Assemblée nationale : le projet de loi d'urgence agricole approuvé en première lecture
En resumen
- Le projet de loi d'urgence agricole a été approuvé en première lecture à l'Assemblée nationale par 369 voix contre 178.
- Le texte, qui vise à répondre à la colère des agriculteurs, aborde des sujets sensibles comme l'eau, les pesticides, l'élevage et la prédation du loup.
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Por qué importa
Le projet de loi d'urgence agricole a été voté en première lecture à l'Assemblée nationale, suite à la colère des agriculteurs l'hiver dernier. Il vise à apporter des réponses concrètes sur des thèmes tels que l'accès à l'eau, la lutte contre la concurrence déloyale et la prédation du loup.
Parmi les sujets inflammables du texte, qui a été durci lors de son passage à l’Assemblée : les pesticides, les stockages d’eau, les agrandissements d’élevage, les tirs sur des loups.
Les députés ont largement approuvé en première lecture, mardi 2 juin, le projet de loi d’urgence agricole, un premier succès pour le gouvernement, qui espère voir un certain nombre de mesures corrigées au Sénat.
Le texte a été voté par 369 voix contre 178. Le RN a apporté son soutien au gouvernement tandis que la gauche a unanimement voté contre. Consécutif à la colère des agriculteurs l’hiver dernier, le projet de loi entend leur apporter des réponses concrètes sur de nombreux thèmes, allant de la question de l’accès à l’eau à la lutte contre la concurrence déloyale en passant par la lutte contre la prédation du loup.
Si la FNSEA, le premier syndicat agricole, avait invité les députés à voter le projet de loi malgré sa « faiblesse », la Confédération paysanne, troisième syndicat, leur avait demandé de le rejeter.
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Le point sur les principales mesures du texte, avant sa transmission au Sénat :
Souveraineté alimentaire
Il prévoit une labellisation par les autorités de « projets d’avenir agricole ». Ces projets devront « renforcer la souveraineté alimentaire » française dans les filières où « l’auto-approvisionnement » est insuffisant. Ils bénéficieront d’un accompagnement, notamment financier.
Un autre article utilise le levier des cantines publiques. Le texte initial leur imposait de se fournir dans l’Union européenne, sauf si l’offre fait défaut. Un amendement LFI, soutenu par le RN, a été adopté pour limiter les achats aux produits du « territoire français ». Une disposition contraire au droit européen, selon l’exécutif.
Eau
Un volet central concernant l’eau a concentré les inquiétudes des associations environnementales. Il vise notamment à faciliter la construction d’ouvrages de stockage d’eau (réservoirs permettant de la retenir pour l’utiliser pendant les sécheresses). Il supprime l’obligation de tenir des réunions publiques pour leur autorisation environnementale et renforce les pouvoirs du préfet.
La gauche a dénoncé des atteintes à « la démocratie locale de l’eau », y compris par le renforcement du poids des acteurs économiques dans les commissions locales dédiées à cette ressource.
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Un autre article prévoit l’allègement des compensations pour des projets développés sur des zones humides déjà altérées.
Un troisième refonde la législation sur la protection des captages d’eau potable. Le gouvernement entend concentrer les moyens sur des captages « prioritaires », les plus pollués. Le préfet étant alors autorisé, par exemple, à interdire les pesticides dans ces zones.
La gauche a dénoncé la création d’une catégorie de « captages exonérés » de tout plan d’action.
Pesticides
Contre la concurrence déloyale, le gouvernement entendait renforcer la possibilité d’interdire l’importation de denrées comportant des résidus de pesticides interdits dans l’UE. Mais un amendement LFI soutenu par le RN a élargi l’interdiction à toutes denrées produites avec des pesticides interdits en France. Une disposition contraire au droit européen, selon le gouvernement.
Un autre article permet la création par le préfet d’une zone tampon inconstructible en bordure de parcelles agricoles, pour limiter l’exposition des personnes aux pesticides. L’objectif étant que cette contrainte ne soit plus à la charge des agriculteurs en rognant sur leurs champs.
Elevage
Le texte autorise le gouvernement à légiférer par ordonnance pour créer un régime spécial d’autorisation environnementale pour les bâtiments d’élevage, afin d’alléger les contraintes administratives actuelles lors de travaux de construction, d’agrandissement ou de modernisation.
Une disposition visant à favoriser l’élevage intensif, a fustigé la gauche. Le RN s’est félicité d’avoir fait adopter un amendement pour que les dispositions prises ne puissent pas être plus restrictives que le droit européen.
Loup
Tirant partie du déclassement par l’UE du loup, qui ne fait plus l’objet d’une protection « stricte » mais dite « simple », le texte prévoit de mieux protéger les élevages contre cette prédation. Il supprime l’autorisation préalable requise pour effectuer des tirs de défense lors d’attaques sur des bovins, comme c’est déjà le cas pour les ovins.
Adoptées par amendement : l’utilisation de lunettes de tir à visée nocturne ou thermique ainsi qu’une présomption de tir de défense légitime en cas « d’attaque imminente ».
Volet pénal
Le texte prévoit une circonstance aggravante pour les vols sur les lieux d’activités agricoles ou de pêche (carburant, matériel...) ainsi que pour les dégradations, y compris celles d’infrastructures de stockage d’eau. Ces actes seraient punis de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
Un autre article entend lutter contre les recours abusifs visant des projets agricoles, en permettant au porteur du projet attaqué de réclamer des dommages et intérêts.
Revenu des agriculteurs
Plusieurs articles concernaient la question brûlante des revenus des agriculteurs. Mais ce volet a été « dénaturé » par les députés, a regretté la ministre de l’agriculture, Annie Genevard.
Plusieurs amendements LFI ont été adoptés, avec l’appui du RN, pour instaurer des « prix plancher » dans les négociations commerciales entre agriculteurs et industriels.
Un autre article a, dans la foulée, été supprimé, car de ce fait rendu « inopérant », selon Mme Genevard : il étendait au-delà de la filière bovine l’expérimentation de « tunnels de prix » (définition d’un prix plancher et d’un plafond dans le cadre d’une négociation commerciale). Une suppression qui a provoqué la colère de la gauche.
Qué observar
Perspectiva de IA — posibilidades, no hechos
Le Sénat apportera des corrections au projet de loi.
Muy probable · En semanas
Certaines dispositions du texte seront jugées non conformes au droit européen.
Probable · En meses
Preguntas abiertas
- Comment le Sénat corrigera-t-il le texte ?
- Quelles seront les conséquences de la non-conformité avec le droit européen ?
- Quel sera l'impact réel des mesures sur les revenus des agriculteurs ?
- Comment les associations environnementales réagiront-elles aux nouvelles dispositions sur l'eau et les zones humides ?



