Sélection d'ouvrages photographiques à l'occasion des Rencontres d'Arles
نظرة سريعة
- Le Monde présente une sélection d'ouvrages photographiques récents à l'occasion des Rencontres de la photographie d'Arles.
- Deux livres sont mis en avant : "Une vie" de Madeleine de Sinéty et "Life Still" de Lee Friedlander.
ملخص مُنشأ بالذكاء الاصطناعي
لماذا يهم
Le Monde présente une sélection d'ouvrages photographiques récents à l'occasion des Rencontres de la photographie d'Arles. Deux livres sont mis en avant : "Une vie" de Madeleine de Sinéty et "Life Still" de Lee Friedlander.
A l’occasion des Rencontres de la photographie d’Arles, du 6 juillet au 4 octobre, « Le Monde des livres » et les services Photo et Culture du Monde vous présentent un choix d’ouvrages récents qui ont retenu notre attention.
« Une vie », de Madeleine de Sinéty
Quand elle était enfant, Madeleine de Sinéty (1934-2011) avait l’interdiction de visiter la ferme et de fréquenter les familles qui s’occupaient des bêtes autour du château familial. En parcourant Une vie, monographie enrichie de textes d’écrivains, il semble que la photographe ait consacré sa vie à transgresser cet interdit, en observant au plus près, et avec tendresse, le quotidien des paysans et des ouvriers. Par exemple, en 1972, après avoir commencé une série sur le monde des cheminots, elle s’installe durablement dans le village de Poilley (Ille-et-Vilaine). Face à son objectif, les regards sont d’abord méfiants, puis souriants, ou bien indifférents. Ils rendent compte de la construction d’une confiance entre la photographe et ses voisins. Dans ses images et ses notes de journal, Madeleine de Sinéty représente avec empathie les joies de l’enfance et de la vie de village, les gestes ancestraux du labeur, mais aussi les transformations de la campagne, à l’heure où la modernité s’immisce de plus en plus dans le quotidien. Publié à l’occasion de la rétrospective Madeleine de Sinéty au Jeu de paume, à Paris (jusqu’au 27 septembre), Une vie est une magnifique introduction à cette photographe majeure, témoin d’une époque en recomposition. L. C. de P.
« Une vie », de Madeleine de Sinéty, Delpire/Jeu de paume, 248 p., 45 €.
« Life Still », de Lee Friedlander
Depuis l’âge de 14 ans, le photographe américain Lee Friedlander arpente les Etats-Unis et capture son quotidien, avec ironie et simplicité. « Je me contente de marcher et de voir quelque chose d’intéressant », a-t-il expliqué. Il aura bientôt 92 ans. Son nouveau livre, Life Still, inévitablement testamentaire, rassemble des images prises sur plusieurs décennies, de 1958 à 2019, sans ordre particulier. Car pour ce maître de la « street photography », le temps ne cesse d’être distendu. Son regard se pose sur des détails sans importance, parfois désuets. Le ciel qui se reflète sur une vitre, un rideau qui adoucit la vue d’une fenêtre, des chaussures qui s’entassent autour d’une chaise. Peu de portraits, les personnages sont quasiment absents, mais leurs présences sont palpables. Un fauteuil usé, de la vaisselle dans un évier, et des photos de photos et d’affiches, beaucoup. Peu à peu, le lecteur s’amuse à plonger dans ce journal intime, en cherchant le reflet ou l’ombre de l’artiste, dans des situations banales ou cocasses. Où est Lee ? Dans ces instants de vie. Dans les piles de livres de son salon, ses bibelots, ses photos épinglées, posées chez lui, chez son dentiste, dans sa voiture. Et le livre devient un autoportrait touchant, marqué par ses douces obsessions, dans le biotope d’une Amérique tourmentée et politique. La vie continue. La. Ve.





