Incendies et canicule en France : le point sur la situation et les aides gouvernementales
Près de 119.000 hectares ont été ravagés par les flammes en France depuis le début de l'année. Le gouvernement annonce des mesures d'aide et une mission de reconstruction.
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Face à des incendies historiques ayant ravagé près de 119.000 hectares en France, le gouvernement débloque des aides d'urgence pour les collectivités et l'agriculture, tout en lançant une mission dédiée à la reconstruction.
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La France fait face à une saison d'incendies historique marquée par des températures élevées et une sécheresse persistante.
Une poignée de main, «c’est par là», un bref silence. Avant un flot de paroles. À peine installé à la grande table ronde qui meuble son bureau, il ne faut pas trente secondes à Xavier de Volontat, 74 ans et maire de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse (Aude), pour se lancer dans le récit minute par minute de l’incendie qui a touché sa commune il y a un an. Il n’a pas oublié un seul détail de ce «traumatisant» 5 août 2025 où «à 16 heures je pense que le feu n’arrivera jamais ici. Et à 17, je me dis “on est morts”».
«Il n’y avait pas un vent à décorner les bœufs, tout juste une petite tramontane. Mais en cinq minutes, de chez moi, j’ai vu un énorme champignon parcourir la forêt et foncer droit sur Saint-Laurent», se souvient l’édile, en retraçant avec précision le passage du feu sur un vieux plan des Corbières fixé au mur. Dans les heures qui suivent, il faut ouvrir un foyer, réunir les adjoints, organiser les évacuations. Certains ne veulent pas quitter leur maison, comme une habitante de la commune de 65 ans, au prix de sa vie ce jour-là. Car la suite a marqué la France entière. L’incendie parti de Ribaute (à une quinzaine de kilomètres de Saint-Laurent), qui mettra cinq jours avant d’être maîtrisé par les pompiers et 23 pour être déclaré éteint, a touché 16 communes et parcouru 16.000 hectares en en brûlant entièrement 11.000. Au total, 36 maisons ont été détruites. Selon la base de données gouvernementale des incendies de forêt (BDIFF), il s’agit du pire incendie depuis au moins cinquante ans sur le pourtour méditerranéen français.
2026 devrait être une année historique sur le front des incendies. En à peine sept mois, près de 119.000 hectares ont ainsi été ravagés par les flammes en France. Ce bilan dépasse d’ores et déjà celui de l’ensemble de la saison dernière. Une situation favorisée par les fortes chaleurs et la sécheresse qui touchent l’Hexagone depuis plusieurs mois. Du Var à la Gironde jusqu’à la Drôme, plusieurs sinistres continuent de mobiliser les pompiers ce mercredi.
Afin de suivre au plus près l’évolution des incendies, les cartes sont mises à jour toutes les heures. Toutefois, les données étant issues de satellites, leur actualisation dépend de la fréquence de passage de ces derniers au-dessus de la zone concernée.
L’incendie ayant brûlé près de 240 hectares de forêt dans le massif de Claps depuis lundi, près de Bellegarde-en-Diois dans la Drôme, est «stable», ont indiqué jeudi les pompiers.
Le feu n’a pas progressé cette nuit malgré quelques reprises constatées. «Ces foyers sont inaccessibles actuellement et ne présentent pas de danger, sauf en cas de fort vent du sud ou de conditions météo extrêmes», a précisé le lieutenant-colonel Alain Pradon, du Sdis 26, lors d’un point presse à 7H.
Depuis lundi, sept sapeurs-pompiers ont été légèrement blessés dans la lutte contre ce feu de forêt, a-t-il ajouté. Aucune habitation n’a été touchée.
Jeudi, le travail des pompiers (jusqu’à 325 toujours mobilisés) va consister à sécuriser les lisières et circonscrire le feu. La surface de forêt brûlée reste pour l’instant «stable» à 240 hectares.
En juillet, à une quinzaine de kilomètres dans le massif du Justin, un feu de forêt avait parcouru près de 4.400 hectares de végétation dans une zone montagneuse au-dessus de Die. Plus d’un millier de personnes de hameaux, colonies de vacances et d’un camping avaient été évacuées par précaution.
Les départements du Rhône et de l’Isère sont rétrogradés en vigilance jaune pour canicule, a annoncé jeudi Météo-France dans son bulletin de 6 heures, qui maintient toutefois six départements du sud-est et la Corse à ce niveau d’alerte.
Dans les Alpes-Maritimes, l’Ardèche, la Drôme, le Gard, le Var, le Vaucluse ainsi que les deux départements de Corse, la vigilance orange canicule est ainsi maintenue au moins jusqu’à vendredi, indique le prévisionniste dans son dernier bulletin.
«Après une nuit souvent chaude, les maximales ce jeudi atteignent 36°C à 38°C sur les départements placés en vigilance orange, jusqu’à 40°C dans l’intérieur du Var», indique Météo-France.
