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Cannes : la pétition anti-Bolloré divise le cinéma français
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Le Monde22.05.2026Cultura3 dk okumaFrance

Cannes : la pétition anti-Bolloré divise le cinéma français

En resumen

  • Une pétition accusant Vincent Bolloré de fascisme et de vouloir installer le RN au pouvoir divise le cinéma français.
  • La menace de blacklister les signataires par Canal+ a ravivé la polémique, opposant "résistants" et "collabos" dans un Festival de Cannes sous tension.

Resumen generado por IA

Por qué importa

Une pétition signée par des professionnels du cinéma accuse Vincent Bolloré de fascisme et de vouloir favoriser l'arrivée du Rassemblement National au pouvoir. Maxime Saada, patron de Canal+, a menacé de blacklister les signataires, attisant la polémique.

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Ils sont surprenants, dans le cinéma. Pendant dix ans ils acceptent sans sourciller l’argent de Vincent Bolloré pour financer des films, et là, dans une pétition, ils assimilent le patron breton au fascisme. Ce dernier peut savourer, voyant la famille des images se diviser entre les radicaux et les autres. Mais il est surprenant, Bolloré. Il n’en a jamais assez. Il a envoyé son porte-flingue, Maxime Saada, patron de Canal+, dire qu’il blacklistait les signataires de la pétition. Jolie bourde. Ou comment l’insulté devient censeur. Depuis, se joue une bataille entre résistants et collabos. Nous en sommes là après dix jours de folie. Dans un Festival de Cannes vampirisé, chacun est sommé de choisir son camp.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Canal+ : après la menace d’une « liste noire », vives tensions dans le milieu du cinéma

L’immense majorité des professionnels du cinéma n’ont pas signé la pétition. S’ils ont peu de doute sur le « projet civilisationnel » de Bolloré, visant à installer le Rassemblement national (RN) au pouvoir en 2027, ils constatent un décalage vertigineux entre le brûlot et ce qu’ils voient et vivent chaque jour. Ils voient que Canal+ reste de loin le premier financeur du cinéma avec 160 millions d’euros en 2026, qu’il est omniprésent dans les films cannois, mais que son argent se mêle à celui d’autres, qu’il finance des œuvres diverses, par exemple sur les violences policières, les luttes LGBTQ+ ou les sans-papiers. Canal n’a aucun intérêt à devenir Cnews. Et puis remplacer cette chaîne par qui, par quoi ? La réponse s’apparente à une page blanche.

Mais voilà, on n’a jamais vu un patron de studio, en l’occurrence Maxime Saada, le 17 mai à Cannes, dire qu’il allait punir celles et ceux qui insultent son groupe Canal+ tout en prenant son argent. Ça ne se dit pas, ces choses-là, ça se fait en douce. La pétition s’en trouve revigorée, grimpant à 2 400 signataires. L’embarras change de camp.

Le sujet embrase tant les esprits qu’il occulte des menaces économiques et esthétiques bien plus lourdes. Déjà il y a bien un danger Bolloré dans le cinéma (comme dans l’édition), mais à chercher du côté de son emprise verticale : il produit des films, les exploite en salles (il détient 34 % du capital du réseau UGC et possiblement 100 % d’ici à 2028), a des médias pour en parler. La réponse pourrait être une loi antitrust empêchant, comme aux Etat-Unis, les producteurs de films de posséder des salles.

Qué observar

Perspectiva de IA — posibilidades, no hechos

  • Une loi antitrust pourrait être proposée pour empêcher les producteurs de films de posséder des salles de cinéma.

    Posible · Medio plazo

Preguntas abiertas

  • Quelle sera la réponse des autorités de régulation face à la concentration des médias et à l'emprise verticale de Bolloré dans le cinéma ?
  • Le cinéma français parviendra-t-il à surmonter ses divisions internes ?
  • Quelles seront les conséquences concrètes de la menace de blacklisting sur la carrière des signataires ?
  • Le financement de Canal+ pour le cinéma va-t-il réellement évoluer suite à cette polémique ?

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This article was originally published by Le Monde.

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