La Mode en majesté : Haute couture et tradition à la cour de Thaïlande au MAD
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Le musée des Arts décoratifs (MAD) présente "La Mode en majesté", une exposition explorant l'évolution du vêtement à la cour de Thaïlande, avec une centaine de tenues royales et une mise en avant des créations de la reine Sirikit.
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L'exposition "La Mode en majesté" au MAD explore le dialogue culturel entre la France et la Thaïlande à travers la mode de cour, mettant en lumière la collaboration entre la reine Sirikit et des maisons de couture françaises.
Jusqu'au 1er novembre, le musée des Arts décoratifs (MAD) présente La Mode en majesté. Haute couture et tradition à la cour de Thaïlande.
Cette exposition, consacrée à l'évolution du vêtement à la cour, réunit une centaine de tenues et d'accessoires des garde-robes royales. Elle met en avant, entre autres, les huit formats de costumes traditionnels thaïlandais conçus par Sa Majesté la reine Sirikit en collaboration avec une équipe d'historiens et de créateurs thaïlandais.
Cette histoire du dialogue culturel et artistique est marquée par plus de trente années de collaboration entre Sa Majesté la reine Sirikit et le créateur de mode Pierre Balmain, poursuivie avec les maisons Balmain et Lesage. Organisée en collaboration avec le Queen Sirikit Museum of Textile en Thaïlande et le Sustainable Art and Craft Institute of Thailand, l'exposition s'inscrit dans le cadre des célébrations du 170e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la France et la Thaïlande.
"C'est une véritable collaboration France-Thaïlande qui a été vite complice et très positive, même si on a beaucoup travaillé à distance. Ce que vous verrez dans l'exposition est une histoire qui s'ouvre aussi sur le futur : ce n'est pas une histoire figée. C'est une histoire en mouvement qui a un très bel avenir. Nous avons travaillé sous le patronage de Son Altesse Royale la princesse Sirivannavari. (...). Cela a été un exercice extrêmement intéressant et surtout un soutien très fort qui a permis que l'exposition puisse avoir des prêts exceptionnels, comme les 40 tenues royales de la reine Sirikit. Elle a une manière de renouveler cette tradition qui est très importante et très intéressante et de soutenir aussi les autres créateurs thaïlandais toujours en favorisant l'intégration des tissus thaïlandais dans la création contemporaine", a indiqué Béatrice Quette, conservatrice responsable des collections asiatique et islamique du MAD.
Depuis les années 1960, la reine Sirikit entretient des relations étroites avec de grandes maisons de couture françaises et européennes. Passionnée de mode, elle a joué un rôle central dans la modernisation de la tenue de cour, présentant ses créations lors de voyages officiels avec le roi Rama IX. Avec l'aide de Pierre Balmain, elle a réinventé l'élégance royale thaïlandaise, préservant son héritage tout en lui assurant un attrait international. Les pièces exposées, issues des garde-robes de la famille royale, offrent un aperçu de la riche tradition artisanale thaïlandaise dans le domaine des textiles, des bijoux et des accessoires.
Engagée dans la préservation des traditions, la reine Sirikit a œuvré pour sauvegarder les arts textiles et l'artisanat de son pays, ce qui a conduit à la création de la Fondation Support en 1976. Aujourd'hui, placée sous le patronage de la reine Suthida, elle continue à défendre et à développer sa mission, tandis que sa petite-fille, la princesse Sirivannavari, perpétue cet héritage en tant que créatrice de mode, en soutenant la jeune génération de créateurs thaïlandais. L'exposition dévoile le processus de travail et de recherche entre Sa Majesté, la maison Balmain, la maison Lesage et la Fondation Support par des dessins, échantillons de textile et broderies.
Le parcours envisage la mode comme une forme de diplomatie culturelle, fondée sur l'image, les matières et les savoir-faire. Les soieries thaïlandaises et les tenues de cérémonie ont acquis une visibilité internationale grâce aux collaborations menées avec la couture parisienne, l'expertise française contribuant en retour à la diffusion mondiale des textiles thaïlandais dans une relation fondée sur la réciprocité et l'échange créatif.