«Dans la nuit de jeudi à vendredi, les minimale sont comprises le plus souvent entre 20°C et 25°C sur les régions méditerranéennes, et les maximales vendredi y sont du même ordre que la veille», prévoit encore l’organisme météorologique.
Une première enveloppe d’aide de 300.000 euros, destinée à aider les collectivités affectées par le mégafeu en Gironde à réaliser des «travaux urgents», a été débloquée mercredi par la préfecture, qui a mis sur pied un «comité de pilotage» pour la reconstruction.
«Pour répondre aux premiers besoins identifiés dans les territoires touchés, la préfète a annoncé la mobilisation immédiate d’une enveloppe de 300.000 euros, financée sur une ligne budgétaire de la préfecture de la Gironde pour aider les collectivités dans leurs travaux urgents, que le ministère des collectivités locales abondera selon les besoins», a écrit la préfecture dans un communiqué. Ce déblocage «constitue une première aide financière de l’État», a-t-elle ajouté.
La préfète Sophie Brocas a installé mercredi le comité de pilotage «consacré à la reconstruction et à l’accompagnement des territoires touchés», en présence des collectivités concernées et des maires de 23 communes contraintes à l’évacuation face à l’incendie, qui a ravagé 42.000 hectares, le plus vaste en superficie depuis 1949 en France.
Les élus ont pu évoquer leurs premières attentes: «relogement» des sinistrés, «sécurisation des pins menaçant de chuter» ou encore «réfection des routes», a souligné la préfecture. Environ 240 habitations ont été détruites par les flammes, les trois-quarts sur la commune du Porge (3.500 habitants), selon un bilan provisoire. Aucune perte humaine n’est à déplorer, ni aucun blessé civil.
Sébastien Lecornu a lancé mercredi une mission «Reconstruction et Adaptation des Territoires» (MRAT), destinée à piloter la reconstruction des zones sinistrées après les incendies de l’été, a annoncé Matignon.
Cette mission, promise dimanche par le premier ministre, sera composée de cinq experts et aura pour objectif «d’accélérer et de faciliter la reconstruction, le soutien économique et l’appui à la population» des zones touchées par les incendies qui ont brûlé quelque 120.000 hectares de forêt en France depuis le début de l’année.
Rattachée au premier ministre, elle traitera «prioritairement des feux de forêt et de végétation survenus en juillet ainsi que ceux d’ampleur analogue qui pourraient survenir au cours des prochaines semaines».
Elle devra «accompagner la reconstruction dans une démarche durable et raisonnée», en appuyant les acteurs locaux pour «l’adaptation des territoires aux conséquences du réchauffement climatique».
Cela passera notamment par «l’évolution des règles en matière de prévention du risque incendie (obligations légales de débroussaillement et mise en place de pare-feux), d’urbanisme et de modes de construction» et «la transformation des écosystèmes, tant dans le choix des essences végétales que dans l’aménagement, l’entretien et l’exploitation de la forêt». La MRAT devra aussi «concourir au retour d’expérience national, essentiel pour éviter de nouveaux feux».
Cette mission sera codirigée par Anne Cornet, ancienne adjointe au chef de la mission de reconstruction de Mayotte, et Antoine Grezaud, ex-directeur adjoint du cabinet du ministre de la Transition écologique (2022-2024). La structure sera également composée de Matthieu Guerlain (ancien DGA Finances de Bordeaux Métropole), Louis Moreau de Saint-Martin (ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts) et d’Yves Ducos (ingénieur général honoraire des ponts des eaux et des forêts, et ex-chef de l’Inspection générale de l’ONF).
Un plan «global» pour ne laisser «aucun agriculteur seul» face aux canicules, à la sécheresse et aux incendies : le gouvernement a répondu mercredi aux alertes lancées par l’ensemble du monde agricole, qui devra toutefois attendre des estimations plus précises des pertes pour calibrer les aides.
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé dans un communiqué un «plan global d’accompagnement canicule - sécheresse - incendies» pour qu’aucun agriculteur ne soit «laissé seul face à cette situation».
Il «comportera des mesures d’urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées», indique le ministère dans un communiqué.
Au cas par cas, sur le terrain, le ministère souhaite aussi «adapter les mesures de gestion de l’eau» afin de «concilier la préservation de la ressource en eau avec la continuité des productions agricoles», rappelant que 98 départements sont concernés par la sécheresse, dont 57 en situation de crise, avec des restrictions importantes.
ما الذي يجب مراقبته
توقعات الذكاء الاصطناعي — احتمالات وليست حقائق
Maintien de la vigilance orange canicule jusqu'à vendredi
مرجح جداً · خلال أيام
أسئلة مفتوحة
- Quel sera le montant total des pertes agricoles ?
- Quelles seront les nouvelles normes de prévention ?




