Le Grand Hôpital de l’Est francilien réclame le remboursement de primes à une centaine de médecins
Jugées irrégulières par le Trésor Public, des primes et compléments de salaire versés pour lutter contre la pénurie de soignants doivent être remboursés.
En resumen
Depuis 2025, le Grand Hôpital de l’Est francilien réclame à une centaine de médecins le remboursement de primes jugées irrégulières par le Trésor Public, suscitant une vive incompréhension et des recours en justice.
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Por qué importa
Le Grand Hôpital de l'Est francilien réclame le remboursement de primes versées pour lutter contre la pénurie, après un signalement du Trésor Public.
Pendant des années, l’hôpital les a mieux payés pour les convaincre de rester. Aujourd’hui, il leur demande de rendre l’argent... Depuis 2025, le Grand Hôpital de l’Est francilien (GHEF), qui regroupe quatre établissements de Seine-et-Marne, réclame à une centaine de médecins le remboursement de primes et de compléments de salaire qu’il leur avait lui-même accordés pour lutter contre la pénurie de soignants. Problème : ces rémunérations ont depuis été jugées irrégulières par le Trésor Public. Résultat, certains praticiens se voient réclamer jusqu’à 80.000 euros. «Nous n’avons pas eu d’autre choix», se défend aujourd’hui la direction.
En effet, le 31 mars 2025, la direction a annoncé que les praticiens devraient rembourser les sommes perçues pendant les 24 mois précédents, sur demande du Trésor Public. Aujourd’hui, ce revirement concerne une centaine de praticiens du GHEF, à savoir 10% des effectifs. Les professionnels concernés sont pour moitié des médecins diplômés hors de l’Union Européenne (PADHUE) et pour l’autre des praticiens titulaires, selon la direction de l’hôpital. De quoi susciter une profonde incompréhension chez les médecins.
Un hôpital sous le feu des critiques
L’injustice est d’autant plus vive du côté des PADHUE, payés comme des internes alors qu’ils fournissent souvent un travail équivalent à celui des seniors. En effet, depuis 2023, la loi Rist a strictement plafonné la rémunération des PADHUE et interdit tout versement hors grille réglementaire. Leur statut reste également précaire en attendant leur certification, décidée par l’hôpital après l’obtention d’un examen. Ces versements visaient à réduire cette précarité, mais cela a été fait sans respecter la loi.
La nouvelle direction a donc effectué un rétropédalage brutal en réclamant le remboursement des indus. « On me réclamait déjà 22 000 euros l’an dernier [2025], et là 10 000 euros [2026]. », s’indigne un médecin dans les entretiens rapportés par Le Parisien. « Si j’ai fait autant d’heures - jusqu’à 90 par semaine - c’est que j’en avais besoin», réagit un autre, père de trois enfants et redevable d’un total de 35 000 euros à 39 ans. «On nous traite comme si on avait volé l’hôpital, je me sens sali», s’exclame un autre médecin.
La direction a toutefois assuré que pour l’instant «personne ne rembourse quoi que ce soit». En effet, la majorité des praticiens ont instruit deux recours devant la justice : un recours en annulation, qui supprimerait les demandes de remboursement, et un recours en indemnité, qui statuerait sur le préjudice subi par les soignants. «Nous avons d’ailleurs veillé à rencontrer tous les professionnels individuellement et collectivement, nous les avons informés sur les recours en justice.» Malgré cela, l’hôpital n’a pas pu contenir une vague de démissions : 40% des radiologues ont quitté l’établissement, dont l’ancien chef de pôle. L’hôpital compense avec des prestataires privés et assure que cela ne lui revient pas plus cher qu’avant.
Les hôpitaux français en «déficit chronique»
Même si le GHEF explique que «l’hôpital en lui-même n’a pas de difficultés budgétaires», Yves Rébufat, médecin et président d’Action Praticiens Hôpital, affirme que les hôpitaux publics sont en «déficit chronique». L’exemple du GHEF représente un cas exceptionnel par sa taille et son importance, mais «c’est un phénomène global en France». Selon lui, ce n’est évidemment pas la faute des praticiens mais il conseille la vigilance face à des rémunérations qui sortent du cadre légal.
L’indignation des médecins s’inscrit dans un contexte global de dégradation des hôpitaux publics français, Yves Rébufat regrette la façon dont les médecins sont traités depuis trente ans. Malgré la baisse du pouvoir d’achat, «il n’y a pas eu de hausse très franche des salaires». Les propos du syndicat résonnent avec ceux des praticiens dans Le Parisien : «Dans le privé, je travaillerais deux fois moins pour gagner trois fois plus, rappelle un autre médecin, je suis à l’hôpital public par choix, mais cet argent [réclamé par le GHEF], nous l’avons gagné.» La décision à venir des tribunaux sera scrutée de près, bien au-delà des frontières de la Seine-et-Marne.
Qué observar
Perspectiva de IA — posibilidades, no hechos
Décision des tribunaux sur les recours en annulation et en indemnité
Muy probable · En meses
Preguntas abiertas
- Quelle sera la décision finale des tribunaux concernant les recours ?
- L'hôpital parviendra-t-il à combler les départs massifs de radiologues ?


