soupçons de viol et agression sexuelle sur mineur de moins de 15 ans, survenus en 2014 à Poitiers. L’instruction est toujours en cours.

« J’aurais dû comprendre, j’aurais dû réagir »

Comme pour les autres familles, Fannie était passée par la plateforme Nounou Top, un site « qui inspirait confiance ». « C’est lui qui m’avait proposé ses services, il présentait bien et avait de l’expérience », raconte-t-elle. Mais la jeune maman, âgée de 28 ans aujourd’hui, avait quand même pris ses précautions : elle l’a reçu en entretien, a cherché son nom sur Internet et a assisté à sa première soirée de garde « pour voir comment il se débrouillait ». Rassurée, Fannie lui avait alors confié la garde de son fils, « pour trois soirées de quelques heures ».

A l’époque, elle avait bien noté un changement de comportement de son fils dès le second baby-sitting. « J’avais mis ça sur le compte du "terrible two", quand les enfants grandissent, quand ils commencent à se rebeller un petit peu, à essayer de s’affirmer », déplore-t-elle, ajoutant qu’elle n’avait « jamais pensé à autre chose ». Jusqu’à l’appel d’un enquêteur de la brigade des mineurs de Lille, début janvier 2026. « Quand j’ai entendu ce policier me parler d’agression sexuelle sur mineur, je me suis dit que j’aurais dû comprendre tout de suite, que j’aurais dû réagir. »

Ce coup de fil lui fait l’effet d’une bombe, la plongeant dans le désarroi et l’incompréhension. D’autant que Fannie n’a été entendue par les enquêteurs que dix jours plus tard. Entre-temps, rien. Elle est restée seule avec ses questions et un sentiment de culpabilité immense. « J’ai demandé à mon fils si Camille O. avait eu un comportement inhabituel avec lui, mais il s’est tout de suite braqué et m’a dit : "Laisse maman, c’était il y a longtemps, j’ai oublié, ce n’est pas grave" », raconte Fannie. En faisant ses propres recherches, elle finit par découvrir qu’il a un lourd passé judiciaire. « Je me suis aussi rendu compte que Nounou Top n’avait fait aucune vérification de ses antécédents », enrage-t-elle.

« On est jetés en pleine mer »

Des milliers de questions se bousculent mais le jour de l’audition, le 12 janvier, les policiers ne lui donnent quasiment aucune réponse, notamment parce que l’enquête n’en alors qu’à ses balbutiements. « Je n’ai même pas pu visionner l’audition filmée de mon fils qui avait été entendu à part », déplore-t-elle. Après cela, elle n’a eu aucune nouvelle de la procédure, jusqu’à ce qu’un policier la contacte de nouveau, « il y a quinze jours », pour lui demander une photo de son fils datant de 2023. « On est jeté en pleine mer, estime Fannie. Le policier m’a juste dit qu’une juge d’instruction avait été saisie et que si je voulais avoir des nouvelles, il fallait que je me constitue partie civile. »

La jeune femme a bien conscience que le temps de la justice n’est pas forcément celui des victimes. Pour autant, Fannie s’estime abandonnée : « On nous laisse comme ça, et il n’y a aucun suivi. Si demain on s’écroule, personne ne sera là. »

Contacté par 20 Minutes, le parquet de Lille affirme que « l’association d’aide aux victimes a été saisie pour proposer un accompagnement individuel et personnalisé à tous les parents ». Cela comprend de l’information juridique et, « si la victime le sollicite », un accompagnement psychologique. Mais, plus de cinq mois après la révélation des faits, Sylvie n’a obtenu un rendez-vous que le 11 juin et Fannie n’a pas encore de date fixée.

Notre dossier sur la pédocriminalité

Aujourd’hui, Fannie est partie vivre dans le Pas-de-Calais et ne travaille plus, incapable de faire confiance à qui que ce soit pour garder ses enfants. « Je ne sais toujours pas ce que mon fils a subi et je crains de ne jamais le savoir si Camille O. continue de se murer dans le silence », glisse la jeune maman. Une ignorance qui la rongera probablement tout au long de l’instruction et jusqu’au procès, à imaginer que celui-ci apporte des réponses aux familles.

En attendant, Fannie espère « faire bouger les choses » du côté des politiques sur la question des plateformes comme Nounou Top. « Ce n’est pas normal que ces sites ne soient pas obligés de vérifier les antécédents des personnes qui y proposent leurs services », tempête la jeune femme. Si le projet de loi relatif « à la protection des enfants » soutenu par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, prévoit « d’étendre et améliorer le dispositif de contrôle des antécédents judiciaires », cela ne concerne toutefois pas les plateformes.

* Prénom d’emprunt

This article was originally published by 20 Minutes.

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