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Les 24 Heures du Mans : la nuit, un défi pour les pilotes et les spectateurs
رياضة
France Info14.06.2026رياضة6 dk okumaFrance

Les 24 Heures du Mans : la nuit, un défi pour les pilotes et les spectateurs

نظرة سريعة

  • La nuit des 24 Heures du Mans est une expérience unique, mêlant spectacle visuel, ambiance festive et défis physiologiques pour les pilotes.
  • Entre veillées nocturnes et relais intenses, la course impose un rythme effréné où le sommeil se fait rare.

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La nuit des 24 Heures du Mans est une période où l'éclairage artificiel remplace la lumière du jour, créant une ambiance unique et des défis spécifiques pour les pilotes et les spectateurs.

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La pénombre ne tombe jamais vraiment sur le circuit de la Sarthe, baigné de lumière artificielle du coucher jusqu'au lever, et le sommeil est souvent dur à trouver pour les spectateurs des 24 Heures du Mans. Si certains ont fini par céder aux bras de Morphée à mesure que la fraîcheur revenait autour de la piste, dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 juin, d'autres préfèrent regarder confortablement la course sur un écran au camping, d'autres encore faire un détour par le concert de Mosimann, mais nombreux sont ceux qui veillent, comme chaque année, pour ne rater aucun vrombissement.

"La course dure 24 heures, je reste réveillé 24 heures", assène Thomas, enfoncé dans sa chaise de camping, une boîte en carton garnie de frites posée sur les genoux. Ils sont des centaines, ou un petit millier, perchés sur la butte faisant face au virage du Karting où la BMW n°15 a perdu toute chance de victoire, à la tombée de la nuit, en flirtant de trop près avec une LMP2.

"C'est magnifique, la nuit, apprécie François, qui vient régulièrement voir la classique mancelle depuis 40 ans. Il y a une ambiance très particulière, c'est indescriptible. Voir ces bolides tourner dans le noir, c'est encore plus spectaculaire." Le hasard a tout de même fait sortir la voiture de sécurité quelques minutes avant le traditionnel show de minuit, laissant le public apprécier un feu d'artifice moins englouti par les pétarades de la piste.

"C'est un peu féerique", admire encore François entre deux hurlements de prototypes. Il y a bien quelque chose de méditatif, à regarder les têtes silencieuses qui se tournent à allure régulière pour suivre les flashs des voitures, même si la fumée des grillades mêlée aux effluves d'essence peut s'avérer écœurante à la longue.

"Les odeurs de barbecue, c'est très important, on se sent vivant", sourit le pilote Erwan Bastard, qui a pris le départ en catégorie LMGT3 en 2024. Plus piégeux que les fumets appétissants, les phares, les lumières qui jalonnent le circuit et les voyants dans le cockpit créent des effets d'optiques pour les pilotes qui naviguent à 300 km/h. "C'est la première chose que m'avait dite mon père, confie Giuliano Alesi, fils de l'illustre Jean Alesi, qui participe pour la première fois à la course mythique ce week-end. Les repères changent un petit peu. On a l'impression de rouler deux fois plus vite, on voit aussi moins loin. Il faut se fier un peu plus au ressenti."

Globalement, les pilotes sont unanimes : ils adorent la nuit. "On a l'impression d'être seul au monde, avec le son de la voiture à presque 300, on est un peu en transe", savoure Erwan Bastard. "Sur les coups de 22h ou de 5h du matin, on commence à voir le crépuscule ou l'aube, on voit un changement de décor", complète Thomas Laurent, qui a remporté la course en LMP2 en 2017, et fini dans le top 5 en catégorie reine les deux années suivantes.

"C'est incroyable de faire son relais pendant ce changement de lumière. Le soleil nous accompagne. Pour moi, c'est l'un des plus beaux moments."

Thomas Laurent

à franceinfo: sport.

