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Le sumo fait son grand retour à Paris après plus de trente ans d'absence
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Le sumo fait son grand retour à Paris après plus de trente ans d'absence

En resumen

  • L'élite du sumo japonais revient à Paris pour un tournoi à l'Accor Arena les 13 et 14 juin, plus de 30 ans après leur dernière visite.
  • L'événement, qui attend 25 000 spectateurs, inclut des animations culturelles pour faire découvrir les rituels de ce sport ancestral.

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Por qué importa

L'élite du sumo japonais fait son retour à Paris pour un tournoi, plus de trente ans après leur dernière visite. L'événement, qui se déroule à l'Accor Arena, accueille 62 lutteurs et attend 25 000 spectateurs.

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Une délégation de 150 personnes, deux avions affrétés pour l’occasion… Plus de trente ans après leur dernière visite en France, l’élite du sumo, sport national et sacré au Japon, fait son retour en force à Paris le temps d’un week-end.

L’Accor Arena de Bercy, plus habituée à accueillir les mégaconcerts des stars de la musique, reçoit samedi 13 et dimanche 14 juin des personnalités considérées comme des demi-dieux au Japon. Quelque 25 000 spectateurs sont attendus dans les gradins de Bercy pour applaudir les 62 lutteurs du tournoi, parmi les meilleurs du monde.

Les déplacements à l’étranger des lutteurs de sumo, appelés rikishi (littéralement « hommes forts »), étaient assez fréquents dans les années 1980 et 1990, mais sont depuis devenus rarissimes mis à part un tournoi à Las Vegas en 2005. Mais l’an dernier, l’Association japonaise de sumo (AJS), vénérable institution fondée il y a plus de cent ans, a souhaité relancer les voyages hors de l’archipel nippon.

En octobre dernier, une quarantaine de lutteurs ont ainsi fait un passage à Londres, et c’est désormais au tour de Paris d’accueillir son tournoi, le dernier événement du genre ayant eu lieu dans la capitale en 1995.

« Toucher un public plus large »

Atterri à Paris mardi, Byambasuren Sugarragchaa, plus connu sous son nom de sumo, Hoshoryu, a endossé avec fierté son rôle de diplomate de la discipline. « Je suis persuadé qu’en parcourant le monde comme nous le faisons, après Londres l’année dernière, Paris aujourd’hui et peut-être ailleurs l’année prochaine, le sumo va toucher un public plus large qui apprendra à aimer notre pratique », a-t-il déclaré à l’Agence France-Presse (AFP).

Depuis son arrivée, le yokozuna (le rang le plus élevé que peut atteindre un sumo) a aussi pris le temps d’admirer quelques monuments incontournables de la capitale. « Ce qui m’a le plus marqué, c’est la tour Eiffel et La Joconde. Je ne les avais vues, depuis mon plus jeune âge, que dans les films ou à la télé, alors j’étais vraiment heureux de pouvoir les voir en vrai », a-t-il raconté, vêtu de son kimono impeccablement ceinturé et coiffé d’un chignon parfaitement huilé.

Au cours du week-end, le tournoi sera par ailleurs ponctué d’animations culturelles pour faire comprendre au public français les subtilités de ce sport ancestral très codifié et ritualisé, héritage de la religion shintoïste. « Il y a toute une partie culturelle avant le tournoi, pour que les gens se familiarisent de façon ludique mais aussi culturelle au sumo », explique David Rotschild, l’organisateur en chef du tournoi. Les spectateurs pourront par exemple découvrir des chants cérémonieux ou encore le yumitori-shiki, l’impressionnante danse de l’arc qui clôt la journée.

Entre rituels et logistique exceptionnelle

Pour respecter la dimension religieuse et culturelle du sumo, toute une logistique a ainsi dû être mise en place. « Ce projet-là a une signification et une symbolicité particulières, parce qu’il va falloir non seulement délivrer au niveau organisationnel et en termes de production et de technique, mais en plus il va falloir respecter une tradition multiséculaire », explique Arnaud Meersseman, directeur d’AEG Presents France, la société qui exploite l’Accor Arena. « On accueille non seulement des combats, mais aussi des traditions. »

Pour l’occasion, un dohyo – le gigantesque podium surmonté d’un cercle de 4,55 mètres de diamètre où se déroulent les combats – a été construit sur place avec de la terre argileuse. Les organisateurs ont fait analyser par un ingénieur agronome la terre employée au Japon à la construction du dohyo pour chercher un équivalent en France. Ils ont trouvé en région parisienne la perle rare, dont 10 tonnes seront utilisées à l’Accor Arena de Bercy, avec aussi 150 kilos de sable et autant de ciment.

Deux cents kilos de sel de Guérande ont également été acheminés depuis Le Croisic (Loire-Atlantique). Le sel occupe une place prépondérante dans la religion shintoïste d’où sont issus les rituels du sumo. Il est jeté notamment par poignées par les lutteurs avant un combat, indispensable au bon déroulé du tournoi destiné à chasser les mauvais esprits.

Les coiffures élaborées des lutteurs sont un symbole du sumo : leurs cheveux sont manipulés uniquement par des professionnels qui les enduisent de généreuses quantités d’une huile spéciale à l’odeur vanillée caractéristique et les apprêtent en « chignons » dont la forme rappelle une feuille de Ginkgo biloba.

Pour ne prendre aucun risque, des responsables de l’Association japonaise de sumo sont venus il y a quelques mois s’assurer que l’eau du robinet parisienne conviendrait pour leurs shampoings, en vérifiant notamment sa teneur en calcaire, a encore expliqué à l’AFP David Rothschild.

La délégation de poids – 150 personnes, dont une soixantaine de sumotoris – qui a fait le voyage depuis Tokyo a été répartie à bord de deux avions, pour des questions de capacité mais aussi de sécurité, « comme pour les premiers ministres et présidents qui doivent voyager séparément », explique M. Rothschild.

Les lutteurs, dont tous les aspects de la vie sont régis par leur classement, étaient assis en première classe pour les champions, en business pour les suivants et en classe économique pour les moins bien classés, qui disposaient tout de même de deux sièges pour loger leur imposante carrure.

Preguntas abiertas

  • Will this event lead to more frequent sumo tours abroad?
  • How will the cultural animations be received by the French public?

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This article was originally published by Le Monde.

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