Feux d'artifice du 14-Juillet : les spectacles de drones remplacent-ils la pyrotechnie ?
En resumen
- Face aux canicules et sécheresses, de nombreuses communes françaises interdisent les feux d'artifice du 14-Juillet.
- Les spectacles de drones, plus écologiques et artistiques, gagnent du terrain, mais leur coût et leur capacité de production limitent un remplacement total de la pyrotechnie.
- L'avenir pourrait résider dans des formats hybrides.
Resumen generado por IA
Por qué importa
La France connaît sa troisième canicule de l'année, entraînant des interdictions de feux d'artifice pour la Fête nationale en raison des risques d'incendie liés à la sécheresse.
La France est en train de vivre sa troisième canicule de l’année, avec, ce week-end, 24 départements en vigilance rouge canicule, et 59 en vigilance orange. Ce troisième épisode de chaleurs extrêmes devrait persister au moins jusqu’au 14 juillet dans le pays, où les incendies de végétation se multiplient à cause de la sécheresse. Face à cette situation, de nombreuses préfectures ont pris des arrêtés pour interdire les feux d’artifice prévus pour la Fête nationale, en raison des risques d’incendie.
De quoi accélérer une petite transformation engagée ces dernières années dans le ciel, avec de plus en plus d’engins lumineux pour le 14-Juillet. L’an dernier, Toulon, Aigues-Mortes ou encore Voiron avaient notamment choisi un spectacle de drones plutôt que la pyrotechnie. Se dirige-t-on alors vers la fin des feux d’artifice ?
Des collectivités réservent déjà un spectacle de drones pour 2027
« Depuis deux jours, j’ai une dizaine de communes qui m’ont appelé pour savoir si elles pouvaient remplacer leur feu d’artifice par des drones », indique Bruno Marlois, à la tête de Mazing et Magic Drone, l’une des premières sociétés françaises spécialisées dans les spectacles de drones. Mais même s’il voit affluer les demandes des mairies en quête d’un plan B pour le 14-Juillet, un spectacle de drones « ne s’improvise pas du jour au lendemain ». Au-delà des contraintes administratives, comme l’obtention des autorisations préfectorales pour voler et des périmètres de sécurité à délimiter, un « show, ça se prépare », pointe-t-il. Et d’ajouter : « 99 % de nos shows sont sur mesure, ce qui représente une semaine de travail. En appelant 48 heures avant, c’est compliqué de trouver une solution… »
La majorité des communes reportent alors leur feu d’artifice. Et d’autres anticipent déjà l’avenir. « Pour beaucoup, c’est la deuxième année consécutive où le feu est annulé à cause des chaleurs et de la sécheresse », confie Bruno Marlois. Pour éviter de « se retrouver le bec dans l’eau » l’année prochaine, et ne rien pouvoir proposer aux habitants le jour J, certaines collectivités ont donc déjà posé des options pour avoir un spectacle de drones le 14 juillet 2027.
« On fait quelque chose que les feux ne peuvent pas faire »
Pour Bruno Marlois, l’option « tout drone » séduit pour plusieurs raisons. « On fait du figuratif, c’est-à-dire, quelque chose que ne peuvent pas faire les feux d’artifice, contraints par des effets préétablis. On peut écrire avec minutie dans le ciel, et le ciel devient une toile géante. On propose quelque chose de différent, surtout pour raconter une histoire. » Un concept qui plaît aux collectivités comme aux privés. En cinq ans d’activités, le Rémois est passé de 200 à 2.000 drones pour une centaine de spectacles par an dans quinze pays. Il s’est même lancé dans la production de shows de 70 minutes.
Pas de déchets, réutilisables, moins bruyants et dérangeants pour la faune…. Au-delà du risque d’incendie, et de la possibilité de voir le feu être annulé, les spectacles pyrotechniques entraînent parfois des problématiques environnementales. C’est ce dernier aspect qui a poussé en 2022 la ville de Tours à suspendre ces festivités. Les tirs perturbaient gravement les sternes, des oiseaux migrateurs, protégés, qui nichent sur les îlots de la Loire.
Associée à la commune de La Riche, la municipalité a finalement opté pour un spectacle de drones, confié à la société lyonnaise Allumee. Un « succès retentissant » dès la première année, qui a conduit l’organisation, l’année d’après, à augmenter sa jauge de spectateurs, de 15.000 à 25.000 personnes. Les 400 drones ont proposé un show incluant « des formes patriotiques » pour « rendre hommage à la Fête nationale », écrit l’entreprise lyonnaise sur son site. Cette année encore, c’est bien un spectacle de plusieurs centaines de drones, sans pyrotechnie, qui illuminera le ciel tourangeau. Une fidélité au « tout drones » qui fait désormais figure d’exception parmi les grandes villes.
