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Victimes de pesticides : un pique-nique pour dénoncer un modèle agricole
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France Info14.06.2026Gesundheit5 dk okumaFrance

Victimes de pesticides : un pique-nique pour dénoncer un modèle agricole

Auf einen Blick

  • Près de 70 personnes, victimes de maladies liées aux pesticides, se sont réunies à Guimaëc pour le pique-nique annuel du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest.
  • Ils dénoncent un modèle agricole axé sur le rendement et appellent à une transition vers une agriculture sans pesticides.

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Warum es wichtig ist

Le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest organise un pique-nique annuel pour rassembler les personnes touchées par des maladies liées aux pesticides et dénoncer le modèle agricole actuel.

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À Guimaëc, dans le nord du Finistère, près de 70 personnes se sont retrouvées autour du pique-nique annuel du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’Ouest. Tous concernés de près ou de loin par des maladies liées aux pesticides, ils dénoncent un modèle agricole encore marqué par la logique de rendement.

Au milieu des champs où elle cultivait autrefois choux-fleurs et artichauts à Plouénan dans le Finistère nord, Patricia Bouget raconte son combat contre la maladie. Depuis 2018, cette ancienne agricultrice du Léon lutte contre un lymphome, un cancer du système lymphatique reconnu depuis 2022 comme maladie professionnelle liée à l'exposition aux pesticides. Pourtant, elle n'a jamais effectué elle-même les traitements sur l'exploitation familiale.

"J'étais au contact des produits quand on arrachait, on plantait ou on coupait les légumes, explique-t-elle. Quand je lavais les vêtements aussi". La maison familiale se trouvait également au milieu des champs cultivés. En réalité, l'histoire de Patricia Bouget avec la maladie remonte à 2005. Cette année-là, les médecins lui diagnostiquent un myélome. La pathologie évoluera ensuite en lymphome. "J'ai commencé à avoir des douleurs au dos", se souvient-elle. Plus de vingt ans après les premiers symptômes, les traitements, dont la chimiothérapie, font toujours partie de son quotidien.

"Je subis mais je tiens le coup"

Si elle ne se dit pas en colère, certaines interrogations demeurent. "Je ne suis pas en colère, je devrais peut-être, confie-t-elle. Quelque part, je suis encore révoltée qu'on autorise des produits qui font du mal. Moi maintenant, je subis, mais je tiens le coup. J'ai un bon moral". À ses côtés, son mari Gilbert Bouget peine encore à comprendre pourquoi la maladie a frappé son épouse plutôt que lui. Pendant des décennies, c'est pourtant lui qui a manipulé les pesticides. "C'est moi qui aurais dû tomber malade", lâche l'agriculteur retraité. "On passait dans les rangs d'artichauts avec les atomiseurs et on marchait dans la vapeur. On n'était pas au courant et on n'y pensait pas trop. C'était comme ça à l'époque", continue-t-il.

Comme de nombreux producteurs de légumes du Léon, il réalisait les traitements contre les pucerons de l'artichaut, les maladies des cultures ou encore le désherbage des parcelles. "On ne savait pas que c'était si dangereux que ça, reconnaît-il aujourd'hui. On n'était pas techniciens. On mettait les doses préconisées pour que ce soit efficace et parfois on en mettait même un peu plus".

Pique-nique de soutien aux victimes

Ce samedi 13 juin à Guimaëc, le couple Bouget a retrouvé près de 70 personnes dont le parcours ressemble au leur. Ils participent au pique-nique annuel organisé par le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest. Sous le préau d'Alain Ollivier, de nombreux participants sont touchés par des maladies reconnues ou en cours de reconnaissance comme maladies professionnelles. Parmi les plus fréquentes : myélomes, lymphomes, cancers de la prostate ou encore maladie de Parkinson.

"On a cru à ce qu'on faisait pendant toute notre carrière et tout d'un coup, on s'aperçoit que tout n'était pas si bien", raconte Alain Ollivier, ancien agriculteur désormais rétabli. Lui-même accompagne désormais les victimes dans leurs démarches. "C'est compliqué. Il faut apprendre à naviguer dans les méandres de l'administration. Sans l'association, j'aurais peut-être baissé les bras", confie-t-il. Le collectif revendique aujourd'hui 750 adhérents en Bretagne et dans les Pays de la Loire, dont 350 qui ont une reconnaissance de maladie professionnelle.

L'agriculture intensive dans le viseur

"Le Léon [situé à la pointe nord-ouest de la Bretagne] est la région où nous avons le plus de demandes, explique Michel Besnard, président du collectif. Notre rôle est d'informer et d'accompagner les personnes pour qu'elles bénéficient de leurs droits". Pour l'association, la reconnaissance constitue un enjeu à la fois symbolique et concret puisqu'elle ouvre notamment des droits à indemnisation. Mais le combat se veut aussi plus large.

"Notre objectif, à terme, est de passer à un autre modèle agricole sans pesticides, affirme Michel Besnard. L'arrivée d'une maladie est un séisme dans beaucoup de familles, dans la vie quotidienne". Selon lui, les maladies qui touchent de nombreuses familles agricoles sont aussi le résultat d'un modèle agricole fondé sur la recherche de rendement. "Nous avons affaire à un lobby de l'agrobusiness très puissant et très influent", dénonce-t-il, estimant que les impératifs de production ont trop souvent primé sur les conséquences sanitaires. "On nous avait appris à produire, produire, produire. Si vous vouliez réussir, il fallait produire. Et pour produire, il fallait mettre tel produit. C'était un engrenage", corrobore Gilbert Bouget.

Désormais, en observant ses fils installés en agriculture biologique, il est convaincu qu'une autre voie est possible.

Worauf zu achten ist

KI-Ausblick — Möglichkeiten, keine Fakten

  • Le collectif continuera de militer pour une agriculture sans pesticides.

    Sehr wahrscheinlich · Langfristig

  • Une évolution réglementaire concernant l'usage des pesticides est possible.

    Möglich · Mittelfristig

Offene Fragen

  • Quand les réglementations sur les pesticides seront-elles renforcées ?
  • Comment le lobby agroalimentaire sera-t-il contré ?
  • Quel sera le calendrier de transition vers une agriculture sans pesticides ?

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This article was originally published by France Info.

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