L'exposition s'ouvre sur les années 1960, période où la reine Sirikit entretient des relations étroites avec les grandes maisons de couture françaises et effectue une visite officielle en France avec son mari le roi Rama IX, présentant ses créations lors des voyages officiels effectués en 1960 dans 14 pays européens et aux États-Unis. Avec le couturier Pierre Balmain, elle élabore une nouvelle expression de l'élégance royale thaïlandaise, conciliant fidélité à l'héritage et ouverture internationale.
Pour ses visites d'Ètat à l'étranger, la reine Sirikit confie à Pierre Balmain la conception d'une garde-robe capable de traduire l'héritage thaïlandais dans les savoir-faire de la maison française. Le couturier aborde la tenue thaïlandaise comme une composition de haute couture, menant une étude approfondie des formes, des proportions et des textiles, issus d'une tradition fondée sur l'enveloppement et le drapé plutôt que sur la coupe occidentale. Travaillant la soie thaïlandaise, le brocart, le mat mii (ikat) et la broderie, le couturier élabore des silhouettes adaptées aux contextes officiels internationaux, à la fois ancrées dans la tradition et ouvertes à la modernité.
L'exposition s'articule autour de la garde-robe de la reine Sirikit dont le style et la modernité ont influencé la perception internationale de la Thaïlande à une période charnière de son histoire. Dans les années 1960, ses apparitions lors des visites d'État ont attiré l'attention de la presse internationale, faisant d'elle une figure emblématique dont l'élégance dépasse le cadre diplomatique. Dans le contexte de l'après Seconde Guerre mondiale, alors que la Thaïlande réaffirme sa place sur la scène mondiale sous le règne du roi Bhumibol Adulyadej (Rama IX), le vêtement devient un vecteur d'affirmation identitaire associant raffinement et continuité culturelle.
L'éloge de la main
Dans l'exposition, une place est accordée aux savoir-faire thaïlandais, avec les techniques et processus qui structurent la tradition de la tenue de cour et nourrissent, encore, la création contemporaine. Études de matériaux et dispositifs audiovisuels mettent en lumière ces savoir-faire tels que le tressage du lipao, la peinture sur éventail pliant, le travail du nielle, le damasquinage à l'or ou la peinture sur céramique de Bencharong, envisagés comme des traditions vivantes. Cette approche souligne le lien étroit entre artisanat et création, montrant combien les compétences matérielles demeurent au cœur du design thaïlandais.
La préservation de ces traditions s'inscrit dans l'action de la Fondation Support, conçue pour protéger les savoir-faire traditionnels et soutenir des moyens de subsistance durables pour les artisans ruraux. Elle a ainsi assuré la continuité de techniques telles que le tissage, le travail de l'osier ou des métaux, plusieurs d'entre elles étant présentées dans l'exposition.
Un programme de démonstrations et d'ateliers animés par des maîtres artisans thaïlandais est, par ailleurs, présenté au MAD. "Cette présentation des savoir-faire s'est fait grâce au soutien du Sustainable Art and Craft Institute of Thailand, organisme qui soutient les arts traditionnels thaïlandais. Ils nous ont proposé de faire des démonstrations de métiers différents en amont de l'exposition", souligne la conservatrice responsable des collections asiatique et islamique.
Une tradition en constante évolution
Aux côtés des pièces historiques, l'exposition réunit des tenues portées ou commandées par la reine Suthida et la princesse Sirivannavari Nariratana Rajakanya. Ces œuvres témoignent de la continuité des principes établis sous le règne de la reine Sirikit – clarté des formes, maîtrise des textiles, réinterprétation du vêtement traditionnel – qui nourrissent la création contemporaine et le rayonnement international de la mode thaïlandaise.
Le parcours s'achève par une présentation de créateurs thaïlandais contemporains, héritiers et interprètes de cette tradition toujours vivante. Les créations de la princesse Sirivannavari Nariratana Rajakanya dialoguent avec celles de designers tels que Asava, Vatit Itthi, Wisharawish, Tirapan et Meshmuseum. Elles inscrivent le vêtement thaïlandais dans le présent et l'avenir, affirmant la voix de la création contemporaine thaïlandaise dans la mode internationale.
أسئلة مفتوحة
- Quel impact aura l'exposition sur la jeune génération de créateurs thaïlandais ?
- Comment les savoir-faire traditionnels seront-ils intégrés dans la mode future ?




