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Gers : le suspect de l'enlèvement de Lyhanna, 11 ans, visé par au moins cinq procédures judiciaires pour violences sexuelles sur mineures
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Gers : le suspect de l'enlèvement de Lyhanna, 11 ans, visé par au moins cinq procédures judiciaires pour violences sexuelles sur mineures

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Une fillette de 11 ans toujours portée disparue et un dossier judiciaire qui s'épaissit. Alors que les recherches ont repris jeudi 4 juin pour retrouver la petite Lyhanna dans le Gers, le profil inquiétant du principal suspect se précise. Jérôme Barella, mis en examen pour "enlèvement et séquestration", a été visé par au moins cinq procédures administratives ou judiciaires concernant des violences sexuelles sur des mineures depuis 2017. Il n'avait pourtant jamais été auditionné. Franceinfo vous résume les affaires dans lesquelles l'homme de 41 ans est impliqué.

Décembre 2017 : la mère d'une mineure s'inquiète de la relation qu'elle entretient avec Jérôme Barella

Selon les éléments apportés par la procureure de la République d'Auch mercredi, la justice a retrouvé une première trace de Jérôme Barella en décembre 2017. Il ne s'agit pas d'une plainte, mais d'un signalement. A l'époque, la mère d'une adolescente de 17 ans découvre que sa fille entretient une relation depuis quelques mois avec un homme majeur. "La jeune fille évoquait alors une relation consentie. Au regard de l'âge de cette jeune fille, aucune infraction n'était susceptible d'être caractérisée, a expliqué Clémence Meyer. En effet, son âge, 17 ans au moment des faits, ne permet pas de présumer une absence de consentement." En février 2018, l'affaire a donc été classée sans suite par le parquet d'Auch.

La Dépêche du Midi a pu s'entretenir avec une autre femme, aujourd'hui âgée de 32 ans, qui a rencontré Jérôme Barella lorsqu'elle en avait 17. "J'ai fait sa connaissance après des discussions sur un site de rencontres. Au premier rendez-vous, je l'ai trouvé directement très tactile et insistant. Il caressait mes cuisses et m'a très vite proposé d'aller chez lui, témoigne la Gersoise. Je l'ai repoussé car je sentais qu'il recherchait le rapprochement très vite. Pour moi, j'ai senti qu'il était louche." "Heureusement, ajoute-t-elle, notre première rencontre a eu lieu dans un lieu public, derrière la piscine d'Auch, près du stade." "Vu son comportement, je n'ai pas voulu continuer cette relation. Il me donnait l'impression de rechercher des filles plus jeunes", raconte cette femme, âgée de dix ans de moins que le suspect.

2020 : un licenciement pour "comportement inapproprié" avec une lycéenne

Deux jours après la disparition de Lyhanna, dimanche 31 mai, un dirigeant d'un lycée du Gers a "contacté spontanément la gendarmerie" pour signaler une procédure de licenciement initiée en 2020 à l'encontre de Jérôme Barella. L'homme aurait eu une "relation inappropriée" avec une lycéenne alors qu'il était agent d'entretien dans l'établissement. Des "vérifications urgentes" sont en cours pour savoir si cette relation a fait l'objet d'un signalement auprès des autorités judiciaires. "En l'état, aucune procédure en lien avec cet événement n'a pu être identifiée au sein de mon parquet", affirme Clémence Meyer.

Octobre 2022 : un signalement pour viol sur mineure déposé à Béthune

Deux ans plus tard, en octobre 2022, le parquet de Béthune (Pas-de-Calais) a enregistré un signalement pour viol sur mineure de 15 ans. Selon le procureur de la République de Béthune, celui-ci a été adressé "par le conseil départemental le 18 octobre 2022". "Des instructions d'enquête ont été délivrées le jour même au commissariat de police de Béthune", précise Etienne Thieffry.

A l'époque, "une mineure née en 2013 a dénoncé un viol", a confirmé la procureure d'Auch. Les faits dénoncés se seraient produits courant 2020 (la fillette avait alors 6 ou 7 ans) au domicile du mis en cause à Montestruc-sur-Gers (Gers). Le parquet de Béthune a donc transmis le dossier à celui d'Auch en janvier 2024.

Toutefois, "les actes d'enquête diligentés, notamment le rapport d'examen médico-légal, l'examen psychologique et les témoignages recueillis n'ont pas permis d'étayer suffisamment ces déclarations. Cette procédure a donc fait l'objet d'une décision de classement sans suite le 28 mai 2024 pour le motif que l'infraction était insuffisamment caractérisée", a poursuivi Clémence Meyer.

Il est cependant "tout à fait envisageable" que cette procédure "soit réexaminée", au regard des faits qui sont aujourd'hui reprochés au suspect, pour reprendre les investigations.

Août 2025 : nouvelle plainte pour viol sur une enfant de 10 ans déposée en Haute-Garonne

Un an plus tard, le 22 août 2025, la mère d'une mineure née en 2014 pousse la porte de la brigade de gendarmerie de Plaisance-du-Touch (Haute-Garonne) pour déposer une plainte pour viol sur sa fille, alors âgée de 10 ans. "Le 27 août 2025, l'enfant a été entendue et a dénoncé des faits de viol qui auraient été commis sur sa personne par le mis en cause entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile de ce dernier dans le Gers, a détaillé Clémence Meyer, mercredi, devant les journalistes. Les examens médico-légaux et psychologiques d'usage dans ce type de dossier ont été réalisés en septembre et octobre 2025."

Les faits s'étant produits dans le Gers, le parquet de Toulouse a alors transmis le dossier à celui d'Auch, territorialement compétent. C'est précisément au début du mois de novembre 2025 que "le dessaisissement a été acté", a déclaré à l'AFP le procureur de Toulouse, David Charmatz.

Mais ce n'est que deux mois plus tard, en janvier 2026, que la plainte est arrivée à la gendarmerie de Fleurance. Puis, "le 23 janvier 2026, une attache téléphonique a été actée entre la gendarmerie et le parquet d'Auch, au terme de laquelle il a été prescrit par le magistrat du parquet un certain nombre d'actes d'enquête complémentaires, notamment un complément d'audition de la mère de la mineure, des auditions de témoins, des réquisitions téléphoniques", a listé la procureure d'Auch, Clémence Meyer.

A l'issue de ces actes d'enquête, "un placement en garde à vue du mis en cause était prévu" pour une audition. Cette enquête, précise Clémence Meyer, "était en cours au moment de la disparition de Lyhanna".

3 juin 2026 : une troisième plainte pour viol sur mineure déposée

Lors de sa déclaration devant la presse mercredi soir, Clémence Meyer a fini par dévoiler qu'une nouvelle plainte pour viol sur mineure venait d'être portée à sa connaissance. Seulement, au moment de prendre la parole devant la presse, elle n'avait pas encore pu découvrir "l'entièreté des détails", "le contexte" et "la nature des faits dénoncés".

This article was originally published by France Info.

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