Les chemins de Compostelle en plein essor : succès des films, afflux de pèlerins et défis du surtourisme
نظرة سريعة
- Les chemins de Compostelle connaissent un succès sans précédent, porté par des films à succès et une fréquentation record de pèlerins.
- Si l'afflux renforce l'intérêt universel du chemin, il soulève aussi des questions de surtourisme et de gestion des flux.
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لماذا يهم
Les chemins de Compostelle, autrefois en désuétude, connaissent un renouveau spectaculaire depuis les années 1980, avec un boom post-Covid et des records de fréquentation en 2025.
Avec plus de 8 millions de spectateurs et plus de 70 millions d’euros de recettes, il a explosé tous les records au box-office italien en début d’année, ne laissant que des miettes au troisième volet de la saga Avatar. Disponible depuis quelques semaines sur Netflix, la comédie Buen Camino avec la star Checco Zalone à l’affiche a mis de l’autre côté des Alpes un sacré coup de projecteur sur les chemins de Compostelle. En France, le film Compostelle avec Alexandra Lamy a également rencontré le succès avec près de 1,2 million d’entrées depuis sa sortie en salles début avril. De quoi renforcer encore l’intérêt pour le Camino dont la fréquentation a explosé ces dernières années.
« Les chemins sont longtemps tombés en désuétude avant de connaître un renouveau à partir de la fin des années 1980, souligne Laure Koupaliantz, directrice de l’Agence française des Chemins de Compostelle. Cela s’est poursuivi dans les années 2000 avec un boom après le Covid. » En 2025, un nouveau record de fréquentation a ainsi été battu avec 530.998 pèlerins qui ont randonné sur les chemins et ont rejoint la capitale de la Galice, soit une hausse de 6,2 % sur un an. « Et encore, on ne parle que des personnes qui sont passées par le bureau d’accueil des pèlerins à Saint-Jacques de Compostelle pour obtenir la Compostela, le certificat de pèlerinage, donc la fréquentation est encore supérieure », précise-t-elle.
« L’autoroute » sur les 100 derniers kilomètres
Durant la période estivale, la capitale de la Galice doit absorber chaque jour un flot de milliers de pèlerins venus de toute la planète. Avec en tête les Espagnols bien sûr, suivis des Américains, des Italiens, des Allemands, des Portugais et des Anglais. « On voit aussi de plus en plus de personnes d’Amérique latine, d’Amérique du Sud ou du continent asiatique, ce qui prouve le caractère universel exceptionnel de ce chemin qui parle au-delà des cultures et de la simple Europe », confirme Laure Koupaliantz. Dans les ruelles de la ville sainte de 100.000 habitants, cet afflux toujours croissant fait pourtant grincer des dents les locaux qui dénoncent les impacts de ce surtourisme (déchets, nuisances, hausse des loyers…).
Une surfréquentation que l’on peut d’ailleurs observer tout au long des 100 derniers kilomètres du Camino Francès, la distance minimum à faire pour obtenir sa précieuse Compostela. « C’est une vraie autoroute et ce n’est vraiment pas agréable à certains moments de randonner avec autant de personnes sur le chemin, surtout quand on a marché seul et dans le calme avant », reconnaît Jean Pouliquen, un retraité breton qui a déjà rejoint une dizaine de fois Santiago depuis la France, avec dans les chaussettes 12.000 kilomètres sur les chemins de Compostelle.
Faire les chemins en ne quittant pas la France
« On les reconnaît de toute façon ceux qui viennent pour les 100 derniers kilomètres, ils débarquent tout frais et bien sapés alors que nous, on est habillés en schlag », sourit Pauline, créatrice de contenus derrière le compte Instagram@tusaispasquoiii, qui a marché du Puy-en-Velay (Haute-Loire) jusqu’au point final cet automne. Mais tout le monde n’a pas le temps ni l’envie de se taper 1.500 kilomètres à pied. Beaucoup de pèlerins se contentent ainsi de randonner simplement quelques jours sur de petits tronçons en ne quittant pas la France.
Là aussi, les chemins de Compostelle séduisent un public toujours plus nombreux en quête de reconnexion à soi et à la nature. « On a eu une hausse des pèlerins ces dernières années mais on est plutôt sur une stabilisation », souligne Laure Koupaliantz. A certains moments de l’année et sur certains tracés, comme celui entre Le Puy-en-Velay et Conques, le plus célèbre, il arrive parfois que le sentier de randonnée balisé de coquilles soit très fréquenté.
« Un bien culturel et pas un produit marketing »
Mais la directrice de l’Agence française des Chemins de Compostelle ne veut surtout pas parler de surtourisme. « C’est un fantasme, assure-t-elle. Je préfère parler de saturation ponctuelle des services à certains endroits et sur certains tronçons. C’est plus facile par exemple de trouver un hébergement quand on est dans une ville que sur le plateau de l’Aubrac. Quand on veut faire les chemins, cela se prépare donc. » Avec la popularisation du pèlerinage sur les réseaux sociaux et l’arrivée de nouveaux publics aux profils multiples sur les chemins, elle reconnaît toutefois que des conflits d’usage peuvent survenir.
« On milite pour des chemins pour tous et globalement, le gros des cheminants est respectueux. Mais c’est vrai qu’on a parfois quelques randonneurs peu aguerris qui ne respectent pas les codes de bonne conduite ou qui ne sont pas dans une démarche de sobriété heureuse, souligne-t-elle. Cela peut créer des conflits, de l’incompréhension et faire perdre un peu le sens de cet itinéraire. A nous de rappeler dans ce cas que l’on est sur un bien culturel et pas sur un produit marketing ou touristique. »
أسئلة مفتوحة
- Comment gérer durablement l'afflux de pèlerins ?
- Quelles solutions pour les conflits d'usage locaux ?