« Un spectacle de drones, c’est minimum 10.000 euros »
Les shows de drones vont-ils alors remplacer les feux d’artifice ? « Je ne pense pas », assure Bruno Marlois. Pour lui, il existe déjà une limite mécanique. « On n’est que quelques sociétés dans le secteur en France. Toutes réunies, ces entreprises ne pourraient assurer qu’une trentaine de shows les soirs des 13 et 14 juillet, alors qu’il y a des dizaines de milliers de communes dans le pays », ajoute-t-il. Si jamais il y avait cette perspective de « remplacement », « ce ne serait pas pour demain », dit-il encore. Deuxième frein, le budget. « Les petites collectivités qui mettent déjà 3.000 euros pour un feu, c’est super. Mais un spectacle de drones, c’est minimum 10.000 à 15.000 euros. On n’est pas sur le même coefficient », souligne le chef d’entreprise.
Enfin, d’après lui, si la détonation des fusées peut être un inconvénient, elle peut être aussi un avantage. « On n’a pas l’impact de l’artifice, développe-t-il. Un très beau final, ça reste en mémoire. D’ailleurs, les amoureux de l’artifice resteront des convaincus de l’artifice. » Mais il tient aussi à rappeler : « Lorsqu’on est proposé pour le 13 ou 14 juillet, on ne remplace pas un feu, on crée un show, on propose quelque chose de différent. »
Le spectacle hybride, le vrai avenir des festivités ?
L’avenir se jouerait alors plutôt du côté de « l’hybride », un peu de pyrotechnie, un peu de drones. Comme à Paris, où le grand feu de la tour Eiffel, exceptionnellement avancé au 13 juillet pour respecter le temps de commémoration des dix ans de l’attentat de Nice, mobilisera 1.600 drones [c’étaient 1.000 l’an dernier], aux côtés de douze tableaux pyrotechniques. Même mix à Toulon, où la ville proposera le 14 au soir, un spectacle mêlant fusées et ballet de 600 drones.
Ce choix est né d’un constat. Après un premier spectacle de drones à l’occasion des Jeux olympiques 2024, la ville avait tenté l’an dernier un 14-Juillet 100 % drones. « Il y a eu un petit peu de déception, la magie du feu n’était pas là, reconnaît Pascale Robert, adjointe à la maire, déléguée aux évènements et cérémonies. Cette année, on a voulu mixer les deux, parce qu’on trouve que les drones vont vers une tendance de l’évolution du spectacle. Et en même temps, on est attaché aux traditions. » La cité varoise a d’ailleurs peu de raisons de renoncer à la pyrotechnie, son feu est tiré d’une barge en pleine mer, loin de tout point fixe, ce qui réduit le risque d’incendie.
L’élue précise : « L’idée, ce n’est pas de remplacer le feu d’artifice, mais de l’enrichir d’une nouvelle dimension artistique, tout en respectant les codes imposés au niveau sécurité, écologie, etc. A Toulon, nous ne choisissons pas entre la tradition et l’innovation, nous faisons le choix de les réunir pour offrir un spectacle encore plus grandiose. »
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Ce format, Magic Drone le connaît bien. Pendant deux années de suite, la société a signé un show mêlant tirs pyrotechniques et nuées de drones à Marseille pour les fêtes de fin d’année. Pour Bruno Marlois, l’avenir, c’est « la récurrence » du modèle, « un peu comme pour le mapping ». « Au lieu d’un feu d’artifice pour inaugurer quelque chose, il y aura peut-être un show de drones tous les soirs à 19 heures pendant une semaine, ou les deux », propose-t-il. Ainsi, le spectacle de drones ne remplace pas la tradition du feu d’artifice, n’est pas non plus un plan B s’il y a des contraintes météorologiques, mais devient « un vrai rendez-vous pour les amateurs de cette prouesse technique », conclut-il.
Qué observar
Perspectiva de IA — posibilidades, no hechos
Les spectacles hybrides (drones et pyrotechnie) deviendront la norme pour les grandes festivités.
Probable · Medio plazo
Certaines petites communes continueront de privilégier les feux d'artifice traditionnels pour des raisons budgétaires.
Probable · Largo plazo
Preguntas abiertas
- Quel sera le coût réel de la transition vers les drones ?
- Les contraintes environnementales s'aggraveront-elles ?
- Les traditions seront-elles préservées ?