Reste que la nuit est un défi physiologique pour les hommes et femmes au volant, qui se relaient à trois, effectuant tour à tour des passages d'une heure et demie à trois heures dans le baquet. Les fenêtres pour dormir sont donc réduites, entre une et trois heures également, après un intense effort physique, et avant le dénouement de la course quand le soleil aura refait surface. "Dès que tu as le plan et tu sais à quelle heure tu roules, c'est bien de prendre des petites siestes en plus, d'aller se reposer 10-15 minutes quand tu as le temps", précise Giuliano Alesi. Chacun a ses astuces : un petit en-cas, dormir en combinaison pour gagner du temps au réveil, avec des écouteurs pour se distraire...

"J'ai carrément dormi sur un pouf !"

Voilà la théorie. Car en pratique, c'est parfois plus compliqué. Erwan Bastard l'a expérimenté lors d'une édition 2024 inondée par la pluie pendant une bonne partie de la nuit, multipliant le risque d'imprévus. "Je suis allé dormir à deux heures du matin, mais on pouvait avoir besoin que je remonte dans la voiture à tout moment donc j'ai dû dormir dans l'hospitalité Aston Martin [derrière le stand], se souvient le pilote originaire du Loiret. J'ai carrément dormi sur un pouf ! Je ne m'attendais pas à ce que ma nuit se passe comme ça, un peu à l'arrache, mais en fonction de la stratégie, des conditions météorologiques, il faut être prêt à tout."

Malgré les soins prodigués par les ostéopathes, physiothérapeutes ou masseurs, avant et après les relais, les néophytes peinent souvent à trouver le sommeil. "Mes deux premières éditions, c'était hyper dur de dormir, raconte Romain Brandela, trois départs au compteur (2013, 2014 et 2017). Il y a tellement d'adrénaline, en fait je n'ai jamais dormi parce que je voulais vivre mon rêve à fond. Je me suis laissé complètement embarquer, j'ai absolument pas géré la nuit, c'était une catastrophe !"

Rythme d'enfer ou procession somnifère

Pour les équipages mêlant professionnels et amateurs – tous les engagés en LMGT3 et une petite moitié des LMP2 –, la nuit est aussi un moment stratégique de la course. Les pilotes les moins aguerris passent souvent leur tour, par manque d'aptitude autant que par stratégie. Car c'est au cœur de l'obscurité que surgissent les fulgurances des pilotes les plus rapides. "Quand la température baisse, les conditions de piste s'améliorent et le moteur respire un peu mieux, explique Erwan Bastard. C'est là qu'on va aller chercher les meilleurs chronos, ou au petit matin." Le constat a rarement été aussi flagrant que sur cette 94e édition, avec une piste brûlante (40°C) au départ.

Sauf quand, comme il y a deux ans, les voitures sont freinées pendant une grande partie de la nuit par la voiture de sécurité. "Là, pour le coup, on s'ennuie vraiment, admet Erwan Bastard. On est en limitateur de vitesse, à fond sur la pédale d'accélérateur, on suit la voiture qui est devant mais il n'y a rien à faire. Une heure et demie comme ça, c'est difficile de se rendre compte à quel point c'est long. En fait, c'est l'équivalent d'être sur l'autoroute."

Mais les pilotes ne sont pas les plus à plaindre. "Souvent, dans le stand, les ingénieurs font 24 heures d'affilée et ne dorment pas, ils sont sous café", compatit le pilote de 27 ans. Ils ne sont pas les seuls. Kazuki Nakajima, triple vainqueur des 24 Heures du Mans (entre 2018 et 2020) devenu vice-président de Toyota Gazoo Racing, regrette presque son baquet. "Je dors moins que quand je pilotais, remarque-t-il. En tant que pilote, on est encouragé à dormir autant que possible, alors que dans l'encadrement, tout ce qu'on peut sacrifier est généralement bénéfique pour l’équipe."

أسئلة مفتوحة

  • Comment les équipes gèrent-elles la fatigue des ingénieurs ?
  • Quelles sont les stratégies spécifiques pour optimiser le sommeil en course ?

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This article was originally published by France Info.

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