Malte : la finance décentralisée face au règlement MiCA
نظرة سريعة
Le régulateur financier maltais (MFSA) consulte sur l'application du règlement MiCA à la finance décentralisée (DeFi), soulevant des craintes dans le secteur quant à une potentielle classification par défaut comme émetteur d'actifs numériques.
ملخص مُنشأ بالذكاء الاصطناعي
لماذا يهم
Le régulateur financier maltais consulte sur l'application du règlement européen MiCA à la finance décentralisée, un secteur jusqu'ici non couvert par le texte. La consultation vise à déterminer comment les règles s'appliqueraient aux différents acteurs de la DeFi.
MiCA face à la DeFi. Le 12 juin dernier, le régulateur financier de Malte a publié un document de consultation sur l’application du règlement MiCA aux activités de la finance décentralisée. La MFSA (Malta Financial Services Authority) y détaille ses interrogations sur la manière dont les dispositions du texte devraient s’appliquer aux différents acteurs de la DeFi, et elle réclame l’avis des professionnels. Les réponses sont attendues pour le 10 juillet, mais plusieurs voix de l’industrie crypto expriment déjà leurs craintes. Direction Malte pour faire le point.
Le régulateur maltais cherche la bonne grille de lecture
Dans son document de consultation, la Malta Financial Services Authority reconnaît ne pas savoir comment appliquer MiCA à la DeFi et sollicite les professionnels pour nourrir sa réflexion. La question centrale tient en une ligne : faut-il soumettre tous les acteurs aux mêmes obligations, ou distinguer les projets selon leur degré de décentralisation ?
Le régulateur s’interroge sur la nature même du concept. La décentralisation fonctionne-t-elle en tout ou rien ? Un projet est-il simplement décentralisé ou pas ? S’agit-il d’un spectre, avec des paliers intermédiaires ?
C’est précisément ce second scénario qui alarme le secteur. Si la MFSA retient l’idée de niveaux, elle pourrait alors ranger sous le coup de MiCA tout protocole jugé insuffisamment décentralisé selon ses propres critères. Et la définition de ces critères deviendrait, de fait, un pouvoir considérable entre les mains du régulateur.
André Xuereb, professeur à l’université de Malte et membre du conseil d’administration de la Malta Digital Innovation Authority, juge l’approche risquée. Le danger, selon lui, serait de présumer que les projets DeFi sont centralisés par défaut, donc soumis à MiCA, alors que la plupart d’entre eux sont assez décentralisés pour échapper au statut d’émetteur d’actifs numériques.
Sa logique repose sur une question simple : qui tenir pour responsable ?
Un cadre européen encore en rodage et la DeFi pas encore concernée
« Si vous avez un protocole DeFi qui est vraiment décentralisé, alors il n’y a pas de personne identifiable qui puisse être tenue responsable. »
André Xuereb, membre du conseil d’administration de la Malta Digital Innovation Authority – Source : Coindesk
À l’inverse, la présence d’un acteur central change tout :
« Si vous avez un protocole DeFi qui est centralisé, alors vous avez quelqu’un à qui vous pouvez parler et qui peut être tenu responsable. »
André Xuereb, membre du conseil d’administration de la Malta Digital Innovation Authority – Source : Coindesk
Sa conclusion : une évaluation au cas par cas plutôt qu’une grille uniforme, qui broierait sans distinction des architectures pourtant très différentes les unes des autres.
Cette consultation s’inscrit dans un calendrier réglementaire déjà bien avancé. Adopté par le Parlement européen en avril 2023, MiCA est entré en vigueur le 29 juin 2023, avec une application progressive : le 30 décembre 2024 pour le régime général des prestataires de services sur actifs numériques (CASP, l’acronyme européen, équivalent du PSAN français), et jusqu’au 1ᵉʳ juillet 2026 pour la période transitoire encore en cours dans certains États membres.
Le texte encadre l’ensemble des activités liées aux cryptomonnaies dans l’Union et impose une série d’obligations à ces prestataires. La DeFi, elle, restait jusqu’ici dans un angle mort. Avec ses quelque 80 milliards de dollars d’actifs immobilisés dans les protocoles, le secteur pèse désormais trop lourd pour que Bruxelles, et ses relais nationaux comme Malte, continuent de l’ignorer.
ما الذي يجب مراقبته
توقعات الذكاء الاصطناعي — احتمالات وليست حقائق
La MFSA pourrait adopter une approche graduelle, appliquant MiCA aux protocoles jugés centralisés.
مرجح · خلال أشهر
Le secteur de la DeFi pourrait connaître une période d'incertitude réglementaire prolongée.
مرجح · خلال أشهر
أسئلة مفتوحة
- Comment définir le degré de décentralisation ?
- Quels critères utiliser pour classer les protocoles ?
- Qui sera tenu responsable en cas de problème ?






