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L'OMS déclenche une alerte internationale de niveau 2 face à une nouvelle épidémie d'Ebola en RDC
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France Info·17.05.2026·🇫🇷France·صحة

L'OMS déclenche une alerte internationale de niveau 2 face à une nouvelle épidémie d'Ebola en RDC

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L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclenché, dimanche 17 mai, son deuxième niveau d'alerte internationale le plus élevé face à une nouvelle épidémie d'Ebola frappant de plein fouet la République démocratique du Congo (RDC). Le nord-est du pays est touché par la propagation d'un variant du virus, particulièrement létal et pour lequel il n'existe ni vaccin ni traitement. Samedi, l'OMS avait recensé près de 250 cas suspects et 80 morts. Voici ce que l'on sait de la situation sanitaire dans ce pays d'Afrique centrale.

L'épidémie s'est déclarée dans une province reculée de la RDC

L'épidémie d'Ebola est localisée dans la province d'Ituri, dans le nord-est de la RDC, deuxième plus vaste pays d'Afrique. Cette région aurifère, frontalière de l'Ouganda et du Soudan du Sud, connaît d'intenses mouvements de population liés à l'activité minière.

L'accès à certaines zones, en proie à des violences armées, est difficile pour des raisons de sécurité. D'autant que le pont Nizi, "principal ouvrage sur l'axe Iga Barrière-Mongbwalu", qui rallie l'une des principales villes de la région, "s'est effondré en novembre 2025 et n'a jamais été reconstruit", précise RFI.

Au moins 80 morts suspectes

Le foyer de l'épidémie se trouvant dans une zone difficilement accessible, peu d'échantillons ont pour l'instant été testés en laboratoire et les bilans s'appuient majoritairement sur des cas de suspicion. "Nous voyons des gens mourir depuis deux semaines", a raconté Isaac Nyakulinda, un représentant de la société civile de la ville de Rwampara, contacté par l'AFP. "Il n'y a pas de lieu pour isoler les malades. Ils décèdent à domicile et leurs corps sont manipulés par les membres de leurs familles", a-t-il témoigné.

L'OMS a confirmé samedi huit cas en laboratoire et recensé 246 cas suspects et 80 morts suspectes dans la province, ainsi qu'un autre cas confirmé à Kinshasa, dans l'ouest de la RDC, et un décès à Kampala, en Ouganda, parmi des voyageurs récemment revenus d'Ituri. De son côté, l'Agence sanitaire de l'Union africaine, l'Africa CDC, dit avoir enregistré 88 morts vraisemblablement dus au virus sur 336 cas suspects.

Des épidémies d'Ebola régulières en Afrique

Les épidémies d'Ebola sont fréquentes en Afrique. Le virus, découvert en 1976, provoque une fièvre hémorragique extrêmement contagieuse. La transmission humaine du virus est possible par fluides corporels ou par le sang, que la personne infectée soit vivante ou morte. Les malades ne deviennent contagieux qu'après l'apparition des symptômes, la période d'incubation pouvant aller jusqu'à 21 jours.

"Maladie rare, mais grave", elle est "souvent mortelle chez l'humain", précise l'OMS, qui rapporte un taux de létalité moyen "d'environ 50%", même si "au cours des flambées précédentes, les taux sont allés de 25% à 90%". Au total, le virus a fait plus de 15 000 morts en Afrique au cours des 50 dernières années. En RDC, le précédent épisode épidémique, déclaré en août 2025 et endigué en décembre, avait fait au moins 34 morts. Mais l'épidémie la plus meurtrière dans le pays avait fait près de 2 300 morts pour 3 500 malades, entre 2018 et 2020.

Le variant Bundibugyo est très agressif

La RDC est frappée par l'un des trois variants connus d'Ebola, le Bundibugyo, pour lequel il n'existe pour l'heure aucun vaccin ni traitement spécifique, a souligné samedi le ministre de la Santé congolais, Samuel-Roger Kamba. Ces derniers sont efficaces uniquement contre la souche Zaïre, à l'origine des plus grandes épidémies recensées. Le variant Bundibugyo n'a provoqué que deux épidémies dans le monde à ce jour, en Ouganda en 2007 (42 décès sur 131 cas confirmés) et en RDC en 2012 (13 décès sur 38 cas confirmés). "Avec cette souche, le taux de létalité est très important, on peut aller jusqu'à 50%", a relevé samedi le ministre de la Santé congolais.

Une "urgence de santé publique" qui n'est pas encore "une urgence pandémique"

Selon un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche par l'OMS sur le réseau social X, le virus "constitue une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), mais ne répond pas aux critères d'une urgence pandémique". L'USPPI est, depuis 2024, le deuxième niveau d'alerte le plus élevé de l'OMS, derrière celui d'"urgence due à une pandémie".

La situation est "effroyable en termes de maladie et de sévérité", a estimé sur franceinfo l'infectiologue Xavier Lescure, responsable de la mission nationale de coordination opérationnelle du risque épidémique et biologique. Le spécialiste constate un "retard à l'allumage" face à un "foyer assez explosif" de ce virus et s'inquiète de l'importation du virus à Mayotte, "porte d'entrée d'une migration, parfois illégale, qui vient de la région des Grands Lacs". Le ministère de la Santé assure par ailleurs à Radio France que l'agence régionale de santé (ARS) de Mayotte "est toujours très attentive à maintenir un niveau de vigilance sur le risque Ebola qui est fréquent au regard des flux migratoires".

Un appel à "agir rapidement"

Les spécialistes demandent aux autorités de tout mettre en œuvre pour contenir l'épidémie. "En Ituri, de nombreuses personnes ont déjà du mal à accéder aux soins de santé et vivent dans une insécurité permanente. Il est donc essentiel d'agir rapidement pour empêcher que l'épidémie ne s'aggrave davantage", a ainsi expliqué dans un communiqué Trish Newport, responsable du programme d'urgence de Médecins sans frontières (MSF). L'ONG est présente sur place.

This article was originally published by France Info.

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