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France Aims to Boost Women's Participation in Tech and AI
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France Aims to Boost Women's Participation in Tech and AI

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Le Figaro Économie
Yayıncı
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«L’amélioration de l’accès des femmes dans les filières scientifiques et technologiques est un facteur clé de notre croissance», a lancé ce mercredi 3 juin Anne Le Hénanff, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, au Tech Boost’Her, à Paris, un événement dédié aux femmes souhaitant découvrir les métiers d’avenir. Une déclaration qui résume l’enjeu central de la manifestation organisée mercredi et jeudi par Social Builder, France Travail et l’Apec, et sous le haut patronage de l’Élysée.

La féminisation du secteur numérique est présentée comme un impératif économique «vital pour nous et pour notre pays», a insisté la ministre. «Je ne peux pas tous les jours parler de souveraineté numérique de la France si je me passe de 50% de la population française.» Une perte qui représente «un frein majeur à notre compétitivité, à notre capacité d’innovation et à notre autonomie», a-t-elle ajouté. Laetitia Niaudeau, directrice générale adjointe de l’Apec, a formulé le constat de manière simple : «C’est mathématique. Aujourd’hui, les entreprises françaises de la tech, du numérique et de l’IA ont besoin de talents pour mener leurs projets et assurer leur croissance. Forcément, si l’on se prive de la moitié des talents, elles ne pourront pas disposer de toutes les compétences dont elles ont besoin.»

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Difficultés de recrutement

Dans cette logique, Anne Le Hénanff a rappelé une conviction structurante : «Les compétences techniques d’une nation conditionnent sa prospérité future. Si nous voulons éviter le décrochage de notre nation, nous devons renforcer nos compétences et nos talents dans les filières scientifiques, technologiques et numériques.» Le secteur de la tech est aujourd’hui confronté à d’importantes difficultés de recrutement, alors même qu’il fait partie des «secteurs les plus créateurs d’emplois». Selon l’étude Les Métiers en 2030 de France Stratégie et de la Dares, 115.000 postes supplémentaires devraient être créés d’ici 2030, soit une hausse d’environ 26%. Nadine Crinier, directrice régionale Île-de-France de France Travail, a rappelé que l’on parle de «plus de 500 métiers», tout en soulignant qu’il existe aujourd’hui «160.000 emplois au niveau national non pourvus» et que «50% des employeurs estiment avoir des difficultés de recrutement».

Pour limiter les inégalités de demain, la parité dans les métiers de la tech apparaît également essentielle, alors qu’il s’agit de «métiers d’avenir, qui rémunèrent le mieux et qui offrent des perspectives de carrière», a rappelé Laetitia Niaudeau. Et d’alerter : «Si on n’y prend pas garde maintenant, ces métiers vont poursuivre et aggraver les inégalités actuelles.» De plus, la ministre du Numérique a rappelé que «la technologie n’était pas neutre» et qu’il faut s’assurer que les femmes y participent pour s’y reconnaître.

«Tu seras technicienne de data center , ma fille»

En France, «23 % des emplois dans le numérique sont occupés par des femmes». Seulement «21 % des start-up sont créées par des femmes ou des équipes mixtes», et uniquement «2% des levées de fonds sont réalisées par des équipes exclusivement féminines». Dans l’intelligence artificielle, les femmes ne représentent même que 15% des effectifs. En ce sens, l’Insee relève une contradiction saisissante : les femmes représentent 60% des diplômés de master toutes disciplines confondues, mais seulement 24% des professionnels du numérique.

Derrière ces chiffres, on retrouve une réalité culturelle, qu’a pointée Emmanuelle Larroque, présidente et fondatrice de l’association Social Builder : «On n’entend encore trop peu dire aux jeunes femmes : “tu seras technicienne de data center , ma fille” ou “tu seras opératrice de production sur une scène industrielle”.» «Je vois une forte inégalité sur les métiers très technique. Naturellement je me suis dit que je n’allais pas trop me lancer dans ces métiers-là», témoigne Aurore, 31 ans, consultante en acquisition payante, qui souhaiterait se reconvertir.

La fracture commence en primaire : «Dès le CP, après le premier trimestre, les petites filles commencent déjà à se dire que les mathématiques ne sont pas pour elles» et «7% des adolescentes expriment un intérêt pour les métiers du numérique, contre 29% chez les garçons», a déploré Anne Le Hénanff. Adultes, «seulement 25% des femmes imaginent travailler dans la tech», a de son côté souligné Nadine Crinier.

This article was originally published by Le Figaro Économie.

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